Vélibre

Vélo. Libre. Vélibre.

Étiquette : Bikepacking

  • La Moselle, le bilan matos

    Ce n’est pas souvent que je fais un bilan matos, un bilan tout court d’ailleurs. Surtout en milieu de voyage. Mais j’ai les idées fraîches, et si j’attend la fin, je risque de ne pas prendre le temps.

    Ça fait pas mal d’années maintenant que je voyage à vélo mais je n’ai toujours pas de liste toute prête, et je me pose toujours la question sur ce que j’emmène. Y en a marre, surtout que j’ai emmené trop de choses. Rappel, encore plus valable qu’en randonnée à pied : on ne prend que ce qui sert vraiment. On peut acheter en cours de route si besoin. On peut (doit) laver de toutes façons. Donc voici ma liste pour la prochaine fois, que je mettrai à jour à l’arrivée. C’est une liste pour un voyage en été en Europe centrale, ça peut un peu changer si la destination est plus nordique ou plus océanique. Aussi je suis à l’hôtel, mais je ne pense pas que ça influe sur la liste. Enfin, mis à part le couchage bien sûr. En bivouac, j’ai bien sûr la tente, le duvet et le matelas. Ah oui, aussi, la durée du voyage n’a aucune influence sur la liste, ou presque; pour une semaine ou deux semaines, c’est pareil.

    Une bonne pratique : à la fin, lors du déballage, faire le point sur ce que vous n’avez pas utilisé. Peut être que la prochaine fois il ne faudra pas l’emmener.

    Vêtements

    Il faut avoir :

    • Pour le vélo:
      • Deux maillots légers
      • Un cuissard
      • Un maillot manches longues
      • Un ou deux sous maillots
      • Deux paires de chaussettes
      • Un pull chaud mais léger
      • Un imperméable
      • Un pantalon de pluie (à confirmer)
      • Une paire de gants
      • Une casquette
      • Une paire de lunettes de soleil
    • Pour le soir (en ville)
      • Un pantalon
      • Un short
      • Un, voire deux maillots manches courtes
      • Une chemise manches longues
      • Deux slips
      • Une paire de chaussures très légères mais permettant de marcher longtemps (bon maintient), pour les visites

    Remarques

    • Le pull chaud sera le plus chaud et léger et packable possible. Ça peut coûter cher. Moi j’ai craqué sur un Castelli en polartec alpha…
    • Je lave la tenue de vélo tous les jours. Ça sèche sans problème, et la fréquence rapide permet de passer un minimum de temps au lavage, le linge n’étant pas très sale.

    Matériel

    • Multi-tool
    • Rustines and co
    • Pompe à vélo
    • Pince pour démonter une chaîne
    • Maillons de chaîne
    • Patte de dérailleur de rechange
    • Huile de chaîne
    • Liquide préventif si tubeless
    • Une chambre à air de rechange si tubeless (voire aussi si pas tubeless)
    • Un chiffon
    • Un rouleau de bande adhésive (super solide, super adhésif). Très utile pour réparer tout un tas de choses.
    • Une paire de gants latex
    • Un antivol
    • Trois câbles de recharge à différent formats (USB C, micro USB, Lightning)
    • Un chargeur multi-câbles USB
    • Un téléphone
    • Un gps de vélo
    • Une batterie de recharge, voire deux batteries
    • Lumières avant et arrière
    • Un sifflet
    • Un couteau
    • Une cuillère
    • Des sacs plastiques à glissière
    • Du petit matériel (sangles, corde,…). Attention pas trop!
    • Une housse de voyage pour le vélo démonté dans le train (cousue main)
    • Crème solaire
    • Baume lèvres
    • Barres énergétiques, ou fruits secs et noix

    Ce que j’emmène de superflu

    • Un drone
    • Une GoPro, sans perche, mais une fixation de bouche.

    Ce que je n’emmène pas

    • Un appareil photo avec plusieurs objectifs (quoique je l’ai déjà fait)

    Ce que j’avais emmené en plus lors de ce voyage (et que je n’aurais pas dû prendre)

    • Deux maillots vélos
    • Une paire de chaussettes
    • Deux maillots pour la ville

    Variante demi saison ou version bivouac

    Évidemment, cette liste varie un peu si je pars en bivouac, ou si le voyage est en demi saison. Ça sera le sujet d’un prochain article!

    La bagagerie

    Je n’ai pas changé depuis longtemps mon dispositif, dans le cas où je ne prends pas de couchage :

    • Sur le cintre : un Ortlieb Ultimate. J’y place le drone et des bricoles
    • Sur le tube de cadre : une longue sacoche Apidura Racing, plus pratique et volumineuse qu’une sacoche classique. J’y met un peu de nourriture, mais surtout ma GoPro, le baume à lèvres, parfois les lumières, le téléphone.
    • Dans le cadre : un sac de cadre complet apidura. J’y mets tous le materiel.
    • Petite sacoche apidura sous le tube diagonal pour la nourriture
    • Sacoche de selle apidura pour tout les vêtements

    Le vélo démonté dans le train

    On commence à avoir pas mal d’expérience avec nos houses de vélos. Valerie a un nouveau vélo, avec un guidon plat beaucoup plus large, une nouvelle housse basée sur l’ancien vélo. Le tout s’accorde à peu près, même si la housse a été faite pour son autre vélo. Bon point!

    Vélos démonté sous housse, en gare de Koblenz

    A noter que nous avons pris un ICE entre Sarrebruck et Paris, qui n’avait pas d’espace vélo. Nous avions réservé dans la dernière voiture, en première classe, et avons pu mettre nos vélos dans la plateforme à l’entrée du wagon. Sans gêner personne, même si on bloquait un peu l’entrée d’un local technique. Mais on n’a pas eu de problème. À retenir.

    A noter qu’une petite sangle ou tendeur permet d’assurer les vélos dans le train, quand il n’y a rien de disponible à bord du train.

    Vos commentaires sont les bienvenus.

  • Un accessoire pour empêcher la sacoche de cintre de frotter sur le cadre, pour 2€ seulement. Faite le vous même !

    J’adore la simplicité, les objets bien faits, qui fonctionnent parfaitement, et idéalement pas chers. C’est une sorte de graal pour moi. En ce qui concerne le vélo, et le bikepacking en particulier, j’adore aussi ce qui est léger.

    J’avais un problème avec mon sac de cintre, il frottait sur le cadre, il avait usé la peinture, le carbone était à terme menacé, et ceci après mon premier voyage, donc il fallait trouver une solution. Certains sacs sont vendus avec des intercalaires en mousse, mais le mien, l’Apidura Expedition, en est dépourvu. Honnêtement, je ne comprends pas pourquoi Apidura n’a pas résolu le problème, d’une manière ou d’une autre.

    Après pas mal d’essais, de réflexion, je pense avoir résolu le problème de la manière la plus simple et la moins chère et la plus légère. Le graal donc. Il s’agit d’un accessoire fabriqué à partir d’une simple barre d’aluminium de 6mm de diamètre, courbée pour épouser la potence et le cintre. Je suis sûr que cet accessoire va intéresser du monde.

    L’accessoire fini et recouvert de bande adhésive. Il me reste à améliorer l’esthétique.

    Mais d’abord un petit retour sur ce qui m’a conduit à ça.

    Les origines

    Quand j’ai constaté que le sac était en train d’abimer mon cadre (et inversement), j’ai d’abord mis du scotch de protection, y compris le scotch épais que j’ai mis à d’autres endroits sur mon cadre en carbone, le Effetto Mariposa en 1.2mm d’épaisseur. Il est transparent donc ne se voit pas. Et il colle bien, pas un soucis après 11000km. C’était une sorte de mur qualité.

    Le problème. Le sac comprime les gaines qui viennent frotter contre de tube vertical du cadre. On voit bien le scotch Effetto Mariposa appliqué sur le cadre en premiere solution.

    Mais ça n’a pas suffit, le scotch a fini par se décoller. Et puis ce n’était pas une bonne solution à mon sens, je voulais neutraliser les frottements.

    J’ai donc imaginé un système de corde, qui vient tirer sur le dessous du sac vers le haut, fait le tour du sac par dessus et vient se coincer derrière la potence au moyen d’un coinceur. C’était pas mal, mais pas génial du tout pour accrocher et décrocher le sac. Et il fallait resserrer le système régulièrement.

    J’ai en parallèle commencé à m’intéresser aux porte-bagages avant. Mais tout ce que je voyais était soit lourd, soit cher, soit les deux. Sur mon premier voyage au bord de la Méditerranée, j’étais parti avec un porte bagage Klickfix fixé sur le guidon, et je m’étais dit que c’était peut être une bonne solution quand on est très chargé.

    J’ai commencé à avancer vers la solution en lisant l’article de bikepacking.com sur les porte-bagages avant. Au passage je vous recommande vraiment ce magazine en ligne sur le bikepacking, la bible américaine sur le sujet. Il y a même des hors séries papier si vous vous abonnez. C’est en anglais mais on peut toujours bénéficier d’une traduction automatique de bonne qualité de nos jours. Et puis il faut se mettre à l’anglais! Je vous recommande en particulier la rubrique bikepacking 101, qui a été probablement ma première inspiration pour le matériel de bikepacking.

    Le premier porte-bagages qui a attiré mon attention est le Jack the bike rack. Simple, pas trop lourd, je me suis dit que c’était la solution. J’en ai même commandé un sur Kickstarter.com quand le projet est sorti. Mais j’ai raté la campagne et il ne m’a jamais été livré. Ce qui m’avait plus, c’était l’utilisation d’une corde qui faisait le tour de la potence et donc formait de manière simple un bras de levier pour bloquer le porte bagage, et l’empêchait de basculer vers le bas avec le poids du sac. Un peu comme mon système de corde en fait. Et il n’y avait aucune vis qui pouvait lâcher avec la répétions de vibrations au cours des voyages (un problème récurent avec les porte bagage de vélo). Mais ça restait un peu lourd, 700g tout de même.

    Le second était le Swood twisted T-rack. C’était exactement le système que je cherchais. Pas vraiment un porte bagage, mais un moyen de tenir le sac éloigné du cadre simplement.

    Simple, léger (100g), probablement solide en acier. Mais quand même 70$, et puis je n’aimais pas la fixation sur le pivot de fourche, je ne sentais pas ce système sur une fourche en carbone. Je crains les frottements trop nombreux.

    La dernière inspiration est venue d’une vidéo, toujours sur le site bikepacking.com, expliquant comment construire un porte bagage soit même, avec des plaques en aluminium cintrées et vissées. La personne expliquait en particulier comment cintrer les plaques en alu, sans outil. Le porte bagages ne m’intéressait pas, bien trop complexe pour moi, mais la technique de cintrage, sans outil m’avait bien plu.

    La solution

    Alors, de passage dans un magasin de bricolage, je tombe par hasard sur des tiges en aluminium, et ça a fait tilt. Je me suis dit que je pouvais cintrer moi-même la tige autour de la potence et du cintre, pour former un accessoire comme je cherchais. Et la tige d’un mètre de long coûtait, en diamètre 6mm,… 2€! L’avantage de l’aluminium est que c’est léger comparé à l’acier, mais surtout il est moins rigide, plus plastique, donc on peut cintrer une tige de 6mm à la main sans outil de cintrage. Peut être on peut obtenir le même résultat avec une tige en acier mais alors d’un diamètre inférieur.

    J’ai donc fait ça la veille de mon récent voyage sur la Vélofrancette. Ça a été si vite fait que je n’ai pas pu prendre beaucoup de photos en cours de réalisation, mais c’est vraiment très simple à faire. Il vous faut :

    • Une tige d’aluminium de 6mm de diamètre et un mètre de long (c’est ce que j’ai trouvé, on peut prendre un plus gros diamètre mais pas trop quand même)
    • Un manche à balais, choisissez le de diamètre assez gros, idéalement, le même diamètre que votre potence. Un manche de pioche est probablement plus adapté (plus gros), mais je n’en avais pas sous la main.
    • Une scie à métaux, pour couper les extrémités de la tige lorsque le cintrage est terminé,
    • Une lime ou râpe mais peut être une lime à ongle peut suffire

    Et c’est tout!

    Il faut d’abord courber la tige en son milieu, autour du manche à balais, pour former une sorte de U. Vous pouvez demander à quelqu’un de vous tenir le manche, ou bien fixer le manche sur une table avec un serre joint. Ou même utiliser directement votre potence, et courber la tige dessus (personnellement ce n’était pas très pratique de procéder avec la potence directement, je n’étais pas à l’aise pour cintrer la tige appuyée sur la potence). Le principe du cintrage est le suivant:

    Schéma de principe du cintrage.

    Regarder la vidéo ci-dessus pour voir comment courber une plaque en alu, c’est pareil pour une tige. Il faut placer les mains le plus près de la courbure à créer, mais suffisamment loin pour avoir la force d’appuyer sur la tige.

    • Poser le manche à balai à l’horizontale sur une table, et le maintenir
    • Poser la tige d’aluminium sur le manche
    • Appuyer sur la tige de part et d’autre du manche, vers le bas, jusqu’à former un U autour du manche, en amenant les branches de la tige à la verticale

    C’est vraiment facile, je n’avais pas fait ça auparavant. Il faut ramener les deux parties parallèles. Vous comprendrez qu’on vient insérer l’accessoire sur la potence entre les deux branches, d’où le diamètre du manche à balais. Le mien était un peu trop fin, d’où un rayon trop petit. Mais ça a fonctionné quand même.

    Une fois le premier coude en U obtenu, il faut maintenant cintrer chaque branche, cette fois ci pour qu’elle passe au dessus du cintre. Pour cela, glisser la tige courbée par dessous la potence, les deux branches vers le haut. Bien maintenir la tige en appui sur la potence en dessous, et sur le dessus du cintre. Ensuite, courber chaque branche, en ramenant chaque branche, une par une, vers le bas, en faisant faire à la branche 90° à peu près, et en utilisant votre cintre comme outil de cintrage. Cintrer chaque branche jusqu’à l’angle désiré.

    Et voilà.

    Il ne reste qu’à couper les brins à la bonne longueur, en fonction de votre sac. Pour cela, remplissez votre sac comme d’habitude, attachez le sur le cintre comme d’habitude, pour qu’il vienne en appui sur l’accessoire, et prenez un repère où couper la tige. Faire bien attention à remplir le sac au maximum, comme dans la réalité, et de le fixer serré sur le cintre. Ça évitera de couper les branches trop court, et que les extrémités de la tige viennent blesser le sac (ça serait un comble d’abîmer votre sac en essayant de le protéger).

    Et voilà. Il vous reste à couper les parties inutiles, limer les extrémités pour éviter d’avoir un bord saillant (blessant), et recouvrir la tige pour protéger votre potence et votre cintre des frottements. Personnellement, j’ai mis de la bande tramée que j’ai acheté pour autre chose et que j’emmène maintenant en voyage car elle est vraiment solide et la colle est super forte, si bien que je devrais pouvoir l’utiliser pour des réparations diverses si besoin. Pas très esthétique mais ça fait le boulot. Chatterton, guidoline fine, chambre à air devraient faire l’affaire sinon.

    Voilà. C’est fini. Et en plus vous pouvez enlever cet accessoires quand vous voulez, il tient sans rien sur le cintre, seulement le poids du sac le maintient en position.

    J’ai voyagé dix jours sans encombre, et même sans sac ça ne bouge pas (je l’ai oublié sur le cintre le dernier jour alors que je n’avais plus de sac, il n’a pas bougé). Ça vient de l’ajustement sur mesure directement sur la potence et le cintre.

    A noter : cet accessoire est en aluminium. C’est un métal suffisamment souple pour être tordu, assez léger, mais qui plastifie facilement. C’est à dire qu’une fois cintrée, la tige ne doit pas être décintrée, puis décintrée, etc. Car il y a alors risque de rupture par fatigue. Donc essayez de faire les opérations de cintrage bonnes du premier coup.

    A noter également, on doit pouvoir sur le même principe, construire un vrai porte-bagages en courbant les branches une dernière fois à l’horizontale, vers l’avant, pour offrir une petite plateforme de support des bagages, un peu comme « Jack the bike rack » vu plus haut. Ca fera peut être l’objet d’une version 2.0 de cet accessoire.

    J’espère que cet article vous a plu, n’hésitez pas à le partager et construire votre support aussi. Je vous tiendrai au courant du comportement à l’usage de ce support. Pour l’instant il a passé le premier test en vrai grandeur pendant 10 jours.