Vélibre

Vélo. Libre. Vélibre.

Auteur/autrice : François

  • La Costa Brava, dia 4

    Aujourd’hui je mets le clignotant à droite, je quitte le bord de mer et remonte vers Girona. Il fait encore beau, alors que la météo annonçait un temps couvert. Il n’y a plus de vent et c’est une bonne nouvelle. Je décide de prendre finalement un petit dej quelconque à 15€, car je crains un peu la fringale. En effet, en remontant vers le nord, je commence par une longue montée de 12km, et 230m de dénivelé. En préparant mes bagages, je retrouve l’huile de chaîne que je pensais avoir oubliée, ainsi que la crème solaire et le stick à lèvre. Très important le stick à lèvre! Graissage de chaîne donc, elle commençait à pas mal couiner hier. Puis départ.

    Je longe la mer, il y a toujours très peu de monde. Puis je prend la route de Girona. Elle commence tranquillement, donc ça va, mais je m’inquiète quand même que mon GPS ne soit pas encore passé en mode « Climb pro ». C’est un mode qui détecte les grosses montées, et affiche, en cours d’ascension, l’inclinaison, un dessin de la pente, le dénivelé restant, la distante restante, et la position sur la pente. Je n’ai pas encore compris quand il se déclenche. Mais ça commence à monter pas mal, et finalement il se déclenche. Il me reste donc 3,75km d’ascension et 175m de dénivelé. Sauf que la pente n’est pas régulière, et c’est la seconde moitié qui en fourni l’essentiel. Donc là je suis tout à gauche (dans le language des cyclistes, ça veut dire petit plateau et grand pignon). J’aimerais en garder un peu, au cas où, mais ce n’est pas possible. L’inclinaison est de 6% puis 8%. Je ne peux compter que sur mes jambes maintenant. Et ça monte! Doucement, mais ça monte. J’ai les yeux rivés sur le bitume. Je fais seulement un petit arrêt, puis je constate que j’ai fait les deux tiers de la distance et du dénivelé, il ne me reste que 50m de dénivelé et 1km de montée. Ça me galvanise! J’ai des jambes de feu et j’atteins le sommet en m’esclaffant « Déjà! ». Je serpente sur la crête pendant quelques kilomètres, puis c’est une grande descente vers Llagostera. Je continue et je reprends des chemins de gravier très roulants, jusqu’à Cassà de la Selva. Arrêt bocadillo, sprite, café. Le temps s’est couvert maintenant et il fait froid. J’enfile ma veste de pluie, les gants, et je repars vers Girona. J’ai trois couches de vêtements maintenant et je les supporte. Les chemins de gravier m’amènent jusqu’à Girona, où je rentre tranquillement par des pistes cyclables, jusqu’à la vieille ville. J’adore des arrivées en ville comme ça.

    Les rues du centre historique sont étroites et pavées, très encombrées de touristes. Je descend de mon vélo et découvre cette ville très jolie. C’était un de mes objectifs du voyage, avec la visite de la cathédrale. Mais il faut grimper un peu, et monter des escaliers. J’avise un marchande vélo, très beau magasin au passage, et je demande si je peux laisser mon vélo à l’intérieur le temps de visiter la cathédrale. Le type accepte immédiatement et même son empressement me surprend. Il s’empare de mon vélo et va le ranger dans un coin du magasin. Je pars donc à pied, léger, et rassuré de laisser mon vélo entre bonnes mains.

    Je monte vers la cathédrale toute proche, par des escaliers. Je me fends d’un billet à 15€. J’espère que la visite vaut le coup. La cathédrale est particulière, la nef, immense et surtout très large, est vide, à l’exception d’un orgue en plein milieu. Les côtés sont habillés de niches avec les traditionnels statues de saints dorées. Il y a un cloître aussi, assez joli, avec un sol en pierre gravée. Mais surtout il y a le trésor. Quatre salles dont je retiens une salle dédiée aux vitraux. C’est l’occasion de voir des vitraux de très près, et d’observer la finesse du dessin. Mais le clou du trésor est la tapisserie de la création. Un grand carré de plus de 4 mètres de côté, datant du 11ème siècle, représentant le créateur et ses créations.

    Je resort de la cathédrale et me perds un peu dans les ruelles. Je n’ai pas mon téléphone qui n’a plu de batterie, je n’arrive plus à le recharger. Je retrouve finalement mon marchand de vélo. J’en profite pour regarder un peu les articles, les vélos ont l’air top. Je reprend le mien et prend une photo de Tata, qui prend la pose. Malheureusement il ne connais ni français ni anglais donc ce n’est pas facile de dialoguer. Dommage.

    Je sors de la ville, il est 16:45. Donc je vais arriver de nuit. J’ai réservé une chambre dans un gîte à la Pera, à une vingtaine de kilomètres de Girona. C’est tout plat, ça file sur la route, après une sortie de la ville sur des chemins bizarres, qui évitent les grosses routes, au prix de passage parfois très étroits longeant la rivière Ter. Je fais une bonne dizaine de kilomètres et vérifie sur mon gps. Je me suis trompé. Ou plutôt je n’avais pas entré les coordonnées du gîte sur mon parcours. Je suis allé trop au nord. La nuit commence à tomber et j’allume mes lumières. Encore cinq kilomètres de route et je prends maintenant des chemins. Il fait nuit noire, il y a des flaques partout, que j’évite en ne roulant pas trop vite. Je vais rouler sur des chemins pendant une bonne heure. Heureusement le chemin est assez roulant, malgré les flaques d’eau. C’est interminable. Je doute d’avoir entré la bonne destination. Je vérifie souvent et finalement je vois un panneau indiquant La Pera. J’arrive dans le village par une grande descente, mais le gîte est en dehors du village, et je dois remonter pour faire le tour et prendre un minuscule chemin. J’arrive enfin, ma lampe avant vient juste de passer en mode eco, il était temps! Il m’aura fallu finalement 29km.

    Il y a très peu de monde dans le gîte, dont un couple d’argentins, et un néerlandais en voyage à vélo également. Il est parti de Nîmes et a longé la Méditerranée jusqu’ici. Il termine demain à Girona, et retourne lundi à Rotterdam. On discutera évidemment assez longtemps au dîner, de nos voyages, des pays traversés, il connaît très bien la France, qu’il affectionne. Le dîner sera pour moi une soupe de courge et une fondue! Incroyable de trouver une fondue ici. Enfin pas très ordinaire, accompagnée de pommes de terre, de saucisse de Francfort, d’oignons blancs et de cornichons. Un entre deux avec une raclette en quelque sorte. Mais très bonne.

    C’est l’auberge espagnole!

  • La Costa Brava, dia 3

    Daddy!
    Daddy cool…
    Daddy…
    Daddy cool!

    Quelle soirée inattendue. Ça donne des envies d’aller fêter le 1er janvier dans des lieux insolites, de profiter de la vie, des instants, en particulier inattendus. La vie est belle!

    Je suis arrivé à Tossa de mar, et je me bois une petite bière sur la terrasse du café du phare, et j’attend le coucher de soleil, en plein vent!

    La photo ne témoigne pas du vent qui règne ici!

    Je me suis installé dans mon petit boutique hôtel charmant, car je suis arrivé assez tôt aujourd’hui. C’était une étape très courte, seulement 37km, mais plus de 600m de dénivelé. Et c’était une journée magnifique. Sûrement la plus belle depuis le départ. En effet j’ai pris la route de la Costa brava, qui longe la mer au milieu des pins. Le ciel était un peu couvert, et il est possible que ce soit la dernière journée ensoleillée, car le temps va probablement se gâter les jours prochains.

    Une très belle journée parce que la route qui mène de Sant Feliu de Guíxols à Tossa de mar est magnifique. Une succession de montées et de descentes, dans les pins, au soleil, avec vue sur les criques en contre bas, pendant 20km. Très peu de voitures, quelques motos, et beaucoup de vélos. Ma première sortie vélo de l’année marque un cap! Certes c’était un peu physique, surtout au début, pour prendre la route qui serpente le long de la côte. 140m de dénivelé avec des portions à presque 10%! Mais ensuite, quelle régalade! Je me suis fait doubler par un paquet de jeunes espagnols sur-entraînés, mais ça n’avait pas beaucoup d’importance. La route était si belle et j’en ai bien profité. Belles descentes en lacets, le plaisir de la route. Des bourrasques m’attendent au sommet des montées, quelques petits arrêts pour admirer le paysage, un arrêt sandwich de la veille, et j’arrive à Tossa de mar.

    Petite lessive, douche, et me voilà parti à visiter la vieille ville. Des maisons en pierre, des tours en pierre, un musée municipal (fermé), pas de boutique à touristes, ça fait plaisir. Un phare, et un café.

    Je dîne à 18:15! Je me sens hyper bien, vidé physiquement, par l’effort mais aussi le vent. Cette fatigue hyper saine après un effort intense. Retour à l’hôtel, je me couche tôt ce soir.

    I’m crazy like a fool,
    What about Daddy cool!
    Daddy, Daddy cool…
    Daddy, Daddy cool!
  • La Costa Brava, dia 2

    Je me réveille assez tôt, 8:30, le soleil ne semble pas très haut encore, je regarde la météo, 3°! Rien ne presse. Je me lève finalement vers 9h et vais au petit déjeuner. Il y a quatre tables occupées, je prends mon temps rien ne sert de partir trop tôt dans le froid. Je n’ai même pas défais mes sacoches, j’avais un change dans le sac à dos, donc il ne me prends pas beaucoup de temps pour être prêt. Je pars vers 10:30, il fait 4° seulement.

    Bizarrement, je ne ressens pas tellement le froid. Je prends la direction de l’Escala. Il y a des petites plantations toutes fraîches, tellement vertes en plein soleil. Ce n’est pas du tout à l’image de l’Espagne grillée par le soleil. Ni même des premiers kilomètres après Portbou.

    L’Escala est un gros bourg en bord de mer. Rien d’extraordinaire, seulement le bord de mer époustouflant.

    Il y a un vent assez fort, du nord, qui nous donne cette magnifique lumière, mais aussi cet air froid, qui m’a transi hier soir. Il soufflait déjà à Cerbère hier mais j’ai été préservé dans la journée, peut être protégé par la presqu’île du cap de Creus. Direction le sud, vers Pals et ma destination du jour, Palamos.

    Mon premier vrai village catalan. Pals. Très désert en cette saison, seulement quelques touristes locaux. Mais Pals vaut le détour. Je vais vous l’avouer, j’ai été assez déçu des villages que j’ai vu jusqu’à présent. L’Escala était probablement le mieux, mais franchement pas super. Rosas était bien pour une station balnéaire, j’avais un peu peur de trouver une ville bétonnée, mais ce n’était pas trop le cas. Et pas non plus trop de touristes. Pour l’hiver. Mais Pals est un vrai village médiéval, très bien entretenu, constitué exclusivement de maisons en pierre. J’ai raté visiblement les fêtes de Noël, il reste des installations de temple romain, de diable. Et un marché de Noël catalan. Le village est bien sûr légèrement en hauteur et, du haut, on peut deviner la Méditerranée au loin. Je trouve un restaurant ouvert avec une terrasse abritée du vent. Cette fois ci je garde ma veste. Même au soleil, il fait froid. Je me rappelle mon après midi de la veille où j’ai eu froid assez vite.

    Il ne faut pas que je parte trop tard. Je révise mon itinéraire et décide d’écourter. Au lieu de quasiment 40 km contournant le village de Begur, je décide d’aller en ligne droite jusqu’à la Callela de Palafrugell, puis de longer la côte. Seulement 22km et 100m de dénivelé en moins. Je ne regretterais pas, je traverse une pinède sauvage pendant une dizaine de kilomètres après la Callela, sur des chemins assez engagés, et avec quand même des pentes assez raides. Mais la vue sur la mer, au dessus de falaises est très très belle.

    Entre la Callela et Palamos

    C’est ma dernière sortie vélo de 2025. Un petit bilan? Les pouilles en début d’année, deux voyages au printemps, en Suisse avec Pascal, puis la traversée de la Belgique et des pays bas, et mon tour de la Bretagne cet été. Une belle année de vélo. Très variée, à tous les sens du terme. J’ai encore tellement de projets de voyage à vélo. Le plus difficile est de les prioriser. Et d’attendre la retraite pour faire les plus longs d’entre-eux. Vais-je réellement attendre?

    J’arrive donc assez tôt à Palamos. Je n’attends rien de ce village, et je ne suis pas déçu. C’est la meilleure chose de ne rien attendre. C’est visiblement un port de pêche, mais qui a subit ensuite la loi de la pression touristique, et la partie plus au sud est formée d’immeubles qu’on aperçoit depuis le début de la baie et qui semblent assez haut. Heureusement j’ai réservé un hôtel dans la partie près du port. La plage est en travaux mais la baie est quand même très belle au soleil couchant. Car il est quand même 16:45 quand j’arrive à l’hôtel. L’accueil est charmant. Les hôtesse parlent le français, et je blague directement. Je rejoins ma chambre, me change rapidement et ressort prendre quelques photos. J’ai très froid à la tête, mais le reste est à l’abri.

    Retour à l’hôtel, douche, télé (Arte 28 minutes, avec Françoise Combes, présidente de l’académie des sciences. J’adore Arte. Quelle chance avons nous d’avoir cette chaîne de télé). Puis je descends dîner. Oui, incroyable, j’ai réservé une table pour le dîner du nouvel an! Jamais fait ça. Je me demande ce que ça va donner, l’hôtel est fréquenté par pas mal de personnes plutôt âgées, plus que moi. C’est une expérience. Il y a un orchestre avec une chanteuse qui joue toutes sortes de musiques, mais quand même plutôt anciennes. J’ai remarqué que la musique jouée spécifiquement pour des personnes âgées de nos jours n’est pas du tout la musique de leur jeunesse, mais celle de la jeunesse de leurs parents, des années cinquante, voire avant. Bon, j’échappe à Yvette Horner, mais j’ai droit à du jazz et de la rumba des années cinquante quand même. Mais c’est bien interprété. J’ai même droit au fameux morceau de Tom Jones « It’s not unusual ». Ne le dites à personne, mais j’adore ce morceau. Je m’investis dans mon écriture et le dessert arrive alors que l’heure approche.

    Alors, on nous distribue une pochette surprise! Je déballe les fanfreluches, chapeau, nez vert (!), sifflet, masque. Apparemment certains sont venus avec leur propres déguisement, chapeau à paillettes, lunettes 2026, colliers de fleurs. Est-ce ridicule? Complètement. Et alors!

    Décompte au micro… 2026!

    Je me fais brancher par un groupe de néerlandais, je ne sais s’ils sont belges ou hollandais. On échange sur la région dont ils sont visiblement familiers. Ils sont bien sûr étonnés de mon périple. Un des type me conseille une région frontalière des deux pays, dont le tourisme est dédié au vélo. Le Limbourg. Ils sont très sympa et ouverts, c’est un des avantages de voyager seul, on est plus ouvert sur les autres, et les autres aussi.

    Je sors de l’hôtel pour voir l’ambiance, mais il n’y a pas grand monde. Le froid calme sûrement les ardeurs à humer le vent de la nouvelle année. Non, décidément l’ambiance est à l’intérieur de l’hôtel, où l’accueil, assez grand, s’est mué en piste de danse. Et c’est parti pour une fête revival des années 70-80 à Marbella. Fiesta disco. Tout y passe, kool and the gang, Gloria Gaynor, Chic, Boney M,… c’est parti pour tard dans la nuit. On voit bien quelques béquilles à droite à gauche, mais ça n’empêche pas de gigoter, ni même danser. Des sourires sur tous les visages. Sacrée soirée!

  • La Costa brava, Dia 1

    Arrivée à Cerbère, ville frontière avec l’Espagne. J’ai bien dormi, réveillé souvent bien sûr, mais pas trop dérangé par le gros ronfleur. Je change de train et prend un train qui passe en Espagne, pour une seule gare, histoire de m’épargner une grosse côte pour passer la frontière. Arrivée à Portbou, un village vide, avec un seul café ouvert, un peu miteux, El raco de la mar. Café con lèche et bocadillo jamon y queso. Probablement pas le dernier. Il avait un goût de savon, je ne sais pas si c’était le pain ou le fromage. Les prochains seront forcément meilleurs.

    C’est parti et ça monte direct. Je vais me faire pas mal de dénivelé ce matin, mais il y a du soleil, et il fait bien plus chaud qu’à Paris, c’était le but. La route serpente à flanc de montagne, et c’est une succession de petits cols à 100m d’altitude. Un peu comme la Bretagne cet été, mais en version méditerranéenne. La végétation est à dominée par les pins. Il ne fait pas si chaud en fait, je supporte le tenue d’hiver. C’est cool d’être en bord de mer. Je passe quelques villages : Colera, je ne m’attarde pas, Llança, pas grand chose à retenir, quelques tours médiévales un peu perdues dans le centre ville, enchâssées dans les maison sans style. Je m’écarte de la côte, et je traverse le parc natural del cap de Creus. Puis je quitte la route nationale, je vire à droite et prends une succession de chemin jusqu’à Roses. Il y a pas mal d’eau, on voit qu’il a beaucoup plu les jours précédents. Certaines fois le chemin est carrément inondé, voire à un moment, c’est une rivière de plusieurs dizaines de centimètres de profondeur. Je suis sauvé par des plots en béton qui me permettent de passer à pied au sec.

    En sortant d’un village je tourne la tête à droite et découvre les Pyrénées enneigées. C’est impressionnant le contraste du bord de mer avec les montagnes enneigées au fond.

    J’arrive à Roses, la première vraie station balnéaire de la Costa Brava. La ville est au bord d’une très jolie baie, pas trop bétonnée, c’est pas mal, mais avec toujours les Pyrénées au fond. L’endroit idéal pour mon premier déjeuner. Tapas en terrasse. Cette fois il fait vraiment chaud et j’enlève ma veste. Le soleil me chauffe la peau, c’est très agréable.

    La baie de Roses, les Pyrénées au fond.

    Je discute assez longuement avec les français de la table d’à côté, et du coup je repars vers 15h. Le froid tombe assez rapidement en cette saison, malgré le soleil. Je me perds un peu à la sortie de Rosas, je rate une piste cyclable à la gauche d’une grosse nationale, je dois faire demi tour assez loin, reviens sur mes pas mais je rate la bifurcation et me retrouve à l’entrée de Roses. J’avais oublié que mon gps, si je sors de l’itinéraire, me ramène au point où je suis sorti, même si je suis sur l’itinéraire de nouveau. Pas malin. Donc retour dans l’autre sens, j’ai du faire 10km en trop à mon avis.

    Je traverse la plaine du Parc Natural dels Aiguamolls de l’Empordà, une zone marécageuse qui a bénéficié des pluies des jours précédents. Je traverse Empuriabrava, une ville sur l’eau, formée de canaux bordée de villas. La plus grande marina d’Europe. 40km de canaux. Une sorte de micro Miami, ou ce que je m’imagine l’être. Très étrange.

    Empuriabrava

    Je prends pas mal de chemins, avec beaucoup d’eau encore, qui les traversent régulièrement. Je suis étonné par l’itinéraire, constitué de nombreux chemins, je ne m’y attendais pas. C’est tant mieux, car les routes ici sont assez fréquentées et assez bruyantes. Le froid tombe de plus en plus et la nuit aussi. J’accélère pour arriver à mon hôtel à Viladamat. Il se trouve dans un micro village proche de L’Escala. Je découvre qu’il n’y a pas de lieu pour dîner en cette saison. Donc je ne dînerai pas, je suis un peu transi de froid, trop pour aller à l’Escala. Et puis il me reste un fond de foie gras de Noël, avec une tranche de pain, ça me suffira. En revanche je découvre que je suis déshydraté, je vais boire quasiment deux litres de liquides variés disponible dans la chambre. Donc ça me fait quasiment trois litres dans la journée, ce qui est beaucoup. Je bois plus en hiver qu’en été.

    Longue, très longue douche, qui me réchauffe bien, ainsi que la climatisation montée à 23° avant que je n’arrive. L’hôtel est désert et je vais m’endormir très tôt ce soir après cette première journée de 70km.

  • La côte des braves

    Quel départ! Je n’ai jamais été aussi à la dernière minute pour me préparer pour un voyage à vélo. Déjà j’ai mis un temps incroyable à me décider à partir. Je finis cette année 2025 sur les rotules (et elles sont fragiles, mes rotules). Le deuxième semestre a été très dense au travail, je n’ai pas pris de vacances depuis cet été, j’ai attrapé la grippe qui m’a mis à terre (au sens propre). Donc je n’ai plus beaucoup d’énergie, ni de motivation. Mais passé Noël, et en particulier parce que j’ai besoin de soleil et de lumière, je me suis décidé. Hier! Et aussi mon fils m’a offert un livre photo en imprimant les textes et les photos de trois de mes voyages, tirés de ce blog Velibre. La traversée de l’Auvergne et du Périgord, le Tuscany trail, tous deux en 2021, et les lacs suisses cette année au printemps. Ça m’a replongé dans mes voyages, que je ne revisite jamais, et ça m’a motivé à repartir sur la route, au guidon de mon fidèle Cannondale topstone. Merci beaucoup Tristan! J’ai eu la version numérique pour le moment, la version papier m’attendra à mon retour normalement. Ça fait plaisir aussi de revoir les amis qui ont participé (Pascal) ou chez qui je suis allé (Rolf). Ça m’a rappelé que ces voyages ne se racontent que finalement très peu, les photos en particulier me rappellent des moments qu’il n’y a que moi pour me souvenir, des émotions que j’ai vécu à ces moments là. Et ceux qui y étaient. C’est vrai d’ailleurs pour toutes les photos du monde. Ces émotions sont gravées en moi maintenant, et je peux les revivre grâce à ce blog, qui les fait resurgir de ma mémoire. J’espère, aussi, faire profiter, un peu mes lecteurs, de ces petits moments de grâce où le bitume est si lisse, la lumière si limpide, les nuages si bien formés, l’herbe des bas côtés si bien plantée, la pluie si intense parfois, le vent qui caresse mon visage, le soleil qui brûle ma peau. Et la nature environnante si belle et si diverse. Des roches Tullière et Sanadoire, jusqu’à la piazza del Campo à Sienne, aux rives du lac Léman. La terre est infinie et c’est tant mieux!

    Donc me voilà reparti, finalement. Mais les préparatifs ont été intenses. J’ai voulu ajouter du liquide préventif dans les pneus tubeless, tout c’est bien passé pour la roue avant, nettoyage de la valve un peu encrassée, remontage, gonflage, claquage du pneu sur la jante, parfait. Mais pour la roue arrière, ça ne s’est pas passé de la même manière. Il y avait déjà suffisamment de liquide, donc le supplément a fait fondre le liquide déjà solidifié et a empêché le pneu de se coller à la jante. Impossible de regonfler le pneu, l’air sortait partout. J’ai fait une pause espérant qu’en séchant le liquide referait l’étanchéité, mais non, rien à faire. À 18h, j’ai décidé de mettre une chambre à air, mon train était à 20h08! Démontage du pneu, lavage du pneu sous la douche, séchage, montée de la chambre à air, du pneu (difficile), gonflage. Ouf ça marche. C’est magique les chambres à air! Sacoches finalisées, montées sur le vélo, graissage de la chaîne, habillage, je suis prêt, il est 18h50. Et je m’aperçois qu’il manque cette petite rondelle qui bloque la valve sur la jante. Est ce que je l’ai oubliée? Est-elle a l’intérieur? Je devais partir à 19h. 5 secondes de réflexion. Et hop je décide de re-démonter mon pneu pour voir si la rondelle est à l’intérieur du pneu. J’ai dix minutes. J’ai du mal à démonter le pneu, finalement j’y arrive, je trouve la valve, et il n’y a pas de rondelle. 10 minutes de perdues pour rien. Je remonte le pneu, je met la petite rondelle qui traîne dans les pièces de rechange, remontage de la roue sur le vélo. Je suis mûr pour monter un atelier de réparation de vélos je crois. Bien sûr il y a quelque dernières babioles à faire, donner à manger au poisson, faire un tour pour voir si je n’ai rien oublié, sûrement que si. Je suis devant l’ascenseur finalement à 19:25. Ça va. Il me faut 20 minutes pour aller gare d’Austerlitz, ça va. Départ par une nuit noire, descente du canal côté quai de Jemmapes, très peu de gens dehors. Je ne pourrais pas dire s’il fait froid ou pas, j’ai trop d’adrénaline dans le corps pour faire confiance à mes sensations. Mon vélo roule si bien, chaque fois que je pars, je m’émerveille de sa nervosité, et en même temps de sa douceur. Il me calme. Au bout de dix minutes, je confirme, il fait froid. Je m’arrête mettre des gants. Arrivée Gare d’Austerlitz à 19:45. En avance. Bien. Je vais acheter à manger, je n’ai rien mangé depuis hier midi, à part deux tartines ce matin (j’ai ouvert un pot de confiture d’orange que j’ai fait il y a une semaine, fameuse!). Le train est annoncé avec 10 minutes de retard, puis 20 minutes.

    Et qu’est ce qu’on fait en attendant un train en gare? Eh bien on parle vélo et voyage avec un grand type qui vient me brancher et me demander des conseils. Que je prodigue bien sûr avec le plus grand plaisir qu’on a à partager son expérience, sa passion, mais aussi, je ne me le cache pas, je suis flatté qu’on me demande des conseils. Le type vient d’acheter un Kona cadre acier, et va se lancer bientôt. Tout y passe, les lumières, les sacoches, les pédales automatiques, le petit porte bagage maison, le compteur gps, les itinéraires avec Komoot. Je lui donne l’adresse de mon site, il a l’air content. Je souris. Il ne sais pas que je vais parler de lui.

    Le train est enfin annoncé et on se dit au revoir et bon voyage. Et bonne nuit. Oui, parce que je prends un train de nuit couchettes, avec espace vélo. Donc pas de valise, pas de démontage, je pose le vélo dans l’espace dédié, je l’attache, le libère de ses bagages et direction mon compartiment couchette. La place 92 n’existe pas! Le contrôleur me donne la 21, ça me va bien, je serai juste à côté de l’espace vélo.

    J’attendais ce moment depuis assez longtemps. J’adore les trains couchette. C’est encore plus un voyage, je trouve, qu’un train de jour. Et puis on ne perd pas trop de temps dans le transport. Mais c’est surtout ce sentiment fort de voyage que j’apprécie. J’ai beaucoup fréquenté les trains de nuit entre Brest et Paris. Certains avaient de drôles de parois tordues qui suivaient les courbes des corps, plus large au niveau des épaules et de hanches et moins au niveau des pieds. Et pas horizontales non plus, la tête et les pieds plus haut que les fesses. Un peu comme les couchette de Tintin dans « On ira marcher sur la lune ». Mais elles étaient disposées tête-bêche, ce qui devait permettre de gagner un peu d’espace et de créer un compartiment supplémentaire. Un délire d’ingénieur, fan d’Hergé.

    Les draps SNCF, c’est fini. Il y a maintenant de vrais sacs de couchage, assez larges, avec un drap à l’intérieur, solidaire du sac et, franchement, c’est bien fichu. Nous sommes trois dans le compartiment, dont un gros ronfleur, qui n’a pas attendu longtemps avant de s’exprimer pleinement. Où allons nous tous les trois? Ça fait assez longtemps en revanche que j’ai fait mon itinéraire. Direction le sud, pour sortir de la grisaille, avoir du soleil et de la chaleur. Gagner une petite dizaine de degrés. Je pars sur la Costa Brava.

    Bien sûr c’est la côte qui m’attire depuis longtemps, depuis que j’ai l’ai découvert vue d’en haut, quand j’ai achevé mon voyage à pied sur le GR10, en arrivant au dessus de Banyuls sur mer. C’est de là que j’ai démarré un de mes tout premiers voyages, le long de la Méditerranée jusqu’à Menton. J’ai encore en tête cette côte espagnole si découpée, on l’on devine une multitude de petites criques minuscules. À perte de vue. Il y avait aussi une sorte de brume orange-violette. Je m’étais promis d’y revenir. Mais il y a aussi un patrimoine architectural et artistique non négligeable. Et c’est accessible en train de nuit. Et en cette saison délaissée des touristes, c’est probablement le bon moment d’y revenir. Avec vous.

  • Un petit post du dimanche, reflexion à propos de mes prochains voyages

    Hier soir j’ai regardé un documentaire sur ma chaine chérie Arte, à propos du chateau de Neuschwanstein. Au delà de ce très bon exercice d’articulation, ce chateau construit par le roi Louis II de Bavière est un lieu qui m’attire depuis assez longtemps. Et pas seulement moi puisqu’il a inspiré WaltDisney, a été le lieu de tournage de différents films, de Ludwig de Visconti (que je recommande!) à . Il est visité tous les ans par plus d’un million de personne, c’est le chateau le plus visité d’Allemagne. C’est une vieille idée qui resurgit de faire un tour des chateaux de Louis II de Bavière, incluant Nymphenburg, Hohenschwangau (pas mal aussi pour l’articulation), Linderhof, Herrenchiemsee, et bien sûr Neuschwanstein.

    Ce matin, je tombe sur un bref descriptif d’une partie de l’EuroVélo 8, en Istrie, cette petite péninsule qui s’étale de l’Italie, la Slovénie, et la Croatie. J’y étais passé rapidement il y a quelques années, lors d’un voyage en Slovénie (en voiture!). Un trajet d’a priori 700km.

    Tout cela me plonge brusquement ce dimanche matin dans la reflexion sur mes prochains voyages à vélo, et me rappelle les idées précédentes. Il fait assez moche, il pleut même en fin de matinée. L’idéal pour s’occuper de planification. Il y avait la Grèce, Istanbul, en passant par les Balkans. Donc plutôt les confins de l’Europe. Et puis il y a la descente du Danube, à partir de la source du Danube. C’est un trajet de plusieurs milliers de kilomètres, peut être je peux en faire une partie? Pour sa traversée de nombreux pays de l’est de l’Europe. Ensuite, les villes de l’empire autrichien, Salzbourg, Vienne, Munich, voire même Venise, en traversant les alpes, via Trento et Verona. Pour un voyage dans l’histoire de l’Europe, et sa culture. Je me mets à planifier, pour voir, des itinéraires dans Komoot. Je regarde les trains aussi, je découvre qu’on peut faire Zagreb-Paris en train en une journée. Les idées fourmillent dans ma tête.

    Quel sera mon prochain voyage, ou mon prochain voyage en été? Et lequel j’aimerais décrire? Et lequel vous plairait de voir décrit? Vous pouvez mettre vos propositions en commentaires. Je ne vous promet pas de les écouter, mais qui sait, ça peut m’inspirer.

  • Épilogue

    Ce voyage a été mon plus long voyage à vélo à ce jour. Plus de 1000km, 10000m de dénivelé, trois semaines. Qu’est ce que j’en retiens?

    La météo

    J’ai eu une chance énorme, j’ai eu trois semaines de beau temps. Seulement un orage, un soir, en dernière semaine. Quelques journées grises, mais jamais complètement. C’est exceptionnel pour la Bretagne. Et j’ai eu un seul jour vraiment chaud au fond de la rade de Brest. Ça m’a permis de partir à l’heure que je voulais, de finir à l’heure que je voulais, et profiter de journées complètes pour pédaler et visiter. Et de profiter de la très belle lumière bretonne.

    Le partie physique

    C’était physiquement difficile, en particulier les dix premiers jours, dans le côtes d’Armor. Jusqu’à Roscoff. J’ai eu mal au genou dès le début. D’abord une gêne légère, puis une gêne plus grande. J’ai pris des anti-inflammatoires dès le deuxième jour, j’ai même doublé la dose prescrite, et je me suis demandé si j’allais pouvoir continuer au bout de 4-5 jours. Ca a forcément miné un peu mon moral, je me suis mis à gamberger pas mal (je ne suis plus capable de faire ça, je suis trop vieux,…). La pause à Santec m’a fait vraiment du bien, et puis le Finistère est arrivé, et le relief s’est adouci. Et mon mal au genou s’est lentement atténué et a carrément disparu en dernière semaine. Je pense que c’est un voyage exigeant physiquement, et mérite un petit entraînement physique avant de partir. Quand je fait le bilan du dénivelé parcouru, j’arrive à 10000m de dénivelé cumulé, alors que l’altitude maximum de tout le voyage, hors Menez-Hom, était de 150m!

    La partie vélo et bagages

    Rien à dire, j’avais tout le bon matériel, je n’ai rien regretté et rien ne m’a manqué, à part une petite pochette me permettant d’avoir mon appareil photo à portée de main, plutôt que dans mon sac à dos. La partie électronique, avec tous mes appareils à recharger (téléphone, compteur GPS, appareil photo, caméra, drone, montre, lumières et donc batteries) est toujours source de charge mentale importante. Trop importante. À méditer, soit ajouter un panneau solaire, mais je doute du rendement, soit une dynamo dans le moyeu de roue avant. Soit à simplifier encore.

    Sinon, il y a eu un peu de casse matériel, mais les deux fois je ne pense pas que c’était évitable, ou bien qu’il s’agit des conséquences d’un manque de préparation du vélo. Je pense que c’est soit la malchance (patte de dérailleur arrière), soit l’usure normale des composants (dérailleur avant). Mon vélo a 6 ans maintenant, et doit cumuler dans les 25000km minimum. L’avenir dira si je dois changer de vélo.

    Le couchage

    C’est mon premier voyage 100% camping. Ce n’est pas vraiment un choix, sachant que c’est difficile de planifier toutes les étapes d’un voyage de 3 semaines, il peut y avoir des aléas, on l’a vu, qui peuvent casser la planification. Et il n’y avait cette année aucun hôtel ou gîte disponible le jour même, tout était réservé en Bretagne. Et même les campings étaient complets. Heureusement il y a toujours une place pour les randonneurs sur le GR34 et les cyclistes. Parmi tous les campings que j’ai fait, je suis arrivé à la conclusion que les campings municipaux sont le mieux. Loin des usines à touristes que sont les grands campings multi-étoilés qui font de l’hôtellerie de plein-air.

    En terme de matériel, c’est rodé maintenant, y compris la manière de me retourner quand je me réveille dans la nuit. La tente en particulier est au top. Juste, c’est quand même long de s’installer le soir et désinstaller le matin.

    Mon camping préféré? Le camping du Seillon, au fond de la rade de Brest. Très bien placé, gérants très sympa. Mention pour le camping du Portez, aussi en rade de Brest, l’espace campeur est bien mieux que les emplacements pour camping car. Et le camping de l’île de Bréhat…

    La partie Bretagne

    Pour un vrai tour de Bretagne par la côte, il faut compter à mon avis plus que 3 semaines, 4 voire 5 semaines sont nécessaires. J’ai été un peu frustré de ne pas pouvoir aller en presqu’île de Crozon, d’aller à Quimper, d’aller à la pointe de Penmarc’h. De mieux visiter le golfe du Morbihan et le Morbihan en général, que je connais moins que le reste. Ce sera d’autant plus une raison d’y retourner. Mais ce voyage n’était pas un voyage découverte comme les précédents. Mais plutôt un voyage de pèlerinage sur les lieux que j’avais déjà visités, il y a très longtemps. Une sorte de Pardon breton, en somme.

    Le récit du voyage

    Il me semble que je n’ai pas parlé beaucoup de la Bretagne, finalement, dans ce récit de voyage. Mais que j’ai plutôt parlé de moi en Bretagne. Une sorte de tour de moi en Bretagne. Ma Bretagne. C’était agréable de revenir sur ces terres, de raconter à la fois mon histoire sur ces terres, et l’histoire de l’histoire. J’y ai pris beaucoup de plaisir, ce n’était pas prévu comme ça, et j’espère que ce récit vous a plu si vous l’avez suivi. Il est aussi fait pour vous.

    Le mot final

    Voyager à vélo, en autonomie, est une expérience vivifiante. Je ne peux que vous recommander, si vous avez un minimum d’affection pour le vélo, à essayer, deux ou trois jours, de prendre votre vélo, un sac ou deux, et de partir, seul ou à plusieurs, à la découverte d’une région, même autour de chez vous. Je ne veux pas faire de grand discours sur notre époque ou nos existences connectées et sédentaires, mais se sentir capable, tout seul, en totale liberté, de visiter des lieux inconnus et de faire des tas de rencontres très souvent enrichissantes est une expérience irremplaçable à mes yeux. Même en vélo électrique si vous voulez. La France est un pays avec un réseau de train incroyable, les distances sont courtes, et les endroits où loger innombrables. Si vous cherchez un conseiller, vous savez à qui vous adresser. J’ai rencontré énormément de gens en voyage à vélo cette fois-ci, peut être plus que jamais auparavant, et aucun ne m’a semblé fatigué, lassé, prêt à arrêter, ou à regretter. Aucun ni aucune. Il n’y a pas de petit voyage, il n’y a que de grandes découvertes. Et comme je dis toujours, à vélo, on est en décapotable.

    À bientôt pour un prochain récit de voyage. Abonnez-vous !

  • Dernier jour

    Alors, ça fait quoi de finir un tour de Bretagne de 3 semaines, et plus de 1000km? Envie d’arrêter? Et bien en fait je pourrais continuer je pense. Je ne suis pas fatigué, je n’en ai pas marre, physiquement je me sens de mieux en mieux, le temps est très beau, très agréable, je sens une chaleur un peu différente, plus humide. Je vais voir les marais de Guérande, et finir à la Baule. C’est une étape d’une soixantaine de kilomètres, grâce à l’avance que j’ai créé les deux jours précédents. Mais ce n’est pas si plat que ça. 400m de dénivelé quand même. Il fait très beau.

    Arrêt sur une aire de repos de la V45, où je finis mon déjeuner avec des pêches plates excellentes.

    J’arrive dans les marais, et j’achète un kilo de sel, car je sais que je n’en ai plus à la maison. L’occasion d’utiliser mon nouveau porte bagage avant dont je suis très fier, et qui a servi aussi à transporter le déjeuner, des tranches de porcelet roti achetées au marché de Muzillac.

    Arrivée à la Baule, au Pouliguen plus exactement, et je vais chez le glacier comme le l’a recommandé la fille du camping ce matin. Je prends une glace fraise-nectarine-tarte au citron. C’est vrai que les glaces sont hyper bonnes. La glace à la fraise est incroyable en particulier. Puis arrivée à la Baule, le front de mer, avec un air de promenade des anglais dont je ne me souvenais pas. J’ai fait une mission aux chantier de l’Atlantique, j’étais à l’hôtel à Pornichet. Parfois, le soir après le travail, je faisais ce front de mer en rollers. Ça me paraissait plus « simple » qu’aujourd’hui. L’ambiance de la Baule me choque par rapport à tout ce que j’ai vu en Bretagne, en particulier dans les campings. Je ressens un public plus citadin, pour ne pas dire parisien. Normal, je ne suis plus en Bretagne! Je suis dans les pays de la Loire, et ça n’a rien à voir.

    Le mont Saint Michel me paraît maintenant tellement éloigné. Mais je suis content d’être arrivé, dans les temps. La Bretagne est une région magnifique et variée, à l’image de la France.

  • J’accélère encore

    Les attractions principales de cette étape sont les alignements de Carnac et le golfe du Morbihan. Mais il y a aussi la rivière d’Etel, dite Ria d’Etel, et m’y arrête pour filmer avec le drone. C’est un endroit que je ne connais pas et qui mériterait que j’y revienne. Le temps est au beau aujourd’hui et on sent nettement que le climat est différent maintenant, comparé au sud Finistère. Plus doux. D’ailleurs les gens ne s’y trompent pas, et sont attablés en terrasse du village de Pont Lorois. Départ pour Carnac, et découverte des alignements du Menec. C’est la première fois que je les vois. C’est étonnant. À la fois ce sont des champs de cailloux, avec les touristes qui tournent autour, et en même temps, si on se rend compte que ces alignements datent de milliers d’années, du Néolithique, c’est impressionnant, et la signification et l’usage de ces mégalithes sont encore inconnus.

    Je suis sur la V45, la Littorale, une véloroute avec pas mal de passage en chemins et c’est bien agréable. Je continue comme ça et avance vers le golfe du Morbihan. Il y avait deux options : passer par le nord, et Vannes, très belle ville dans mon souvenir, et par le sud, en prenant le bac. Bien sûr j’avais choisit d’inclure le bac dans mon itinéraire. Le dernier bac de ce voyage. Le traffic de vélo s’intensifie aux abords de Locmariaquer, et il y a une ambiance vraiment estivale. Le temps est super beau, chaud mais pas trop, une lumière intense, très pure, très Bretonne. Il y a énormément de bateaux sur le golfe de Morbihan. Petite attente et je prend le bateau. Je discute avec le passeur et son assistante. Elle est originaire de Sainte Marine. Il y a un chien Golden retriever sur le bateau, qui se ballade tranquillement, et qui a drôlement la patte marine! Ils m’apprennent que le gouvernement a voulu abroger la loi littoral pour la Bretagne, mais que ce n’est pas passé. Ils ont eu peur d’avoir la baule dans le golfe. Traversée jusqu’à port Navalo très sympathique.

    Embarcadère à Locmariaquer

    Arrivée à Port Navalo, je me rend chez Pierre, qui a fait construire sa maison à Saint-Gildas-de-Rhuys. Je passe un moment avec eux, je prends deux verres d’eau pétillante bienvenus, Pierre me propose d’aller me baigner à la plage toute proche, mais je refuse car je veux avancer jusqu’à Ambon. Départ pour encore une vingtaine de kilomètres, pour arriver à un des 22 campings d’Ambon. Cette fin de journée est très belle, une grosse partie en chemin. La lumière, le soleil se couchant derrière moi, c’est hyper agréable. Encore une belle étape de 92km et 500m de dénivelé quand même!

    Je pense que le golfe du Morbihan, la Ria d’Etel, peuvent donner lieu à un voyage spécifique à l’avenir. C’est très beau, varié, très peu vallonné. Peut être même un mélange vélo-voile. Y-a-t-il des amateurs?

  • Je n’ai plus beaucoup de temps

    Il me reste trois jours, pour atteindre La Baule, terme de mon voyage. à peu près deux cent dix kilomètres, donc 70 par jour. C’est beaucoup. Ce voyage a déjà un parfum de fin. Que me reste-t-il à voir? Concarneau, ville hautement touristique, où j’étais allé enfant en vacances. Lorient où j’avais fait un stage en cabinet d’architecture navale (digitalisation de la conception des bateaux de pêche). J’y avais vu des dessinateurs sur table à dessin, qui utilisaient des règles en plastique flexibles pour former les courbes des coques de bateaux, fascinant. Mes amis Christine et Erwann, connus chez Joseph Gibert! Mais ils sont en vacances à Groix. Groix ou justement j’avais passé trois jours avec mon ami Dominique qui m’avait fait découvrir le mouvement des épis de blé qui ondulent avec le vent, la mer qui étincelle au soleil.

    Il me reste aussi Carnac et ses alignements, que je n’ai jamais vus, le golfe du Morbihan, où j’étais allé avec Dominique et Rolf, un week end, la famille de sa copine avait une maison sur une île, et je me souviens qu’on s’était tapé là bas de gros délires. Peut être Pierre qui s’est fait construire une maison près du golfe du Morbihan. Et les marais salants de Guérande.

    Beaucoup et peu de chose à la fois. Étrangement (?), le cœur n’y est plus tout à fait, l’envie d’aller vite et de clore ce voyage. Pas l’envie de rentrer, mais l’envie de finir. Donc je vais appuyer sur les pédales, et même avoir de plus en plus de sensations sur le vélo. D’abord je monte de plus en plus souvent en danseuse. Au lieu de monter au train, se mettre en danseuse permet de mettre plus de puissance dans le pédalage. On ne peut pas monter un col comme ça, mais ponctuellement ça détend les muscles, et surtout ça permet de passer une petite bosse rapidement, plutôt que de la subir. Ensuite je me mets à tirer sur les pédales, ce qui me permets de passer les bosses plus rapidement, voire même en accélérant! Ça veut dire que ma condition physique s’est améliorée grandement pendant ce voyage. Je précise que j’utilise des pédales automatiques, avec les chaussures adaptées. Ça veut dire que la chaussure est clipsée sur la pédale, et donc on peut non seulement appuyer sur la pédale, mais aussi tirer sur la pédale, en remontant le pied. J’ai ces pédales depuis l’achat de ce vélo, et je ne voudrais pas m’en passer. Mon matériel en général est optimisé et ça fait partir de mon envie de faire du vélo en voyage, que d’être optimisé et de pouvoir aller vite : mon vélo est en carbone, est nerveux mais aussi très léger, autour de 9kg. J’adore mon vélo. Ensuite j’ai le minimum de bagage, probablement autour de 8kg, et on me le fait souvent remarquer. « Quoi, vous n’avez que ça comme bagage? » « Mais elle est où la tente? » Le but pour moi est d’avoir le minimum de matériel, de se satisfaire de l’essentiel, du strict minimum. Pas de se mettre en danger, mais d’être en conditions de vie minimales. Et ça me permet d’être léger, et pouvoir continuer à avoir du plaisir à faire du vélo, presque comme sans bagages. Presque.

    Je passe Fouesnant, ville très mignonne, puis Port La forêt. Arrivé à Concarneau, je prends encore une fois un bac, c’est sûrement le plus petit bateau que j’aurais pris. Je traverse la vieille ville, à pied, ce qui est une mauvaise idée vu le nombre de touristes. Cependant je découvre une partie de la ville fortifiée que je ne connaissais pas. J’enchaîne avec Pont-Aven, je pense aux galettes et à Jean-Pierre Marielle, mais je ne m’arrête pas. Puis Riec-sur-Belon, sans m’arrêter manger d’huîtres plates. Le temps est gris depuis l’orage de la veille, qui n’a pas fait beaucoup de dégât puisque j’étais au camping, où j’ai vécu une scène de loto mémorable. Je passe la rivière inconnue, La Laïta, qui sépare le Finistère du Morbihan. Le quatrième département de la Bretagne. Je continue et je passe à Ploemeur, découvrir la librairie Sillage des mes amis Christine et Erwann, j’arrive à Lorient et passe avenue de la Perrière. Où j’ai fait un stage en architecture navale. J’avais complètement oublié cette époque. Le quartier est un peu à l’abandon… c’est tout près de l’embarcadère pour traverser le Blavet, cette rivière qui borde Lorient. J’arrive quand le bateau va démarrer, je monte, il va à Locmiquélic. Ce n’est plus un petit bateau, mais carrément un bateau de transport municipal. Je rejoins le camping municipal de Port Louis. Je découvre cette ville, qui est minuscule mais très jolie, aux maisons en pierres, avec sa forteresse. Je « dîne » dans une baraque à frite sur le port, saucisson et rillettes de poisson. Séance écriture aussi, et c’est le patron qui ferme qui me met dehors. Une étape très roulante, 83km, mais quand même 717m de dénivelé!

    Port Louis