Vélibre

Vélo. Libre. Vélibre.

Auteur/autrice : François

  • Premier jour en Slovénie

    Nous partons comme prévu vers 9:30. On a pris un petit déjeuner à l’appartement avec les courses qu’on avait fait la veille. Les préparatifs vont assez vite comme quasiment tout était prêt la veille. La sortie de la ville est comme toujours compliquée. on a droit aux manifestations du premier mai, avec en première revendication la fin de la guerre et la sauvegarde de la Palestine.

    On se retrouve enfin hors de la ville. Et on atteins très vite la frontière avec la Slovénie. Le voyage commence vraiment. On arrive d’abord au port de Koper, immense, avec des parking pour les voitures chinoises en attente d’acheteur européen. Des parking pour conteneurs en attente d’embarquement pour des destinations exotiques. Des pistes cyclables nous épargnent les routes néanmoins peu empruntées. Puis arrive la ville de Koper, sans intérêt, très touristique ou très commerçante.

    Nous nous dirigeons vers Piran. Il y a des travaux sur la route qui mène à Portoroz, et des ambouteillages de voitures. On se trompe de destination, la route étant interdite aux cyclistes, puis on revient et nous décidons de tenter notre chance sur une route de crête. Bien nous en a pris car la route surplombe la mer et on distingue Piran de l’autre côté de la baie.

    J’ai un super souvenir de ce petit village, où j’étais venu il y a une dizaine d’années, après un séjour près du lac de Côme. C’est une pointe avançant au nord dans la mer, avec un phare au bout de la pointe. Une ceinture de quais donnant directement sur la mer entoure la ville. C’était au mois d’août et les familles avaient posé leur serviette a même le quai et les enfants plongeaient depuis le quai dans la mer, à peine plus bas qu’une vingtaine de centimètres. Les rires des enfants envahissaient le village tout proche, au coucher du soleil, sous une lumière dorée orangée, avec de très belles ombres. Un vent très chaud du nord soufflait sur la pointe. Après la baignade j’étais revenu au centre du village sur une grande place triangulaire, bordée de très beaux bâtiments. Je m’étais arrêté prendre un verre et j’avais dormi probablement chez l’habitant, je ne me souviens pas. J’étais reparti le lendemain vers la Slovénie, avec des images plein la tête. Ces images y sont toujours et je suis impartirent d’y retourner.

    Las, ça a bien changé. J’avais un pressentiment en voyant les villages côtiers déjà très touristiques, alors qu’il n’y avait rien sur cette côte slovène il y a dix ans. On ne peut plus arriver en voiture jusqu’au village en voiture, et ce n’est pas plus mal. Donc nous arrivons et devons laisser passer une cinquantaine de personnes qui ont du prendre la nacelle. Le village est bondé de monde. Les quais sont maintenant envahis de terrasses de restaurants, et on peine à passer à pied avec les vélos tellement l’espace est maintenant occupé. On ne peut plus accéder à la mer car les quais ont été bloqués par de gros blocs de pierre accumulés en vrac dans la mer au bord des quais. Il reste juste à la pointe un espace libre avec le phare. Quel dommage. On trouve un restaurant dans le village, quelconque et on est mal accueillis. On repart très vite, et je me dis que je garderai les images de mon premier voyage ici, mais pas celles ci.

    On longe la mer et passons par Portoroz. Étonnamment, ce bord de mer est plus sympa, bien que très touristique. Il n’y a rien d’extraordinaire donc il n’y a pas l’encombrement qu’il y avait à Piran. J’ai l’exact sentiment inverse de ma première venue ici.

    On avise un camping de l’autre côté de la baie de Portoroz, et on emprunte la Parenzana pour nous y rendre. C’est une route cyclable qui ici longe la mer, et ensuite pénètre à l’intérieur des terres pour aller au sud de l’Istrie. C’est une ancienne voie ferrée transformée en route cyclable, et elle est très fréquentée par les cyclistes. On la quitte pour prendre un chemin qui vient probablement d’être réempierré, et qui n’est pas facile à rouler. On redescend vers le camping mais nous nous trouvons à la sortie, et devons remonter tous le camping pour revenir à l’accueil. Il se trouve que c’est un camping naturiste, et le type a l’accueil n’est vraiment pas sympa, et nous conseille d’aller plutôt à Savudrija, à 7km de là. Il est 19h et je ne nous vois pas reprendre la route. Je demande s’il y a des mobile homes de libre, le type nous dit que oui peut être, mais toutes les réservations passent pas Booking. Je suis un peu étonné, je regarde et en effet il y des places. Je réserve illico une maison à 59€, et reviens à l’accueil enjoué avec ma réservation. Mais le type me dit qu’il faut attendre 30 minutes que le système informatique soit mis à jour. Il précise qu’il n’y a pas de chauffage, on se demande s’il ne fait pas tout pour nous dégoûter de rester. Donc nous attendons, 45 minutes, nous commençons sérieusement à prendre froid. Je m’approche enfin de l’autre personne qui elle est beaucoup plus sympathique et s’occupe enfin de nous. Je dois régler la réservation et là je me demande bien pourquoi ils nous font ce coup de réserver par Booking!

    Enfin nous arrivons au chalet, très sommaire, il y a deux chambres, nous nous pressons de prendre une bonne douche chaude. Dîner sur la terrasse d’une guinguette, il n’y a plus grand chose à manger, poulet, frites, bière. Enfin le serveur est sympa, et accepte qu’on revienne le lendemain pour payer car nous n’avons pas de liquide.

    Retour au chalet, et au lit à 23h. Une bonne étape de 63km, mais avec des sentiments partagés, car la Croatie s’annonce très touristique en cette saison. À suivre…

  • Une journée à Trieste

    Avant de nous embarquer pour notre voyage en Croatie, nous avons prévu de passer une journée à Trieste. Cette ville n’évoquait absolument rien pour nous, si ce n’est un port marchand important. À mieux y regarder, c’est aussi une ville avec un passé historique important, et quelques visites à faire.

    On se lève pas si tôt, nous avons très bien dormi dans notre superbe appartement aux chambres et lits immenses. nous prenons un petit dej dans une boulangerie du quartier, avec une seule table. La patronne est tunisienne et parle encore un bon français. Je prend un guache, une sorte d’empilement de crème au beurre, de génoise, et de confiture d’abricot, et un croissant à la farine de canabis. Curieux et très bon.

    Après avoir fait un tour sur molo, une espèce de jetée qui part du frond de mer et s’avance dans la mer sur une centaine de mètre, on part vers la Piazza Unità d’Italia, le cœur de Trieste. Il fait très beau, pas un nuage, mais il y a un vent froid du nord qui refroidit pas mal l’atmosphère. Est-ce un coup de bora?

    Piazza dell’Unita d’Italia, La mairie de Trieste

    La piazza est une place rectangulaire aux bâtiments assez ostentatoires, avec la mairie au fond et différents palazzo sur les côtés, dont la préfecture et sa façade ornée de mosaïques dorées, qui scintille au soleil dans l’après midi. Une course à pied vient de se terminer, les bénévoles sont en train de ranger les barrières canalisant l’arrivée des coureurs. En fait on a trouvé cette place plus belle de nuit que de jour. Elle a plus de mystère, qu’en plein jour.

    On trouve l’office de tourisme tout proche, où nous pouvons récupérer une carte et nous faire conseiller les endroits à visiter. La personne qui nous accueille connaît son métier, il ne lui faut pas plus de 5 secondes pour nous indiquer sur la carte les principales visites à faire, à l’aide de petits cercles dessinés au stylo bille entourant les bâtiments: le théâtre Romano, le Castello di San Giusto, la vieille ville, et le quartier du canal, avec deux églises en particulier.

    Nous nous dirigeons vers le théâtre Romano, qui est un amphithéâtre en piteux état, envahi de mauvaises herbes. Nous entrons dans un parking ensuite, qui nous mène à un ascenseur donnant accès au Castello di San Giusto. On paye une entrée à 7€ pour faire le tour d’une muraille à trois bastions, qui n’offre même pas une belle vue sur la ville ni le golfe de Trieste. Un petit musée militaire complète la visite mais sans grand intérêt.

    Nous redescendons dans la vieille ville qui s’est pas mal animée entre temps. Nous nous arrêtons pour déjeuner, pizza pour Pascal, orecchiette pour moi. Et deux Spritz Aperol. Il fait toujours très beau et le vent s’étant calmé un peu, la température a légèrement augmentée. Puis nous repartons vers le canal.

    Le Canal Grande di Trieste est l’autre endroit animé de la ville avec des magasins et des restaurants. C’est un très bel endroit bien proportionné, entre le canal, les trottoirs, la hauteur des bâtiments.

    Nous entrons dans la première église, qui est une église orthodoxe serbe (Chiesa serbo-ortodossa della Santissima Trinità e di San Spiridione). Gros changement d’ambiance. Elle est en parfait état, les deux nefs d’égale longueur se croisant en leur centre à angle droit, formant un carré parfait. De magnifiques mosaïques décorent les quatre coins, elles sont en parfait état, semblant avoir été terminées la veille. En fait ce sont des fresques à la peinture à l’huile qui imitent la mosaïque. Incroyable. Nous ressortons pour aller visiter l’autre église toute proche, catholique cette fois. Elle n’est pas à la hauteur de sa voisine, et même étrangement sobre pour une église italienne. Est ce la proximité avec la Slovénie et son influence ?

    Nous rentrons tranquillement à notre appartement, mais ressortons assez vite pour dîner. Nous trouvons un petit restaurant italien populaire, salade pour Pascal, tagliatelles pour moi, deux strudel, un demi litre de vin, quatre cafés. Endroit très simple et très sympa. 65€. Et pas cher.

    Nous rentrons à l’appartement et préparons nos sacoches pour notre départ demain. Nous sommes dans l’excitation déjà, et sommes finalement complètements prêts à partir, avant d’aller se coucher.

  • En voiture pour Trieste

    Je suis assis sur les marches d’accès à un wagon de train qui m’emmène à Trieste. Mon vélo est assis sur les marches d’en face. Il n’y a pas de place pour lui, alors je préfère lui tenir compagnie sur la plate-forme. C’est une nouvelle aventure à vélo, et ça commence fort. Je suis parti de Paris en train, direction Milan, puis Trieste. La partie Paris-Milan s’est bien passé, il y avait des espaces vélo, que les contrôleurs nous ont indiqués en voiture trois, alors que nos places assises réservées sont en voiture 7. Nous prenons des trains Frecciarossa, les trains rapides italiens. Mais comme souvent, les espaces bagages sont chiches.

    Je n’ai pas dormi de la nuit, tout à la préparation du voyage, et la clôture de certaines tâches pour mon travail. Notre train était à 6:28, Gare de Lyon, je suis parti à 5:15 et démonté mon vélo dans la gare pour le mettre sous sa housse. 15 minutes maintenant que je suis rôdé. Pascal est arrivé à 6h environ, et nous sommes montés dans le train dès qu’il fut affiché. Petite bousculade à l’entrée du quai, mais rien de bien méchant.

    Le train pour Milan met deux heures pour rallier Lyon, mais met ensuite cinq heures pour atteindre Milan. Autant vous dire que j’ai rattrapé ma nuit, et n’ai pas vu grand chose. Pascal m’a dit que notre voisine avait la voix forte, si forte que le contrôleur avait dû lui dire de baisser d’un ton. Pour ma part je n’ai rien entendu.

    Arrivée à Milan, deux heures d’attente. Focaccia, caffe, biscuits sablés. L’Italie! la gare de Milan est un peu comme une base militaire aérienne, avec deux énormes toits métalliques cylindriques, et on s’imagine sans peine les avions de la Regia Aeronautica Italiana décoller de cet endroit. Et pourtant, les cinq immenses voûtes en acier et en verre, de 340m de long et jusqu’à 33m de haut et abritant les voies, certes construites sous Mussolini, n’ont jamais accueilli que des trains.

    Notre train s’affiche et nous nous rendons sur le quai. Mais cette fois ci, pas de larges espaces où ranger nos vélos, nous devons nous contenter des plateformes pour ne pas gêner la circulation. Mais ça n’a pas l’air de gêner qui que ce soit, même pas les contrôleurs qui nous font comprendre qu’il faut faire avec. J’adore l’Italie, la même situation en France ne pourrait pas arriver. Soit on nous aurait refoulés, soit il y aurait eu des espaces pour les vélo, ou les gros bagages. Ici, on trouve une solution, et du moment que ça ne gêne personne, va bene!

    Quand même au bout de 15 minutes, je réalise que j’ai emmené ma chaise pliable et que c’est une belle occasion de l’utiliser. On arrive bientôt à Brescia, et bien sûr, le quai est du côté de mon vélo, donc je dois le déplacer.

    Alors voilà nous sommes partis. Mais, diable, où allons nous donc ? Nous allons faire un tour en pays ottoman, en Croatie et en Slovénie. La première partie sera la péninsule de l’Istrie, principalement croate, puis les îles de Krk et Cres, avant de remonter vers Ljubljana en Slovénie. Et de revenir à Trieste pour rentrer en France. Trois semaines, 800km, 8000m de dénivelé. Et j’espère, du soleil, qui m’a tant manqué à Paris cet hiver.

    La campagne italienne de la plaine du Po défile le long des fenêtres du train. Beaucoup de vignes dans cette région la plus viticole d’Italie. Au loin les Alpes tres ennuagées. Nous suivons exactement le même parcours que celui que j’avais fait à vélo il y a quelques années avec Valérie : Milano, Bergamo, Brescia, Vérona, Vicenza, Padova, Venezia. Un très beau parcours pour le vélo, varié, avec des canaux, beaucoup de patrimoine, dans une région un peu désertée l’été par ses habitants, et pas envahie de touristes, qui préférent les abords de la Méditerranée. Seulement nous allons un peu plus loin à l’est, aux confins de la Vénétie, à Trieste, logée dans cette étroite bande de terre qui prive la Slovénie d’une façade maritime avantageuse.

    On a décidé de rester deux nuits à Trieste car apparemment c’est une belle ville à visiter. Je suis assez excité de changer de monde, de l’Europe latine, à l’histoire finalement plutôt tranquille, comparé à cette partie de l’Europe qui aura vu pas mal de passage et de conquêtes successives, depuis les romains. Puis nous prendrons la direction du sud vers la Croatie.

    Arrivée à Trieste, temps pluvieux et froid. On remonte nos vélos dans le hall de la gare, il fait frisquet.

    Direction notre appartement qui est tout prêt, sauf qu’il faut aller faire le check-in dans un bureau de l’autre côté du port, payant pour une entrée tardive, et payer la taxe de séjour. Retour à l’appartement, immense pour deux personnes, et avec le strict nécessaire.

    Soirée burger frites, mais aperol!

  • La Coste brava, el fin

    Aujourd’hui c’est le dernier jour de mon tour de la Costa brava. Il fait beau, légèrement nuageux. La météo est clémente mais il fait un froid de canard, et surtout il y a du vent. 50Km annoncés côté français, mais déjà à Figueres, il y en a pas mal. J’avais envisagé de passer le col de Banyuls, mais je vais prendre le train finalement. J’avise qu’il y a des places dans le train de nuit direct depuis Cerbère! J’échange mon billet qui comportait un changement à Toulouse, et prends la direction la gare. Figueres est assez désert en ce dimanche matin. Je m’arrête prendre un café con lèche pour attendre mon train.

    C’était un beau petit voyage, avec un temps très beau dans l’ensemble, mais assez froid. Ça m’a fait du bien de quitter Paris, d’aller prendre l’air, le soleil, la lumière. C’est ce qui me manque de plus en plus à Paris, la lumière. Je conseillerais ce voyage mais à une période un peu plus chaude, en fin d’hiver par exemple. J’aurais plus profité s’il avait fait moins froid. Je retiens surtout que pour le vélo c’est un très bel endroit. Les routes de bord de mer sont magnifiques, et il y a énormément de chemins pour le vélo. Ça, c’est la grosse surprise. C’est tant mieux, car les routes, à l’intérieur, pour une raison inconnue, sont très bruyantes.

    Voyage à refaire donc une autre fois, peut être jusqu’à Barcelone, ou au delà?

    Surtout, je me suis remis à imaginer de prochains voyages, alors que j’avais un peu arrêté. Le prochain devrait probablement être en Méditerranée également, au printemps. Alors restez bien connectés, je vous dis à bientôt.

  • La Costa Brava, dia 5

    Aujourd’hui c’est une petite étape pour aller jusqu’à Figueres. Et une journée consacrée à Gala et Dali. Tout d’abord, je vais visiter le Castel Gala Dali, juste à côté du gîte, à Pubol, puis le musée Dali à Figueres.

    Le temps est couvert, comme prévu par la météo. Mais pas trop froid. Je dis au revoir à Diedi, qui pose avec son vélo pliant Brompton, qu’il a un peu trafiqué. Il doit se rendre en Angleterre pour faire changer la Fourche, modifier le triangle arrière, pour pouvoir changer les roues et mettre des pneus de 20” et plus larges. Il va aussi mettre un moyeu Rohloff pour avoir plus de démultiplication dans la transmission. Je suis impressionné par son paquetage et la taille de ses sacs.

    Visite du Castel Gala Dali. C’était leur maison principale, avec leur maison à Cadaques. Je suis un peu déçu , je m’attendais à plus de folie. Mais sûrement que pour une résidence, ils n’avaient pas envie de trop d’exubérance. Ce n’est pas monacal non plus. J’aime bien le jardin avec les éléphants.

    La route vers Figueres n’est pas très folichonne, à l’image de la météo. Elle ne fait qu’une petite quarantaine de kilomètres, une seule montée pas vraiment raide, mais c’est néanmoins difficile. Je n’ai pas les jambes de feu de la veille. Pas tous les jours! C’est un mélange de route et de chemins. Je traverse à un moment une cour de ferme, deux chiens se mettent à aboyer et se mettent à courir vers moi. Je réalise vite qu’ils vont me rattraper, et j’accélère. Mais les chiens me rattrapent, je les sens bientôt sur mes talons. Je ne les regarde pas, je me concentre sur mon pédalage que j’essaye d’être le plus rapide possible, mais je sais qu’ils sont juste à côté de moi. Un de chaque côté. Je n’arrive pas à les lâcher. Je me mets alors à crier très fort, trop tard, un des deux chiens me mord au dessus de la cheville droite. Mes cris les font visiblement fuir. Je continue à pédaler avec une petite douleur quand même. Je m’arrête un peu plus loin, pour constater que le vêtement n’est pas déchiré, mais quand même j’ai une petite plaie superficielle. Je dois dire que j’ai eu assez peur. J’ai peur des attaques de chiens, je ne sais jamais trop quelle attitude adopter. Là, j’aurais dû crier plus tôt. Il faudra quand même que je me renseigne sur le bon comportement à avoir en une telle circonstance.

    J’arrive à Figueres à 15h environ, le ciel s’est un peu dégagé, le soleil a fait son apparition. Je trouve facilement mon hôtel, et j’ai le temps de me préparer pour aller visiter le musée qui ferme à 17:45. Le musée est lui d’un tout autre genre. C’est un ancien théâtre, Dali a lui même conçu le musée, et supervisé les travaux, l’agencement des salles et la disposition des œuvres. C’est impressionnant de le voir construire un musée pour ses propres œuvres, de son vivant. Il y a une grande cour intérieure circulaire où trône une vieille Cadillac surmontée d’une statue féminine de genre indienne. Je préfère l’autre Cadillac, plus récente, du Castel Gala Dali. Il y a une immense toile dans le hall d’entrée typique de Dali. Ensuite ce sont des salles consacrées à certaines de ses œuvres mais aussi d’autres artistes contemporains. Je ne suis pas fan de Dali, même si il faut reconnaître que c’est le roi des dégradés de couleur, et on sent une grande observation de la lumière et des ombres. En particulier sur ses toiles de la période molle. Il y a aussi une exposition temporaire consacrée à « La madone de Portlligat ».

    Je sors du musée, je suis assez fatigué. Je vais manger un peu. La ville est très animée, c’est la première ville que je vois avec de l’animation naturelle. Je veux dire avec des habitants qui sortent boire un verre, faire du shopping… Girona était aussi très animée, mais avec beaucoup de touristes. Ici, c’est une ville normale, avec une animation citadine. C’est assez plaisant. Et le centre de Figueres est aussi assez joli. Mais il fait très froid, je sens que mes jambes sont fatiguées, et je rentre à mon hôtel très tôt. Une journée pleine d’émotions!

  • La Costa Brava, dia 4

    Aujourd’hui je mets le clignotant à droite, je quitte le bord de mer et remonte vers Girona. Il fait encore beau, alors que la météo annonçait un temps couvert. Il n’y a plus de vent et c’est une bonne nouvelle. Je décide de prendre finalement un petit dej quelconque à 15€, car je crains un peu la fringale. En effet, en remontant vers le nord, je commence par une longue montée de 12km, et 230m de dénivelé. En préparant mes bagages, je retrouve l’huile de chaîne que je pensais avoir oubliée, ainsi que la crème solaire et le stick à lèvre. Très important le stick à lèvre! Graissage de chaîne donc, elle commençait à pas mal couiner hier. Puis départ.

    Je longe la mer, il y a toujours très peu de monde. Puis je prend la route de Girona. Elle commence tranquillement, donc ça va, mais je m’inquiète quand même que mon GPS ne soit pas encore passé en mode « Climb pro ». C’est un mode qui détecte les grosses montées, et affiche, en cours d’ascension, l’inclinaison, un dessin de la pente, le dénivelé restant, la distante restante, et la position sur la pente. Je n’ai pas encore compris quand il se déclenche. Mais ça commence à monter pas mal, et finalement il se déclenche. Il me reste donc 3,75km d’ascension et 175m de dénivelé. Sauf que la pente n’est pas régulière, et c’est la seconde moitié qui en fourni l’essentiel. Donc là je suis tout à gauche (dans le language des cyclistes, ça veut dire petit plateau et grand pignon). J’aimerais en garder un peu, au cas où, mais ce n’est pas possible. L’inclinaison est de 6% puis 8%. Je ne peux compter que sur mes jambes maintenant. Et ça monte! Doucement, mais ça monte. J’ai les yeux rivés sur le bitume. Je fais seulement un petit arrêt, puis je constate que j’ai fait les deux tiers de la distance et du dénivelé, il ne me reste que 50m de dénivelé et 1km de montée. Ça me galvanise! J’ai des jambes de feu et j’atteins le sommet en m’esclaffant « Déjà! ». Je serpente sur la crête pendant quelques kilomètres, puis c’est une grande descente vers Llagostera. Je continue et je reprends des chemins de gravier très roulants, jusqu’à Cassà de la Selva. Arrêt bocadillo, sprite, café. Le temps s’est couvert maintenant et il fait froid. J’enfile ma veste de pluie, les gants, et je repars vers Girona. J’ai trois couches de vêtements maintenant et je les supporte. Les chemins de gravier m’amènent jusqu’à Girona, où je rentre tranquillement par des pistes cyclables, jusqu’à la vieille ville. J’adore des arrivées en ville comme ça.

    Les rues du centre historique sont étroites et pavées, très encombrées de touristes. Je descend de mon vélo et découvre cette ville très jolie. C’était un de mes objectifs du voyage, avec la visite de la cathédrale. Mais il faut grimper un peu, et monter des escaliers. J’avise un marchande vélo, très beau magasin au passage, et je demande si je peux laisser mon vélo à l’intérieur le temps de visiter la cathédrale. Le type accepte immédiatement et même son empressement me surprend. Il s’empare de mon vélo et va le ranger dans un coin du magasin. Je pars donc à pied, léger, et rassuré de laisser mon vélo entre bonnes mains.

    Je monte vers la cathédrale toute proche, par des escaliers. Je me fends d’un billet à 15€. J’espère que la visite vaut le coup. La cathédrale est particulière, la nef, immense et surtout très large, est vide, à l’exception d’un orgue en plein milieu. Les côtés sont habillés de niches avec les traditionnels statues de saints dorées. Il y a un cloître aussi, assez joli, avec un sol en pierre gravée. Mais surtout il y a le trésor. Quatre salles dont je retiens une salle dédiée aux vitraux. C’est l’occasion de voir des vitraux de très près, et d’observer la finesse du dessin. Mais le clou du trésor est la tapisserie de la création. Un grand carré de plus de 4 mètres de côté, datant du 11ème siècle, représentant le créateur et ses créations.

    Je resort de la cathédrale et me perds un peu dans les ruelles. Je n’ai pas mon téléphone qui n’a plu de batterie, je n’arrive plus à le recharger. Je retrouve finalement mon marchand de vélo. J’en profite pour regarder un peu les articles, les vélos ont l’air top. Je reprend le mien et prend une photo de Tata, qui prend la pose. Malheureusement il ne connais ni français ni anglais donc ce n’est pas facile de dialoguer. Dommage.

    Je sors de la ville, il est 16:45. Donc je vais arriver de nuit. J’ai réservé une chambre dans un gîte à la Pera, à une vingtaine de kilomètres de Girona. C’est tout plat, ça file sur la route, après une sortie de la ville sur des chemins bizarres, qui évitent les grosses routes, au prix de passage parfois très étroits longeant la rivière Ter. Je fais une bonne dizaine de kilomètres et vérifie sur mon gps. Je me suis trompé. Ou plutôt je n’avais pas entré les coordonnées du gîte sur mon parcours. Je suis allé trop au nord. La nuit commence à tomber et j’allume mes lumières. Encore cinq kilomètres de route et je prends maintenant des chemins. Il fait nuit noire, il y a des flaques partout, que j’évite en ne roulant pas trop vite. Je vais rouler sur des chemins pendant une bonne heure. Heureusement le chemin est assez roulant, malgré les flaques d’eau. C’est interminable. Je doute d’avoir entré la bonne destination. Je vérifie souvent et finalement je vois un panneau indiquant La Pera. J’arrive dans le village par une grande descente, mais le gîte est en dehors du village, et je dois remonter pour faire le tour et prendre un minuscule chemin. J’arrive enfin, ma lampe avant vient juste de passer en mode eco, il était temps! Il m’aura fallu finalement 29km.

    Il y a très peu de monde dans le gîte, dont un couple d’argentins, et un néerlandais en voyage à vélo également. Il est parti de Nîmes et a longé la Méditerranée jusqu’ici. Il termine demain à Girona, et retourne lundi à Rotterdam. On discutera évidemment assez longtemps au dîner, de nos voyages, des pays traversés, il connaît très bien la France, qu’il affectionne. Le dîner sera pour moi une soupe de courge et une fondue! Incroyable de trouver une fondue ici. Enfin pas très ordinaire, accompagnée de pommes de terre, de saucisse de Francfort, d’oignons blancs et de cornichons. Un entre deux avec une raclette en quelque sorte. Mais très bonne.

    C’est l’auberge espagnole!

  • La Costa Brava, dia 3

    Daddy!
    Daddy cool…
    Daddy…
    Daddy cool!

    Quelle soirée inattendue. Ça donne des envies d’aller fêter le 1er janvier dans des lieux insolites, de profiter de la vie, des instants, en particulier inattendus. La vie est belle!

    Je suis arrivé à Tossa de mar, et je me bois une petite bière sur la terrasse du café du phare, et j’attend le coucher de soleil, en plein vent!

    La photo ne témoigne pas du vent qui règne ici!

    Je me suis installé dans mon petit boutique hôtel charmant, car je suis arrivé assez tôt aujourd’hui. C’était une étape très courte, seulement 37km, mais plus de 600m de dénivelé. Et c’était une journée magnifique. Sûrement la plus belle depuis le départ. En effet j’ai pris la route de la Costa brava, qui longe la mer au milieu des pins. Le ciel était un peu couvert, et il est possible que ce soit la dernière journée ensoleillée, car le temps va probablement se gâter les jours prochains.

    Une très belle journée parce que la route qui mène de Sant Feliu de Guíxols à Tossa de mar est magnifique. Une succession de montées et de descentes, dans les pins, au soleil, avec vue sur les criques en contre bas, pendant 20km. Très peu de voitures, quelques motos, et beaucoup de vélos. Ma première sortie vélo de l’année marque un cap! Certes c’était un peu physique, surtout au début, pour prendre la route qui serpente le long de la côte. 140m de dénivelé avec des portions à presque 10%! Mais ensuite, quelle régalade! Je me suis fait doubler par un paquet de jeunes espagnols sur-entraînés, mais ça n’avait pas beaucoup d’importance. La route était si belle et j’en ai bien profité. Belles descentes en lacets, le plaisir de la route. Des bourrasques m’attendent au sommet des montées, quelques petits arrêts pour admirer le paysage, un arrêt sandwich de la veille, et j’arrive à Tossa de mar.

    Petite lessive, douche, et me voilà parti à visiter la vieille ville. Des maisons en pierre, des tours en pierre, un musée municipal (fermé), pas de boutique à touristes, ça fait plaisir. Un phare, et un café.

    Je dîne à 18:15! Je me sens hyper bien, vidé physiquement, par l’effort mais aussi le vent. Cette fatigue hyper saine après un effort intense. Retour à l’hôtel, je me couche tôt ce soir.

    I’m crazy like a fool,
    What about Daddy cool!
    Daddy, Daddy cool…
    Daddy, Daddy cool!
  • La Costa Brava, dia 2

    Je me réveille assez tôt, 8:30, le soleil ne semble pas très haut encore, je regarde la météo, 3°! Rien ne presse. Je me lève finalement vers 9h et vais au petit déjeuner. Il y a quatre tables occupées, je prends mon temps rien ne sert de partir trop tôt dans le froid. Je n’ai même pas défais mes sacoches, j’avais un change dans le sac à dos, donc il ne me prends pas beaucoup de temps pour être prêt. Je pars vers 10:30, il fait 4° seulement.

    Bizarrement, je ne ressens pas tellement le froid. Je prends la direction de l’Escala. Il y a des petites plantations toutes fraîches, tellement vertes en plein soleil. Ce n’est pas du tout à l’image de l’Espagne grillée par le soleil. Ni même des premiers kilomètres après Portbou.

    L’Escala est un gros bourg en bord de mer. Rien d’extraordinaire, seulement le bord de mer époustouflant.

    Il y a un vent assez fort, du nord, qui nous donne cette magnifique lumière, mais aussi cet air froid, qui m’a transi hier soir. Il soufflait déjà à Cerbère hier mais j’ai été préservé dans la journée, peut être protégé par la presqu’île du cap de Creus. Direction le sud, vers Pals et ma destination du jour, Palamos.

    Mon premier vrai village catalan. Pals. Très désert en cette saison, seulement quelques touristes locaux. Mais Pals vaut le détour. Je vais vous l’avouer, j’ai été assez déçu des villages que j’ai vu jusqu’à présent. L’Escala était probablement le mieux, mais franchement pas super. Rosas était bien pour une station balnéaire, j’avais un peu peur de trouver une ville bétonnée, mais ce n’était pas trop le cas. Et pas non plus trop de touristes. Pour l’hiver. Mais Pals est un vrai village médiéval, très bien entretenu, constitué exclusivement de maisons en pierre. J’ai raté visiblement les fêtes de Noël, il reste des installations de temple romain, de diable. Et un marché de Noël catalan. Le village est bien sûr légèrement en hauteur et, du haut, on peut deviner la Méditerranée au loin. Je trouve un restaurant ouvert avec une terrasse abritée du vent. Cette fois ci je garde ma veste. Même au soleil, il fait froid. Je me rappelle mon après midi de la veille où j’ai eu froid assez vite.

    Il ne faut pas que je parte trop tard. Je révise mon itinéraire et décide d’écourter. Au lieu de quasiment 40 km contournant le village de Begur, je décide d’aller en ligne droite jusqu’à la Callela de Palafrugell, puis de longer la côte. Seulement 22km et 100m de dénivelé en moins. Je ne regretterais pas, je traverse une pinède sauvage pendant une dizaine de kilomètres après la Callela, sur des chemins assez engagés, et avec quand même des pentes assez raides. Mais la vue sur la mer, au dessus de falaises est très très belle.

    Entre la Callela et Palamos

    C’est ma dernière sortie vélo de 2025. Un petit bilan? Les pouilles en début d’année, deux voyages au printemps, en Suisse avec Pascal, puis la traversée de la Belgique et des pays bas, et mon tour de la Bretagne cet été. Une belle année de vélo. Très variée, à tous les sens du terme. J’ai encore tellement de projets de voyage à vélo. Le plus difficile est de les prioriser. Et d’attendre la retraite pour faire les plus longs d’entre-eux. Vais-je réellement attendre?

    J’arrive donc assez tôt à Palamos. Je n’attends rien de ce village, et je ne suis pas déçu. C’est la meilleure chose de ne rien attendre. C’est visiblement un port de pêche, mais qui a subit ensuite la loi de la pression touristique, et la partie plus au sud est formée d’immeubles qu’on aperçoit depuis le début de la baie et qui semblent assez haut. Heureusement j’ai réservé un hôtel dans la partie près du port. La plage est en travaux mais la baie est quand même très belle au soleil couchant. Car il est quand même 16:45 quand j’arrive à l’hôtel. L’accueil est charmant. Les hôtesse parlent le français, et je blague directement. Je rejoins ma chambre, me change rapidement et ressort prendre quelques photos. J’ai très froid à la tête, mais le reste est à l’abri.

    Retour à l’hôtel, douche, télé (Arte 28 minutes, avec Françoise Combes, présidente de l’académie des sciences. J’adore Arte. Quelle chance avons nous d’avoir cette chaîne de télé). Puis je descends dîner. Oui, incroyable, j’ai réservé une table pour le dîner du nouvel an! Jamais fait ça. Je me demande ce que ça va donner, l’hôtel est fréquenté par pas mal de personnes plutôt âgées, plus que moi. C’est une expérience. Il y a un orchestre avec une chanteuse qui joue toutes sortes de musiques, mais quand même plutôt anciennes. J’ai remarqué que la musique jouée spécifiquement pour des personnes âgées de nos jours n’est pas du tout la musique de leur jeunesse, mais celle de la jeunesse de leurs parents, des années cinquante, voire avant. Bon, j’échappe à Yvette Horner, mais j’ai droit à du jazz et de la rumba des années cinquante quand même. Mais c’est bien interprété. J’ai même droit au fameux morceau de Tom Jones « It’s not unusual ». Ne le dites à personne, mais j’adore ce morceau. Je m’investis dans mon écriture et le dessert arrive alors que l’heure approche.

    Alors, on nous distribue une pochette surprise! Je déballe les fanfreluches, chapeau, nez vert (!), sifflet, masque. Apparemment certains sont venus avec leur propres déguisement, chapeau à paillettes, lunettes 2026, colliers de fleurs. Est-ce ridicule? Complètement. Et alors!

    Décompte au micro… 2026!

    Je me fais brancher par un groupe de néerlandais, je ne sais s’ils sont belges ou hollandais. On échange sur la région dont ils sont visiblement familiers. Ils sont bien sûr étonnés de mon périple. Un des type me conseille une région frontalière des deux pays, dont le tourisme est dédié au vélo. Le Limbourg. Ils sont très sympa et ouverts, c’est un des avantages de voyager seul, on est plus ouvert sur les autres, et les autres aussi.

    Je sors de l’hôtel pour voir l’ambiance, mais il n’y a pas grand monde. Le froid calme sûrement les ardeurs à humer le vent de la nouvelle année. Non, décidément l’ambiance est à l’intérieur de l’hôtel, où l’accueil, assez grand, s’est mué en piste de danse. Et c’est parti pour une fête revival des années 70-80 à Marbella. Fiesta disco. Tout y passe, kool and the gang, Gloria Gaynor, Chic, Boney M,… c’est parti pour tard dans la nuit. On voit bien quelques béquilles à droite à gauche, mais ça n’empêche pas de gigoter, ni même danser. Des sourires sur tous les visages. Sacrée soirée!

  • La Costa brava, Dia 1

    Arrivée à Cerbère, ville frontière avec l’Espagne. J’ai bien dormi, réveillé souvent bien sûr, mais pas trop dérangé par le gros ronfleur. Je change de train et prend un train qui passe en Espagne, pour une seule gare, histoire de m’épargner une grosse côte pour passer la frontière. Arrivée à Portbou, un village vide, avec un seul café ouvert, un peu miteux, El raco de la mar. Café con lèche et bocadillo jamon y queso. Probablement pas le dernier. Il avait un goût de savon, je ne sais pas si c’était le pain ou le fromage. Les prochains seront forcément meilleurs.

    C’est parti et ça monte direct. Je vais me faire pas mal de dénivelé ce matin, mais il y a du soleil, et il fait bien plus chaud qu’à Paris, c’était le but. La route serpente à flanc de montagne, et c’est une succession de petits cols à 100m d’altitude. Un peu comme la Bretagne cet été, mais en version méditerranéenne. La végétation est à dominée par les pins. Il ne fait pas si chaud en fait, je supporte le tenue d’hiver. C’est cool d’être en bord de mer. Je passe quelques villages : Colera, je ne m’attarde pas, Llança, pas grand chose à retenir, quelques tours médiévales un peu perdues dans le centre ville, enchâssées dans les maison sans style. Je m’écarte de la côte, et je traverse le parc natural del cap de Creus. Puis je quitte la route nationale, je vire à droite et prends une succession de chemin jusqu’à Roses. Il y a pas mal d’eau, on voit qu’il a beaucoup plu les jours précédents. Certaines fois le chemin est carrément inondé, voire à un moment, c’est une rivière de plusieurs dizaines de centimètres de profondeur. Je suis sauvé par des plots en béton qui me permettent de passer à pied au sec.

    En sortant d’un village je tourne la tête à droite et découvre les Pyrénées enneigées. C’est impressionnant le contraste du bord de mer avec les montagnes enneigées au fond.

    J’arrive à Roses, la première vraie station balnéaire de la Costa Brava. La ville est au bord d’une très jolie baie, pas trop bétonnée, c’est pas mal, mais avec toujours les Pyrénées au fond. L’endroit idéal pour mon premier déjeuner. Tapas en terrasse. Cette fois il fait vraiment chaud et j’enlève ma veste. Le soleil me chauffe la peau, c’est très agréable.

    La baie de Roses, les Pyrénées au fond.

    Je discute assez longuement avec les français de la table d’à côté, et du coup je repars vers 15h. Le froid tombe assez rapidement en cette saison, malgré le soleil. Je me perds un peu à la sortie de Rosas, je rate une piste cyclable à la gauche d’une grosse nationale, je dois faire demi tour assez loin, reviens sur mes pas mais je rate la bifurcation et me retrouve à l’entrée de Roses. J’avais oublié que mon gps, si je sors de l’itinéraire, me ramène au point où je suis sorti, même si je suis sur l’itinéraire de nouveau. Pas malin. Donc retour dans l’autre sens, j’ai du faire 10km en trop à mon avis.

    Je traverse la plaine du Parc Natural dels Aiguamolls de l’Empordà, une zone marécageuse qui a bénéficié des pluies des jours précédents. Je traverse Empuriabrava, une ville sur l’eau, formée de canaux bordée de villas. La plus grande marina d’Europe. 40km de canaux. Une sorte de micro Miami, ou ce que je m’imagine l’être. Très étrange.

    Empuriabrava

    Je prends pas mal de chemins, avec beaucoup d’eau encore, qui les traversent régulièrement. Je suis étonné par l’itinéraire, constitué de nombreux chemins, je ne m’y attendais pas. C’est tant mieux, car les routes ici sont assez fréquentées et assez bruyantes. Le froid tombe de plus en plus et la nuit aussi. J’accélère pour arriver à mon hôtel à Viladamat. Il se trouve dans un micro village proche de L’Escala. Je découvre qu’il n’y a pas de lieu pour dîner en cette saison. Donc je ne dînerai pas, je suis un peu transi de froid, trop pour aller à l’Escala. Et puis il me reste un fond de foie gras de Noël, avec une tranche de pain, ça me suffira. En revanche je découvre que je suis déshydraté, je vais boire quasiment deux litres de liquides variés disponible dans la chambre. Donc ça me fait quasiment trois litres dans la journée, ce qui est beaucoup. Je bois plus en hiver qu’en été.

    Longue, très longue douche, qui me réchauffe bien, ainsi que la climatisation montée à 23° avant que je n’arrive. L’hôtel est désert et je vais m’endormir très tôt ce soir après cette première journée de 70km.

  • La côte des braves

    Quel départ! Je n’ai jamais été aussi à la dernière minute pour me préparer pour un voyage à vélo. Déjà j’ai mis un temps incroyable à me décider à partir. Je finis cette année 2025 sur les rotules (et elles sont fragiles, mes rotules). Le deuxième semestre a été très dense au travail, je n’ai pas pris de vacances depuis cet été, j’ai attrapé la grippe qui m’a mis à terre (au sens propre). Donc je n’ai plus beaucoup d’énergie, ni de motivation. Mais passé Noël, et en particulier parce que j’ai besoin de soleil et de lumière, je me suis décidé. Hier! Et aussi mon fils m’a offert un livre photo en imprimant les textes et les photos de trois de mes voyages, tirés de ce blog Velibre. La traversée de l’Auvergne et du Périgord, le Tuscany trail, tous deux en 2021, et les lacs suisses cette année au printemps. Ça m’a replongé dans mes voyages, que je ne revisite jamais, et ça m’a motivé à repartir sur la route, au guidon de mon fidèle Cannondale topstone. Merci beaucoup Tristan! J’ai eu la version numérique pour le moment, la version papier m’attendra à mon retour normalement. Ça fait plaisir aussi de revoir les amis qui ont participé (Pascal) ou chez qui je suis allé (Rolf). Ça m’a rappelé que ces voyages ne se racontent que finalement très peu, les photos en particulier me rappellent des moments qu’il n’y a que moi pour me souvenir, des émotions que j’ai vécu à ces moments là. Et ceux qui y étaient. C’est vrai d’ailleurs pour toutes les photos du monde. Ces émotions sont gravées en moi maintenant, et je peux les revivre grâce à ce blog, qui les fait resurgir de ma mémoire. J’espère, aussi, faire profiter, un peu mes lecteurs, de ces petits moments de grâce où le bitume est si lisse, la lumière si limpide, les nuages si bien formés, l’herbe des bas côtés si bien plantée, la pluie si intense parfois, le vent qui caresse mon visage, le soleil qui brûle ma peau. Et la nature environnante si belle et si diverse. Des roches Tullière et Sanadoire, jusqu’à la piazza del Campo à Sienne, aux rives du lac Léman. La terre est infinie et c’est tant mieux!

    Donc me voilà reparti, finalement. Mais les préparatifs ont été intenses. J’ai voulu ajouter du liquide préventif dans les pneus tubeless, tout c’est bien passé pour la roue avant, nettoyage de la valve un peu encrassée, remontage, gonflage, claquage du pneu sur la jante, parfait. Mais pour la roue arrière, ça ne s’est pas passé de la même manière. Il y avait déjà suffisamment de liquide, donc le supplément a fait fondre le liquide déjà solidifié et a empêché le pneu de se coller à la jante. Impossible de regonfler le pneu, l’air sortait partout. J’ai fait une pause espérant qu’en séchant le liquide referait l’étanchéité, mais non, rien à faire. À 18h, j’ai décidé de mettre une chambre à air, mon train était à 20h08! Démontage du pneu, lavage du pneu sous la douche, séchage, montée de la chambre à air, du pneu (difficile), gonflage. Ouf ça marche. C’est magique les chambres à air! Sacoches finalisées, montées sur le vélo, graissage de la chaîne, habillage, je suis prêt, il est 18h50. Et je m’aperçois qu’il manque cette petite rondelle qui bloque la valve sur la jante. Est ce que je l’ai oubliée? Est-elle a l’intérieur? Je devais partir à 19h. 5 secondes de réflexion. Et hop je décide de re-démonter mon pneu pour voir si la rondelle est à l’intérieur du pneu. J’ai dix minutes. J’ai du mal à démonter le pneu, finalement j’y arrive, je trouve la valve, et il n’y a pas de rondelle. 10 minutes de perdues pour rien. Je remonte le pneu, je met la petite rondelle qui traîne dans les pièces de rechange, remontage de la roue sur le vélo. Je suis mûr pour monter un atelier de réparation de vélos je crois. Bien sûr il y a quelque dernières babioles à faire, donner à manger au poisson, faire un tour pour voir si je n’ai rien oublié, sûrement que si. Je suis devant l’ascenseur finalement à 19:25. Ça va. Il me faut 20 minutes pour aller gare d’Austerlitz, ça va. Départ par une nuit noire, descente du canal côté quai de Jemmapes, très peu de gens dehors. Je ne pourrais pas dire s’il fait froid ou pas, j’ai trop d’adrénaline dans le corps pour faire confiance à mes sensations. Mon vélo roule si bien, chaque fois que je pars, je m’émerveille de sa nervosité, et en même temps de sa douceur. Il me calme. Au bout de dix minutes, je confirme, il fait froid. Je m’arrête mettre des gants. Arrivée Gare d’Austerlitz à 19:45. En avance. Bien. Je vais acheter à manger, je n’ai rien mangé depuis hier midi, à part deux tartines ce matin (j’ai ouvert un pot de confiture d’orange que j’ai fait il y a une semaine, fameuse!). Le train est annoncé avec 10 minutes de retard, puis 20 minutes.

    Et qu’est ce qu’on fait en attendant un train en gare? Eh bien on parle vélo et voyage avec un grand type qui vient me brancher et me demander des conseils. Que je prodigue bien sûr avec le plus grand plaisir qu’on a à partager son expérience, sa passion, mais aussi, je ne me le cache pas, je suis flatté qu’on me demande des conseils. Le type vient d’acheter un Kona cadre acier, et va se lancer bientôt. Tout y passe, les lumières, les sacoches, les pédales automatiques, le petit porte bagage maison, le compteur gps, les itinéraires avec Komoot. Je lui donne l’adresse de mon site, il a l’air content. Je souris. Il ne sais pas que je vais parler de lui.

    Le train est enfin annoncé et on se dit au revoir et bon voyage. Et bonne nuit. Oui, parce que je prends un train de nuit couchettes, avec espace vélo. Donc pas de valise, pas de démontage, je pose le vélo dans l’espace dédié, je l’attache, le libère de ses bagages et direction mon compartiment couchette. La place 92 n’existe pas! Le contrôleur me donne la 21, ça me va bien, je serai juste à côté de l’espace vélo.

    J’attendais ce moment depuis assez longtemps. J’adore les trains couchette. C’est encore plus un voyage, je trouve, qu’un train de jour. Et puis on ne perd pas trop de temps dans le transport. Mais c’est surtout ce sentiment fort de voyage que j’apprécie. J’ai beaucoup fréquenté les trains de nuit entre Brest et Paris. Certains avaient de drôles de parois tordues qui suivaient les courbes des corps, plus large au niveau des épaules et de hanches et moins au niveau des pieds. Et pas horizontales non plus, la tête et les pieds plus haut que les fesses. Un peu comme les couchette de Tintin dans « On ira marcher sur la lune ». Mais elles étaient disposées tête-bêche, ce qui devait permettre de gagner un peu d’espace et de créer un compartiment supplémentaire. Un délire d’ingénieur, fan d’Hergé.

    Les draps SNCF, c’est fini. Il y a maintenant de vrais sacs de couchage, assez larges, avec un drap à l’intérieur, solidaire du sac et, franchement, c’est bien fichu. Nous sommes trois dans le compartiment, dont un gros ronfleur, qui n’a pas attendu longtemps avant de s’exprimer pleinement. Où allons nous tous les trois? Ça fait assez longtemps en revanche que j’ai fait mon itinéraire. Direction le sud, pour sortir de la grisaille, avoir du soleil et de la chaleur. Gagner une petite dizaine de degrés. Je pars sur la Costa Brava.

    Bien sûr c’est la côte qui m’attire depuis longtemps, depuis que j’ai l’ai découvert vue d’en haut, quand j’ai achevé mon voyage à pied sur le GR10, en arrivant au dessus de Banyuls sur mer. C’est de là que j’ai démarré un de mes tout premiers voyages, le long de la Méditerranée jusqu’à Menton. J’ai encore en tête cette côte espagnole si découpée, on l’on devine une multitude de petites criques minuscules. À perte de vue. Il y avait aussi une sorte de brume orange-violette. Je m’étais promis d’y revenir. Mais il y a aussi un patrimoine architectural et artistique non négligeable. Et c’est accessible en train de nuit. Et en cette saison délaissée des touristes, c’est probablement le bon moment d’y revenir. Avec vous.