Vélibre

Vélo. Libre. Vélibre.

En voiture pour Trieste

Je suis assis sur les marches d’accès à un wagon de train qui m’emmène à Trieste. Mon vélo est assis sur les marches d’en face. Il n’y a pas de place pour lui, alors je préfère lui tenir compagnie sur la plate-forme. C’est une nouvelle aventure à vélo, et ça commence fort. Je suis parti de Paris en train, direction Milan, puis Trieste. La partie Paris-Milan s’est bien passé, il y avait des espaces vélo, que les contrôleurs nous ont indiqués en voiture trois, alors que nos places assises réservées sont en voiture 7. Nous prenons des trains Frecciarossa, les trains rapides italiens. Mais comme souvent, les espaces bagages sont chiches.

Je n’ai pas dormi de la nuit, tout à la préparation du voyage, et la clôture de certaines tâches pour mon travail. Notre train était à 6:28, Gare de Lyon, je suis parti à 5:15 et démonté mon vélo dans la gare pour le mettre sous sa housse. 15 minutes maintenant que je suis rôdé. Pascal est arrivé à 6h environ, et nous sommes montés dans le train dès qu’il fut affiché. Petite bousculade à l’entrée du quai, mais rien de bien méchant.

Le train pour Milan met deux heures pour rallier Lyon, mais met ensuite cinq heures pour atteindre Milan. Autant vous dire que j’ai rattrapé ma nuit, et n’ai pas vu grand chose. Pascal m’a dit que notre voisine avait la voix forte, si forte que le contrôleur avait dû lui dire de baisser d’un ton. Pour ma part je n’ai rien entendu.

Arrivée à Milan, deux heures d’attente. Focaccia, caffe, biscuits sablés. L’Italie! la gare de Milan est un peu comme une base militaire aérienne, avec deux énormes toits métalliques cylindriques, et on s’imagine sans peine les avions de la Regia Aeronautica Italiana décoller de cet endroit. Et pourtant, les cinq immenses voûtes en acier et en verre, de 340m de long et jusqu’à 33m de haut et abritant les voies, certes construites sous Mussolini, n’ont jamais accueilli que des trains.

Notre train s’affiche et nous nous rendons sur le quai. Mais cette fois ci, pas de larges espaces où ranger nos vélos, nous devons nous contenter des plateformes pour ne pas gêner la circulation. Mais ça n’a pas l’air de gêner qui que ce soit, même pas les contrôleurs qui nous font comprendre qu’il faut faire avec. J’adore l’Italie, la même situation en France ne pourrait pas arriver. Soit on nous aurait refoulés, soit il y aurait eu des espaces pour les vélo, ou les gros bagages. Ici, on trouve une solution, et du moment que ça ne gêne personne, va bene!

Quand même au bout de 15 minutes, je réalise que j’ai emmené ma chaise pliable et que c’est une belle occasion de l’utiliser. On arrive bientôt à Brescia, et bien sûr, le quai est du côté de mon vélo, donc je dois le déplacer.

Alors voilà nous sommes partis. Mais, diable, où allons nous donc ? Nous allons faire un tour en pays ottoman, en Croatie et en Slovénie. La première partie sera la péninsule de l’Istrie, principalement croate, puis les îles de Krk et Cres, avant de remonter vers Ljubljana en Slovénie. Et de revenir à Trieste pour rentrer en France. Trois semaines, 800km, 8000m de dénivelé. Et j’espère, du soleil, qui m’a tant manqué à Paris cet hiver.

La campagne italienne de la plaine du Po défile le long des fenêtres du train. Beaucoup de vignes dans cette région la plus viticole d’Italie. Au loin les Alpes tres ennuagées. Nous suivons exactement le même parcours que celui que j’avais fait à vélo il y a quelques années avec Valérie : Milano, Bergamo, Brescia, Vérona, Vicenza, Padova, Venezia. Un très beau parcours pour le vélo, varié, avec des canaux, beaucoup de patrimoine, dans une région un peu désertée l’été par ses habitants, et pas envahie de touristes, qui préférent les abords de la Méditerranée. Seulement nous allons un peu plus loin à l’est, aux confins de la Vénétie, à Trieste, logée dans cette étroite bande de terre qui prive la Slovénie d’une façade maritime avantageuse.

On a décidé de rester deux nuits à Trieste car apparemment c’est une belle ville à visiter. Je suis assez excité de changer de monde, de l’Europe latine, à l’histoire finalement plutôt tranquille, comparé à cette partie de l’Europe qui aura vu pas mal de passage et de conquêtes successives, depuis les romains. Puis nous prendrons la direction du sud vers la Croatie.

Arrivée à Trieste, temps pluvieux et froid. On remonte nos vélos dans le hall de la gare, il fait frisquet.

Direction notre appartement qui est tout prêt, sauf qu’il faut aller faire le check-in dans un bureau de l’autre côté du port, payant pour une entrée tardive, et payer la taxe de séjour. Retour à l’appartement, immense pour deux personnes, et avec le strict nécessaire.

Soirée burger frites, mais aperol!


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