Vélibre

Vélo. Libre. Vélibre.

Catégorie : Voyage

  • Opatija, Rijeka, Krk

    Commence aujourd’hui un nouveau voyage. Nous quittons l’Istrie, et rentrons en Dalmatie. Et surtout nous passons sur les îles croates. Au programme Krk et Cres.

    Mais au préalable, nous avons Opatija, qui semble une belle ville balnéaire, et Rijeka, une grosse ville portuaire. Départ pour Opatija qui se trouve à une quinzaine de kilomètres. Nous y arrivons en fait pour déjeuner alors que le but était d’y prendre le petit déjeuner. La faute au nombreuses côtes sur le parcours.

    En effet, c’est un gros changement par rapport à ce qu’on a déjà vu. On arrive sur le bord de mer, et de très gros hôtels du 19eme siècle nous accueillent. On laisse les vélos et on part se balader. Il y a là aussi de belles demeures qui datent du 19eme. Et de vieux hôtels. Le tout dans un très bon état. On voit tout de suite que ce n’est pas du tout le même genre que l’autre côte. Même les gens sont différents. C’est la Riviera Croate. On prend finalement un petit dej dans un bar sur la plage. Il fait très beau.

    Départ direction Rijeka, qui se trouve à une quinzaine de kilomètres. En bord de mer mais ça ne veut pas dire plat. Rijeka est une très grosse ville de 300000 habitants, un très gros port aussi. La ville s’est étalée en front de mer, donc l’entrée prends du temps. On atterrit en plein centre ville, près de l’horloge City Clock Tower. Ca n’a pas l’air si mal que ça. La ville est très animée, il y a beaucoup de jeunes.

    On déjeune de sandwich jambon fromage qu’on se prépare maintenant tous les midis, en s’arrêtant acheter à manger dans une supérette croisée sur le chemin. Juste en face de la Gradska Ura, une tour qui donne l’heure avec des horloges classiques à aiguille, disposées sur les quatre faces du clocher rectangulaire, mais aussi grâce à des chiffres numériques de l’heure et des cinq minutes qui apparaissent pas de petites fenêtres dans la tour, probablement disposés sur deux gros cylindres tournants à l’intérieur de la tour. Assez impressionnant.

    Mon vélo, depuis quelque temps, fait du bruit au niveau du boîtier de pédalier. Je suis un peu inquiet. Pascal me suggère de chercher un magasin de vélos pendant qu’on est dans cette grosse ville, et je pense qu’il a raison. Ce n’est pas sur les îles que je trouverai un réparateur. Je regarde et vois un magasin de vélos à l’entrée de la ville, deux intersport et un décathlon. On est d’accord que le premier saura probablement mieux s’occuper du problème. Pascal reste à Rijeka, alors que je repars en arrière pour cinq kilomètres. J’arrive au magasin, j’explique mon problème à deux mecs (ça fait un bruit du genre « tac » quand je force sur les pédales), ils regardent mon vélo, et ils me disent que ça peut être plein de choses. Je confirme. Un grand mec baraqué monte sur mon petit vélo pour constater le problème, reviens et discute avec son collègue en croate. Ils opinent du chef. Le type baraqué s’en va, son collègue me dit que c’est probablement un problème de roulement de pédalier. Il part et reviens avec des clefs, il resserre les pédales sur les manivelles, il ressert le pédalier, pars faire un tour et reviens en me disant que c’est sûrement ça. Mais ça ne risque rien, je peux faire des milliers de kilomètres, faudra juste l’amener à réviser quand je rentrerai. Un peu rassuré, je repars vers le centre ville, et effectivement ça fait moins de bruit après cette intervention. À voir. Je ne suis pas complètement convaincu.

    Je retrouve Pascal en centre ville, et on décide d’aller boire un coup dans la grande rue piétonne Korzo, sur une très grande terrasse de café. On commande deux Perrier, on a un peu de mal à expliquer au serveur en anglais ce qu’on veut (« Perrier water with lemon »). Il a l’air de comprendre, mais reviens avec deux verres contenant un liquide brun, un glaçon et une tranche de citron, et deux grand verres d’eau. On lui demande ce que c’est et nous répond « Pelin ». Il a confondu avec Perrier, admettons. Je lui demande s’il y a de l’alcool, il a un petit rire et me dit que oui bien sûr il y a de l’alcool. Ce n’est pas l’heure de l’apéro, mais on tente le coup, et c’est très bon. On ajoute un peu d’eau dans le verre, on ne sait pas trop si ça se fait, mais c’est bien rafraîchissant. On se dit à lors que ça va devenir notre boisson fétiche à la place du Spritz Aperol.

    On repart du coup un peu tard, direction l’île de Krk (ça se prononce Keurk). Il nous reste à peu près 29km pour atteindre le camping. On sort de la ville difficilement, on longe la côte, puis on tourne autour d’une petite baie avec deux villages Bakar et Bakarac, malheureusement occupée par des installations industrielles. Puis on monte pas mal pour rejoindre le pont de Krk. C’est un pont visiblement tout neuf. Il n’y a pas de piste cyclable et il y a pas mal de traffic, y compris de camions. Et ça continue de monter pas mal ensuite. Il n’y a qu’une seule route qui traverse l’île au début. Puis on prend à droite pour rejoindre notre camping Omisalj, et on se fait une belle descente bien raide de 200m. On se dit que demain matin il faudra la remonter. Encore une grosse étape de 63km et 650m de dénivelé. Et surtout les côtes sont raides.

  • Trois jours en Istrie.

    J’ai eu un problème d’hébergement de mon site, impossible de publier. Mais tout est rentré dans l’ordre maintenant.

    Que s’est il passé pendant ces trois jours? Eh bien nous avons roulés tranquillement, et nous nous trouvons aux abords de Pula. Le beau temps est terminé, la pluie est arrivée comme prévu ce matin alors que je sortais de la tente pour aller à la douche. Pas une grosse pluie, mais suffisamment pour mouiller la tente et nous empêcher de démarrer. Donc on attends la fin de la pluie et on file vers Pula.

    Alors sinon qu’est ce qu’on a fait pendant ces trois jours? On a d’abord vu la très belle côte Croate, un grand soleil et grand ciel bleu, une eau transparente d’un très beau bleu vert. La côte est très découpée. Ensuite on a vu quelques petites villes ou villages, tous un peu sur le même modèle : un petite pointe qui s’avance sur la mer, un quai qui fait le tour de la vieille ville et sert de promenade, un port d’un côté de la pointe, et une vieille ville plus ou moins élevée au dessus de la mer. Exemple, Novigrad, très joli village, presque au niveau de la mer. À l’inverse, Rovinj, une grosse colline qui surplombe la mer avec une basilique au sommet. Dans tous les cas, des rues tortueuses à l’intérieur. Avec Porec un peu entre les deux. De beaux villages en tous cas.

    Côte vélo, c’était une alternance de petites routes et de chemins pas très roulants, et même parfois très rocailleux. Plus on descend dans le sud moins il y a de vélos, mais il y en a quand même beaucoup, le rapport nombre de vélos rapporté au nombre de touristes est très élevé. Nous sommes restés assez proche de la côte, sauf quand nous sommes partis de Porec pour rejoindre Rovinj, nous avons dû rentrer dans les terres et parcourir l’Istrie verte. On a alors vu une belle campagne, semblable aux nôtres, pas du tout méditerranéenne. Des collines couvertes d’oliviers et de forêts.

    En ce qui concerne nos hébergements, on a fait de très gros campings, avec tout le nécessaire, au bord de la mer. Nous sommes apparemment au tout début de la saison, et il y a assez peu de monde dans les camping comparés à leur capacité. C’est pas plus mal. Le prix des campings est très raisonnables, en revanche les restaurants dans les campings sont très chers, et pas très bons. On mange pas mal de pizza. On n’a pas encore vu de cuisine vraiment croate, la cuisine est beaucoup d’inspiration italienne, voire allemande. D’ailleurs les allemands sont très présents ici. On nous parle souvent directement en allemand.

    Pula

    Nous avons passé deux jours à Pula. Il s’est mis à pleuvoir donc on reste deux nuits. C’est une grosse ville, mais la vieille ville est assez petite. Il n’y a pas grand chose à voir finalement. De très belles arènes romaines, très grandes et bien conservées, la sixième plus grande apparemment. Une ellipse de 133m de long. Une forteresse datant de la première guerre mondiale, avec un réseau de sous terrains impressionnants. Un théâtre antique, un forum dont il reste un très beau temple romain dédié à Auguste, une arche romaine. Il y a quelques beaux bâtiments du 19 et début 20ème, mais dans un état pas terrible. On voit que la ville a souffert des différentes guerres, et que le pays n’a pas pu pour le moment rétablir une architecture correcte. C’est très contrasté avec la côte naturelle magnifique.

    Bon sinon, j’ai une triste nouvelle, Pascal a volé du sel. Après on peut le comprendre. Il n’y a absolument rien dans l’appartement qu’on a loué, même pas de sel ni poivre. Et il avait besoin de se venger des différentes fois où on s’est fait arnaquer ici. Des sodas à 3,5€ l’unité, affichés à 2€ ici à Pula, des taxes systématiques dans des magasins par rapport aux prix affichés, un stick à lèvres à 5€, sans compter des prix affolants tels qu’on a pas acheté, comme du vin à plus de 30€ dans une supérette. Donc il est parti en disant « ma vengeance sera terrible ! ». Le voilà donc de retour avec un paquet de sel de 250g. Je ne veux même pas savoir où il l’a volé. En tout cas on aura du sel pour les pâtes ce soir.

    Demain nous repartons et remontons vers le nord par la côte Est de l’Istrie. Ça a l’air très différent, plus sauvage, avec moins de plages. On devrait mettre deux jours pour rejoindre Rijeka. On ne sait pas trop où on va dormir, les campings ont l’air de se faire plus rares.

  • Remontée vers le nord et Rijeka

    Nous partons de Pula avec un temps encore très couvert. On a pris le petit déjeuner à l’appartement cette fois. On prend la route 66, hier on a eu une discussion accrochée sur la route à prendre et le dénivelé à faire. J’ai un peu mal au genou, donc je ne souhaite pas trop forcer. On doit aller à Labin, puis tourner à droite pour rejoindre la côte est de l’Istrie. Ensuite on longe la côte jusqu’en haut du golfe, mais pas en bord de mer car cette côte est plus sauvage et rocheuse que celle à l’ouest.

    La route66 est une très grosse route au départ de Pula, mais devient une route à deux voies dès qu’on a passé l’aéroport. Elle monte tranquillement, mais n’est pas super intéressante. Comme toujours une végétation abondante, presque du bocage.

    La pluie fait son apparition doucement puis plus fort, on s’abrite pour prendre un café et jauger la situation. C’est le seul café aux environs. À peine assis la pluie s’arrête, puis le soleil apparaît timidement. Le café restautant est dans âme, les deux personnes pas très causantes. On repart, le soleil a disparu mais il ne pleut plus trop.

    Une grande descente nous amène à la rivière Rasa. Un village en bas du même nom, très morne et une supérette bien venue pour acheter à manger, on s’installe sur la place à l’entrée pour manger nos sandwich et yaourts. on repart pour une grosse côte de 5km et rejoindre Labin. Finalement elle n’est pas si dure et on atteint le sommet vers 14:30. Le soleil est là aussi, et ça fait du bien, il faisait un peu froid dans les descentes, la route étant complètement détrempée par les fortes pluies auxquelles nous avons échappé.

    Encore une grande descente vers Plomin, puis on bascule à droite direction la mer. Encore une montée, pas trop longue, 5km, 200m de dénivelé, toujours sur la route 66. Puis on longe la mer, mais pas au bord, plutôt à 200m, car les pentes descendent directement dans la mer. La vue sur le golfe de Kvarner est magnifique et le temps est très beau maintenant. La route serpente en corniche, monte et descends aussi. Les côtes sont courtes mais raides. Finalement on arrive à Mošćenička Draga, où nous avions vu un camping. Une très belle étape finalement, 75km et 800m de dénivelé. Installation rapide, puis on descend dans le village, avec un tout petit port de pêche. Il y aussi une promenade qui part de la plage vers le sud, avec de jolies maisons colorées, puis de véritables propriétés. La côte est est décidément très différente de l’autre côté de l’Istrie.

    Retour dans le village, dîner d’une pizza, pour changer.

  • Premier jour en Slovénie

    Nous partons comme prévu vers 9:30. On a pris un petit déjeuner à l’appartement avec les courses qu’on avait fait la veille. Les préparatifs vont assez vite comme quasiment tout était prêt la veille. La sortie de la ville est comme toujours compliquée. on a droit aux manifestations du premier mai, avec en première revendication la fin de la guerre et la sauvegarde de la Palestine.

    On se retrouve enfin hors de la ville. Et on atteins très vite la frontière avec la Slovénie. Le voyage commence vraiment. On arrive d’abord au port de Koper, immense, avec des parking pour les voitures chinoises en attente d’acheteur européen. Des parking pour conteneurs en attente d’embarquement pour des destinations exotiques. Des pistes cyclables nous épargnent les routes néanmoins peu empruntées. Puis arrive la ville de Koper, sans intérêt, très touristique ou très commerçante.

    Nous nous dirigeons vers Piran. Il y a des travaux sur la route qui mène à Portoroz, et des ambouteillages de voitures. On se trompe de destination, la route étant interdite aux cyclistes, puis on revient et nous décidons de tenter notre chance sur une route de crête. Bien nous en a pris car la route surplombe la mer et on distingue Piran de l’autre côté de la baie.

    J’ai un super souvenir de ce petit village, où j’étais venu il y a une dizaine d’années, après un séjour près du lac de Côme. C’est une pointe avançant au nord dans la mer, avec un phare au bout de la pointe. Une ceinture de quais donnant directement sur la mer entoure la ville. C’était au mois d’août et les familles avaient posé leur serviette a même le quai et les enfants plongeaient depuis le quai dans la mer, à peine plus bas qu’une vingtaine de centimètres. Les rires des enfants envahissaient le village tout proche, au coucher du soleil, sous une lumière dorée orangée, avec de très belles ombres. Un vent très chaud du nord soufflait sur la pointe. Après la baignade j’étais revenu au centre du village sur une grande place triangulaire, bordée de très beaux bâtiments. Je m’étais arrêté prendre un verre et j’avais dormi probablement chez l’habitant, je ne me souviens pas. J’étais reparti le lendemain vers la Slovénie, avec des images plein la tête. Ces images y sont toujours et je suis impartirent d’y retourner.

    Las, ça a bien changé. J’avais un pressentiment en voyant les villages côtiers déjà très touristiques, alors qu’il n’y avait rien sur cette côte slovène il y a dix ans. On ne peut plus arriver en voiture jusqu’au village en voiture, et ce n’est pas plus mal. Donc nous arrivons et devons laisser passer une cinquantaine de personnes qui ont du prendre la nacelle. Le village est bondé de monde. Les quais sont maintenant envahis de terrasses de restaurants, et on peine à passer à pied avec les vélos tellement l’espace est maintenant occupé. On ne peut plus accéder à la mer car les quais ont été bloqués par de gros blocs de pierre accumulés en vrac dans la mer au bord des quais. Il reste juste à la pointe un espace libre avec le phare. Quel dommage. On trouve un restaurant dans le village, quelconque et on est mal accueillis. On repart très vite, et je me dis que je garderai les images de mon premier voyage ici, mais pas celles ci.

    On longe la mer et passons par Portoroz. Étonnamment, ce bord de mer est plus sympa, bien que très touristique. Il n’y a rien d’extraordinaire donc il n’y a pas l’encombrement qu’il y avait à Piran. J’ai l’exact sentiment inverse de ma première venue ici.

    On avise un camping de l’autre côté de la baie de Portoroz, et on emprunte la Parenzana pour nous y rendre. C’est une route cyclable qui ici longe la mer, et ensuite pénètre à l’intérieur des terres pour aller au sud de l’Istrie. C’est une ancienne voie ferrée transformée en route cyclable, et elle est très fréquentée par les cyclistes. On la quitte pour prendre un chemin qui vient probablement d’être réempierré, et qui n’est pas facile à rouler. On redescend vers le camping mais nous nous trouvons à la sortie, et devons remonter tous le camping pour revenir à l’accueil. Il se trouve que c’est un camping naturiste, et le type a l’accueil n’est vraiment pas sympa, et nous conseille d’aller plutôt à Savudrija, à 7km de là. Il est 19h et je ne nous vois pas reprendre la route. Je demande s’il y a des mobile homes de libre, le type nous dit que oui peut être, mais toutes les réservations passent pas Booking. Je suis un peu étonné, je regarde et en effet il y des places. Je réserve illico une maison à 59€, et reviens à l’accueil enjoué avec ma réservation. Mais le type me dit qu’il faut attendre 30 minutes que le système informatique soit mis à jour. Il précise qu’il n’y a pas de chauffage, on se demande s’il ne fait pas tout pour nous dégoûter de rester. Donc nous attendons, 45 minutes, nous commençons sérieusement à prendre froid. Je m’approche enfin de l’autre personne qui elle est beaucoup plus sympathique et s’occupe enfin de nous. Je dois régler la réservation et là je me demande bien pourquoi ils nous font ce coup de réserver par Booking!

    Enfin nous arrivons au chalet, très sommaire, il y a deux chambres, nous nous pressons de prendre une bonne douche chaude. Dîner sur la terrasse d’une guinguette, il n’y a plus grand chose à manger, poulet, frites, bière. Enfin le serveur est sympa, et accepte qu’on revienne le lendemain pour payer car nous n’avons pas de liquide.

    Retour au chalet, et au lit à 23h. Une bonne étape de 63km, mais avec des sentiments partagés, car la Croatie s’annonce très touristique en cette saison. À suivre…

  • Une journée à Trieste

    Avant de nous embarquer pour notre voyage en Croatie, nous avons prévu de passer une journée à Trieste. Cette ville n’évoquait absolument rien pour nous, si ce n’est un port marchand important. À mieux y regarder, c’est aussi une ville avec un passé historique important, et quelques visites à faire.

    On se lève pas si tôt, nous avons très bien dormi dans notre superbe appartement aux chambres et lits immenses. nous prenons un petit dej dans une boulangerie du quartier, avec une seule table. La patronne est tunisienne et parle encore un bon français. Je prend un guache, une sorte d’empilement de crème au beurre, de génoise, et de confiture d’abricot, et un croissant à la farine de canabis. Curieux et très bon.

    Après avoir fait un tour sur molo, une espèce de jetée qui part du frond de mer et s’avance dans la mer sur une centaine de mètre, on part vers la Piazza Unità d’Italia, le cœur de Trieste. Il fait très beau, pas un nuage, mais il y a un vent froid du nord qui refroidit pas mal l’atmosphère. Est-ce un coup de bora?

    Piazza dell’Unita d’Italia, La mairie de Trieste

    La piazza est une place rectangulaire aux bâtiments assez ostentatoires, avec la mairie au fond et différents palazzo sur les côtés, dont la préfecture et sa façade ornée de mosaïques dorées, qui scintille au soleil dans l’après midi. Une course à pied vient de se terminer, les bénévoles sont en train de ranger les barrières canalisant l’arrivée des coureurs. En fait on a trouvé cette place plus belle de nuit que de jour. Elle a plus de mystère, qu’en plein jour.

    On trouve l’office de tourisme tout proche, où nous pouvons récupérer une carte et nous faire conseiller les endroits à visiter. La personne qui nous accueille connaît son métier, il ne lui faut pas plus de 5 secondes pour nous indiquer sur la carte les principales visites à faire, à l’aide de petits cercles dessinés au stylo bille entourant les bâtiments: le théâtre Romano, le Castello di San Giusto, la vieille ville, et le quartier du canal, avec deux églises en particulier.

    Nous nous dirigeons vers le théâtre Romano, qui est un amphithéâtre en piteux état, envahi de mauvaises herbes. Nous entrons dans un parking ensuite, qui nous mène à un ascenseur donnant accès au Castello di San Giusto. On paye une entrée à 7€ pour faire le tour d’une muraille à trois bastions, qui n’offre même pas une belle vue sur la ville ni le golfe de Trieste. Un petit musée militaire complète la visite mais sans grand intérêt.

    Nous redescendons dans la vieille ville qui s’est pas mal animée entre temps. Nous nous arrêtons pour déjeuner, pizza pour Pascal, orecchiette pour moi. Et deux Spritz Aperol. Il fait toujours très beau et le vent s’étant calmé un peu, la température a légèrement augmentée. Puis nous repartons vers le canal.

    Le Canal Grande di Trieste est l’autre endroit animé de la ville avec des magasins et des restaurants. C’est un très bel endroit bien proportionné, entre le canal, les trottoirs, la hauteur des bâtiments.

    Nous entrons dans la première église, qui est une église orthodoxe serbe (Chiesa serbo-ortodossa della Santissima Trinità e di San Spiridione). Gros changement d’ambiance. Elle est en parfait état, les deux nefs d’égale longueur se croisant en leur centre à angle droit, formant un carré parfait. De magnifiques mosaïques décorent les quatre coins, elles sont en parfait état, semblant avoir été terminées la veille. En fait ce sont des fresques à la peinture à l’huile qui imitent la mosaïque. Incroyable. Nous ressortons pour aller visiter l’autre église toute proche, catholique cette fois. Elle n’est pas à la hauteur de sa voisine, et même étrangement sobre pour une église italienne. Est ce la proximité avec la Slovénie et son influence ?

    Nous rentrons tranquillement à notre appartement, mais ressortons assez vite pour dîner. Nous trouvons un petit restaurant italien populaire, salade pour Pascal, tagliatelles pour moi, deux strudel, un demi litre de vin, quatre cafés. Endroit très simple et très sympa. 65€. Et pas cher.

    Nous rentrons à l’appartement et préparons nos sacoches pour notre départ demain. Nous sommes dans l’excitation déjà, et sommes finalement complètements prêts à partir, avant d’aller se coucher.

  • En voiture pour Trieste

    Je suis assis sur les marches d’accès à un wagon de train qui m’emmène à Trieste. Mon vélo est assis sur les marches d’en face. Il n’y a pas de place pour lui, alors je préfère lui tenir compagnie sur la plate-forme. C’est une nouvelle aventure à vélo, et ça commence fort. Je suis parti de Paris en train, direction Milan, puis Trieste. La partie Paris-Milan s’est bien passé, il y avait des espaces vélo, que les contrôleurs nous ont indiqués en voiture trois, alors que nos places assises réservées sont en voiture 7. Nous prenons des trains Frecciarossa, les trains rapides italiens. Mais comme souvent, les espaces bagages sont chiches.

    Je n’ai pas dormi de la nuit, tout à la préparation du voyage, et la clôture de certaines tâches pour mon travail. Notre train était à 6:28, Gare de Lyon, je suis parti à 5:15 et démonté mon vélo dans la gare pour le mettre sous sa housse. 15 minutes maintenant que je suis rôdé. Pascal est arrivé à 6h environ, et nous sommes montés dans le train dès qu’il fut affiché. Petite bousculade à l’entrée du quai, mais rien de bien méchant.

    Le train pour Milan met deux heures pour rallier Lyon, mais met ensuite cinq heures pour atteindre Milan. Autant vous dire que j’ai rattrapé ma nuit, et n’ai pas vu grand chose. Pascal m’a dit que notre voisine avait la voix forte, si forte que le contrôleur avait dû lui dire de baisser d’un ton. Pour ma part je n’ai rien entendu.

    Arrivée à Milan, deux heures d’attente. Focaccia, caffe, biscuits sablés. L’Italie! la gare de Milan est un peu comme une base militaire aérienne, avec deux énormes toits métalliques cylindriques, et on s’imagine sans peine les avions de la Regia Aeronautica Italiana décoller de cet endroit. Et pourtant, les cinq immenses voûtes en acier et en verre, de 340m de long et jusqu’à 33m de haut et abritant les voies, certes construites sous Mussolini, n’ont jamais accueilli que des trains.

    Notre train s’affiche et nous nous rendons sur le quai. Mais cette fois ci, pas de larges espaces où ranger nos vélos, nous devons nous contenter des plateformes pour ne pas gêner la circulation. Mais ça n’a pas l’air de gêner qui que ce soit, même pas les contrôleurs qui nous font comprendre qu’il faut faire avec. J’adore l’Italie, la même situation en France ne pourrait pas arriver. Soit on nous aurait refoulés, soit il y aurait eu des espaces pour les vélo, ou les gros bagages. Ici, on trouve une solution, et du moment que ça ne gêne personne, va bene!

    Quand même au bout de 15 minutes, je réalise que j’ai emmené ma chaise pliable et que c’est une belle occasion de l’utiliser. On arrive bientôt à Brescia, et bien sûr, le quai est du côté de mon vélo, donc je dois le déplacer.

    Alors voilà nous sommes partis. Mais, diable, où allons nous donc ? Nous allons faire un tour en pays ottoman, en Croatie et en Slovénie. La première partie sera la péninsule de l’Istrie, principalement croate, puis les îles de Krk et Cres, avant de remonter vers Ljubljana en Slovénie. Et de revenir à Trieste pour rentrer en France. Trois semaines, 800km, 8000m de dénivelé. Et j’espère, du soleil, qui m’a tant manqué à Paris cet hiver.

    La campagne italienne de la plaine du Po défile le long des fenêtres du train. Beaucoup de vignes dans cette région la plus viticole d’Italie. Au loin les Alpes tres ennuagées. Nous suivons exactement le même parcours que celui que j’avais fait à vélo il y a quelques années avec Valérie : Milano, Bergamo, Brescia, Vérona, Vicenza, Padova, Venezia. Un très beau parcours pour le vélo, varié, avec des canaux, beaucoup de patrimoine, dans une région un peu désertée l’été par ses habitants, et pas envahie de touristes, qui préférent les abords de la Méditerranée. Seulement nous allons un peu plus loin à l’est, aux confins de la Vénétie, à Trieste, logée dans cette étroite bande de terre qui prive la Slovénie d’une façade maritime avantageuse.

    On a décidé de rester deux nuits à Trieste car apparemment c’est une belle ville à visiter. Je suis assez excité de changer de monde, de l’Europe latine, à l’histoire finalement plutôt tranquille, comparé à cette partie de l’Europe qui aura vu pas mal de passage et de conquêtes successives, depuis les romains. Puis nous prendrons la direction du sud vers la Croatie.

    Arrivée à Trieste, temps pluvieux et froid. On remonte nos vélos dans le hall de la gare, il fait frisquet.

    Direction notre appartement qui est tout prêt, sauf qu’il faut aller faire le check-in dans un bureau de l’autre côté du port, payant pour une entrée tardive, et payer la taxe de séjour. Retour à l’appartement, immense pour deux personnes, et avec le strict nécessaire.

    Soirée burger frites, mais aperol!

  • La Coste brava, el fin

    Aujourd’hui c’est le dernier jour de mon tour de la Costa brava. Il fait beau, légèrement nuageux. La météo est clémente mais il fait un froid de canard, et surtout il y a du vent. 50Km annoncés côté français, mais déjà à Figueres, il y en a pas mal. J’avais envisagé de passer le col de Banyuls, mais je vais prendre le train finalement. J’avise qu’il y a des places dans le train de nuit direct depuis Cerbère! J’échange mon billet qui comportait un changement à Toulouse, et prends la direction la gare. Figueres est assez désert en ce dimanche matin. Je m’arrête prendre un café con lèche pour attendre mon train.

    C’était un beau petit voyage, avec un temps très beau dans l’ensemble, mais assez froid. Ça m’a fait du bien de quitter Paris, d’aller prendre l’air, le soleil, la lumière. C’est ce qui me manque de plus en plus à Paris, la lumière. Je conseillerais ce voyage mais à une période un peu plus chaude, en fin d’hiver par exemple. J’aurais plus profité s’il avait fait moins froid. Je retiens surtout que pour le vélo c’est un très bel endroit. Les routes de bord de mer sont magnifiques, et il y a énormément de chemins pour le vélo. Ça, c’est la grosse surprise. C’est tant mieux, car les routes, à l’intérieur, pour une raison inconnue, sont très bruyantes.

    Voyage à refaire donc une autre fois, peut être jusqu’à Barcelone, ou au delà?

    Surtout, je me suis remis à imaginer de prochains voyages, alors que j’avais un peu arrêté. Le prochain devrait probablement être en Méditerranée également, au printemps. Alors restez bien connectés, je vous dis à bientôt.

  • La Costa Brava, dia 5

    Aujourd’hui c’est une petite étape pour aller jusqu’à Figueres. Et une journée consacrée à Gala et Dali. Tout d’abord, je vais visiter le Castel Gala Dali, juste à côté du gîte, à Pubol, puis le musée Dali à Figueres.

    Le temps est couvert, comme prévu par la météo. Mais pas trop froid. Je dis au revoir à Diedi, qui pose avec son vélo pliant Brompton, qu’il a un peu trafiqué. Il doit se rendre en Angleterre pour faire changer la Fourche, modifier le triangle arrière, pour pouvoir changer les roues et mettre des pneus de 20” et plus larges. Il va aussi mettre un moyeu Rohloff pour avoir plus de démultiplication dans la transmission. Je suis impressionné par son paquetage et la taille de ses sacs.

    Visite du Castel Gala Dali. C’était leur maison principale, avec leur maison à Cadaques. Je suis un peu déçu , je m’attendais à plus de folie. Mais sûrement que pour une résidence, ils n’avaient pas envie de trop d’exubérance. Ce n’est pas monacal non plus. J’aime bien le jardin avec les éléphants.

    La route vers Figueres n’est pas très folichonne, à l’image de la météo. Elle ne fait qu’une petite quarantaine de kilomètres, une seule montée pas vraiment raide, mais c’est néanmoins difficile. Je n’ai pas les jambes de feu de la veille. Pas tous les jours! C’est un mélange de route et de chemins. Je traverse à un moment une cour de ferme, deux chiens se mettent à aboyer et se mettent à courir vers moi. Je réalise vite qu’ils vont me rattraper, et j’accélère. Mais les chiens me rattrapent, je les sens bientôt sur mes talons. Je ne les regarde pas, je me concentre sur mon pédalage que j’essaye d’être le plus rapide possible, mais je sais qu’ils sont juste à côté de moi. Un de chaque côté. Je n’arrive pas à les lâcher. Je me mets alors à crier très fort, trop tard, un des deux chiens me mord au dessus de la cheville droite. Mes cris les font visiblement fuir. Je continue à pédaler avec une petite douleur quand même. Je m’arrête un peu plus loin, pour constater que le vêtement n’est pas déchiré, mais quand même j’ai une petite plaie superficielle. Je dois dire que j’ai eu assez peur. J’ai peur des attaques de chiens, je ne sais jamais trop quelle attitude adopter. Là, j’aurais dû crier plus tôt. Il faudra quand même que je me renseigne sur le bon comportement à avoir en une telle circonstance.

    J’arrive à Figueres à 15h environ, le ciel s’est un peu dégagé, le soleil a fait son apparition. Je trouve facilement mon hôtel, et j’ai le temps de me préparer pour aller visiter le musée qui ferme à 17:45. Le musée est lui d’un tout autre genre. C’est un ancien théâtre, Dali a lui même conçu le musée, et supervisé les travaux, l’agencement des salles et la disposition des œuvres. C’est impressionnant de le voir construire un musée pour ses propres œuvres, de son vivant. Il y a une grande cour intérieure circulaire où trône une vieille Cadillac surmontée d’une statue féminine de genre indienne. Je préfère l’autre Cadillac, plus récente, du Castel Gala Dali. Il y a une immense toile dans le hall d’entrée typique de Dali. Ensuite ce sont des salles consacrées à certaines de ses œuvres mais aussi d’autres artistes contemporains. Je ne suis pas fan de Dali, même si il faut reconnaître que c’est le roi des dégradés de couleur, et on sent une grande observation de la lumière et des ombres. En particulier sur ses toiles de la période molle. Il y a aussi une exposition temporaire consacrée à « La madone de Portlligat ».

    Je sors du musée, je suis assez fatigué. Je vais manger un peu. La ville est très animée, c’est la première ville que je vois avec de l’animation naturelle. Je veux dire avec des habitants qui sortent boire un verre, faire du shopping… Girona était aussi très animée, mais avec beaucoup de touristes. Ici, c’est une ville normale, avec une animation citadine. C’est assez plaisant. Et le centre de Figueres est aussi assez joli. Mais il fait très froid, je sens que mes jambes sont fatiguées, et je rentre à mon hôtel très tôt. Une journée pleine d’émotions!

  • La Costa Brava, dia 4

    Aujourd’hui je mets le clignotant à droite, je quitte le bord de mer et remonte vers Girona. Il fait encore beau, alors que la météo annonçait un temps couvert. Il n’y a plus de vent et c’est une bonne nouvelle. Je décide de prendre finalement un petit dej quelconque à 15€, car je crains un peu la fringale. En effet, en remontant vers le nord, je commence par une longue montée de 12km, et 230m de dénivelé. En préparant mes bagages, je retrouve l’huile de chaîne que je pensais avoir oubliée, ainsi que la crème solaire et le stick à lèvre. Très important le stick à lèvre! Graissage de chaîne donc, elle commençait à pas mal couiner hier. Puis départ.

    Je longe la mer, il y a toujours très peu de monde. Puis je prend la route de Girona. Elle commence tranquillement, donc ça va, mais je m’inquiète quand même que mon GPS ne soit pas encore passé en mode « Climb pro ». C’est un mode qui détecte les grosses montées, et affiche, en cours d’ascension, l’inclinaison, un dessin de la pente, le dénivelé restant, la distante restante, et la position sur la pente. Je n’ai pas encore compris quand il se déclenche. Mais ça commence à monter pas mal, et finalement il se déclenche. Il me reste donc 3,75km d’ascension et 175m de dénivelé. Sauf que la pente n’est pas régulière, et c’est la seconde moitié qui en fourni l’essentiel. Donc là je suis tout à gauche (dans le language des cyclistes, ça veut dire petit plateau et grand pignon). J’aimerais en garder un peu, au cas où, mais ce n’est pas possible. L’inclinaison est de 6% puis 8%. Je ne peux compter que sur mes jambes maintenant. Et ça monte! Doucement, mais ça monte. J’ai les yeux rivés sur le bitume. Je fais seulement un petit arrêt, puis je constate que j’ai fait les deux tiers de la distance et du dénivelé, il ne me reste que 50m de dénivelé et 1km de montée. Ça me galvanise! J’ai des jambes de feu et j’atteins le sommet en m’esclaffant « Déjà! ». Je serpente sur la crête pendant quelques kilomètres, puis c’est une grande descente vers Llagostera. Je continue et je reprends des chemins de gravier très roulants, jusqu’à Cassà de la Selva. Arrêt bocadillo, sprite, café. Le temps s’est couvert maintenant et il fait froid. J’enfile ma veste de pluie, les gants, et je repars vers Girona. J’ai trois couches de vêtements maintenant et je les supporte. Les chemins de gravier m’amènent jusqu’à Girona, où je rentre tranquillement par des pistes cyclables, jusqu’à la vieille ville. J’adore des arrivées en ville comme ça.

    Les rues du centre historique sont étroites et pavées, très encombrées de touristes. Je descend de mon vélo et découvre cette ville très jolie. C’était un de mes objectifs du voyage, avec la visite de la cathédrale. Mais il faut grimper un peu, et monter des escaliers. J’avise un marchande vélo, très beau magasin au passage, et je demande si je peux laisser mon vélo à l’intérieur le temps de visiter la cathédrale. Le type accepte immédiatement et même son empressement me surprend. Il s’empare de mon vélo et va le ranger dans un coin du magasin. Je pars donc à pied, léger, et rassuré de laisser mon vélo entre bonnes mains.

    Je monte vers la cathédrale toute proche, par des escaliers. Je me fends d’un billet à 15€. J’espère que la visite vaut le coup. La cathédrale est particulière, la nef, immense et surtout très large, est vide, à l’exception d’un orgue en plein milieu. Les côtés sont habillés de niches avec les traditionnels statues de saints dorées. Il y a un cloître aussi, assez joli, avec un sol en pierre gravée. Mais surtout il y a le trésor. Quatre salles dont je retiens une salle dédiée aux vitraux. C’est l’occasion de voir des vitraux de très près, et d’observer la finesse du dessin. Mais le clou du trésor est la tapisserie de la création. Un grand carré de plus de 4 mètres de côté, datant du 11ème siècle, représentant le créateur et ses créations.

    Je resort de la cathédrale et me perds un peu dans les ruelles. Je n’ai pas mon téléphone qui n’a plu de batterie, je n’arrive plus à le recharger. Je retrouve finalement mon marchand de vélo. J’en profite pour regarder un peu les articles, les vélos ont l’air top. Je reprend le mien et prend une photo de Tata, qui prend la pose. Malheureusement il ne connais ni français ni anglais donc ce n’est pas facile de dialoguer. Dommage.

    Je sors de la ville, il est 16:45. Donc je vais arriver de nuit. J’ai réservé une chambre dans un gîte à la Pera, à une vingtaine de kilomètres de Girona. C’est tout plat, ça file sur la route, après une sortie de la ville sur des chemins bizarres, qui évitent les grosses routes, au prix de passage parfois très étroits longeant la rivière Ter. Je fais une bonne dizaine de kilomètres et vérifie sur mon gps. Je me suis trompé. Ou plutôt je n’avais pas entré les coordonnées du gîte sur mon parcours. Je suis allé trop au nord. La nuit commence à tomber et j’allume mes lumières. Encore cinq kilomètres de route et je prends maintenant des chemins. Il fait nuit noire, il y a des flaques partout, que j’évite en ne roulant pas trop vite. Je vais rouler sur des chemins pendant une bonne heure. Heureusement le chemin est assez roulant, malgré les flaques d’eau. C’est interminable. Je doute d’avoir entré la bonne destination. Je vérifie souvent et finalement je vois un panneau indiquant La Pera. J’arrive dans le village par une grande descente, mais le gîte est en dehors du village, et je dois remonter pour faire le tour et prendre un minuscule chemin. J’arrive enfin, ma lampe avant vient juste de passer en mode eco, il était temps! Il m’aura fallu finalement 29km.

    Il y a très peu de monde dans le gîte, dont un couple d’argentins, et un néerlandais en voyage à vélo également. Il est parti de Nîmes et a longé la Méditerranée jusqu’ici. Il termine demain à Girona, et retourne lundi à Rotterdam. On discutera évidemment assez longtemps au dîner, de nos voyages, des pays traversés, il connaît très bien la France, qu’il affectionne. Le dîner sera pour moi une soupe de courge et une fondue! Incroyable de trouver une fondue ici. Enfin pas très ordinaire, accompagnée de pommes de terre, de saucisse de Francfort, d’oignons blancs et de cornichons. Un entre deux avec une raclette en quelque sorte. Mais très bonne.

    C’est l’auberge espagnole!

  • La Costa Brava, dia 3

    Daddy!
    Daddy cool…
    Daddy…
    Daddy cool!

    Quelle soirée inattendue. Ça donne des envies d’aller fêter le 1er janvier dans des lieux insolites, de profiter de la vie, des instants, en particulier inattendus. La vie est belle!

    Je suis arrivé à Tossa de mar, et je me bois une petite bière sur la terrasse du café du phare, et j’attend le coucher de soleil, en plein vent!

    La photo ne témoigne pas du vent qui règne ici!

    Je me suis installé dans mon petit boutique hôtel charmant, car je suis arrivé assez tôt aujourd’hui. C’était une étape très courte, seulement 37km, mais plus de 600m de dénivelé. Et c’était une journée magnifique. Sûrement la plus belle depuis le départ. En effet j’ai pris la route de la Costa brava, qui longe la mer au milieu des pins. Le ciel était un peu couvert, et il est possible que ce soit la dernière journée ensoleillée, car le temps va probablement se gâter les jours prochains.

    Une très belle journée parce que la route qui mène de Sant Feliu de Guíxols à Tossa de mar est magnifique. Une succession de montées et de descentes, dans les pins, au soleil, avec vue sur les criques en contre bas, pendant 20km. Très peu de voitures, quelques motos, et beaucoup de vélos. Ma première sortie vélo de l’année marque un cap! Certes c’était un peu physique, surtout au début, pour prendre la route qui serpente le long de la côte. 140m de dénivelé avec des portions à presque 10%! Mais ensuite, quelle régalade! Je me suis fait doubler par un paquet de jeunes espagnols sur-entraînés, mais ça n’avait pas beaucoup d’importance. La route était si belle et j’en ai bien profité. Belles descentes en lacets, le plaisir de la route. Des bourrasques m’attendent au sommet des montées, quelques petits arrêts pour admirer le paysage, un arrêt sandwich de la veille, et j’arrive à Tossa de mar.

    Petite lessive, douche, et me voilà parti à visiter la vieille ville. Des maisons en pierre, des tours en pierre, un musée municipal (fermé), pas de boutique à touristes, ça fait plaisir. Un phare, et un café.

    Je dîne à 18:15! Je me sens hyper bien, vidé physiquement, par l’effort mais aussi le vent. Cette fatigue hyper saine après un effort intense. Retour à l’hôtel, je me couche tôt ce soir.

    I’m crazy like a fool,
    What about Daddy cool!
    Daddy, Daddy cool…
    Daddy, Daddy cool!