Vélibre

Vélo. Libre. Vélibre.

Catégorie : Voyage

  • La pointe du Raz

    Aujourd’hui il n’y a qu’un endroit au programme. Mais quel endroit. Je pense que tout le monde est allé à la pointe du Raz une fois dans sa vie. Non? C’est un cap ultra connu en France, probablement le plus connu. La fin de la terre, Finistère?

    Départ du camping de Douarnenez, la route est assez plate. Mon seul arrêt sera Beuzec Cap Sizun des cyclotouristes sont arables devant une boulangerie, je m’arrête et leur demande si le café est bon ici, ils me disent que oui et le pain est excellent aussi. On discute 5 minutes puis je rentre dans le magasin, et commande un sandwich au rôti de porc. Tout est sur mesure, il faut tout demander, mais tout semble possible. J’avise aussi des petits gâteaux bretons au caramel. La vendeuse me dit qu’il y a deux sortes, soit à la farine de froment, soit à la farine de blé noir. Ces derniers sont en forme de cœur. Évidemment je prend un de chaque, et vais manger tous ça sur la pelouse en face. Le pain est en effet génial. Quand aux gâteaux ils sont vraiment excellents tous les deux, pas trop sucrés, mais j’ai une légère préférence pour celui à la farine de froment. Mais c’est parce qu’il faut faire un choix.

    À gauche blé noir. À droite Froment.

    Arrivée à la pointe du van, c’est la pointe qui ferme la baie de Douarnenez. Entre cette pointe et la pointe du Raz, c’est la baie des Trépassés. Il y a de la brume, mais plus on se rapproche et plus il y en a. En fait, une poche de brume est coincée dans la baie, et s’échappe vers le haut lentement. Ambiance.

    Passée la baie, ça monte raide pour prendre un chemin jusqu’à la pointe du Raz. Arrivé au parking, seuls les piétons et les vélos peuvent continuer pour atteindre la pointe. Nous cyclistes on a une route pour nous tous seuls. Il y a toujours énormément de brume, mais elle semble vouloir se lever, un rayon de soleil éclaire faiblement le phare. Je crois que je n’ai jamais vu la pointe du Raz par beau temps. Et ce ne sera pas le cas aujourd’hui non plus. Mais c’est beau quand même.

    S’ensuit une longue descente sur la côte sud du Finistère. Après Plogoff, je longe une longue plage, magnifique, avec une eau magnifique transparente. On se croirait vraiment ailleurs.

    La plage de Loc’h

    Ça me donne envie de me baigner, et je regarde où je peux trouver un camping sur la côte, avant de rentrer dans les terres (je sais que je dois rentrer dans les terres à un moment, pour aller vers Pont l’abbé). Ce sera à Penhors. J’appelle et c’est bon.

    Arrivée à Audierne, pause pharmacie, pour remplacer le stock d’anti-inflammatoires. Oui depuis le premier jour j’ai mal au genou, j’ai donc pris des médicaments que m’a préconisé mon rhumatologue, j’ai même doublé la dose dans les côtes d’armor. Maintenant ça va mieux, je ne sens plus rien ou presque, mais je n’en ai presque plus, donc je dois en racheter.

    La sortie de Audierne est chaotique, montée et descentes raides, mais finalement ça s’adoucit, et la route devient presque plate. La côte s’est transformée, c’est maintenant une longue plage jusqu’à la pointe de Penmarch. Ça commence à sentir le sud!

    La plage de Penhors
  • La baie de Douarnenez

    Il y a des étapes marquantes, plus que d’autres. Celles que j’attends depuis la préparation de ce voyage. Et celle qui s’annonce aujourd’hui, c’est du solide. Jugez du peu :

    • le pont de Terenez sur la rivière Aulne
    • Le Menez Hom, point culminant de la Bretagne, 330m de haut
    • Les dunes de Sainte Anne la Palud
    • Locronan

    Le pont sur la rivière Aulne, c’est le souvenir de mes voyages en car les jours de tempête en rade de Brest. J’adore ce coin un peu perdu, sauvage, un peu marécageux aussi, et ses rivières qui se retrouvent presque à sec à marée basse. Le Menez Hom, je n’y suis jamais allé, mais le type au vélo vintage l’autre jour me l’a bien vendu. La plage de Sainte Anne la Palud, c’est là où j’ai fait ma première séance de planche dans les vagues, 2m de haut, j’étais tout seul à naviguer. Mes genoux s’en souviennent encore. Une copine directrice de colonie de vacances, où j’étais moniteur de ski, m’avait invité quelques jours chez elle. Grand souvenir. Elle s’appelait Isabelle. Elle avait un frère avec qui j’ai fait aussi une colonie de vacances, Alain. Il y avait aussi Gwénola, une autre monitrice. Locronan, c’est un village médiéval très joli, où se trouvait une pâtisserie qui faisait les meilleurs gâteaux bretons et kouign-amann que l’on puisse acheter au sud de la presqu’île de Crozon. C’est dire!

    Je démarre de mon camping, avec une très belle vue sur la rade, le soleil d’Est éclairant la rade mieux que hier soir.

    C’est une longue montée jusqu’au Menez Hom, mais du coup les 330m se font régulièrement a priori. Je fais quelques kilomètres et dans un virage, trouve un petit parking qui sera parfait pour un décollage du drone. Je veux faire des plans de la rade et de la rivière Aulne. Je décolle et découvre très vite le pont de Terenez sur la droite. Un pont suspendu, un peu perdu dans la nature. Assez impressionnant. Je suis satisfait et repars. Je passe le pont qui n’est pas rectiligne mais fait une douce courbe vers la droite, avec de petits dégagement pour les vélos pour passer les deux piles du pont.

    Ça continue de monter, et je me dis que ça va pas être si facile. J’abandonne définitivement l’idée d’aller dans la presqu’île de Crozon, j’avais un petit espoir, mais avec le retard accumulé, je ne peux pas me le permettre. Et même je me demande si je vais faire le Menez Hom! J’avance sans trop réfléchir, en reportant la décision au dernier moment. Par la route, depuis le camping, ça fait 471m de dénivelé, pour 16km. 3%. C’est pas le Tourmalet, mais ca commence à faire.

    Je passe Argol, m’arrête prendre un café, je suis déçu, j’attendais un beau petit village, ce n’est pas le cas. Je reprend la route et j’arrive à la bifurcation pour l’ascension du Menez-Hom. Je consulte la carte, il me reste 1,8km pour les derniers 100m de dénivelé. J’y crois pas! Tout à fait faisable! Ok, il y a des passages à 9%, mais ça ne dure que 1,8km.

    C’est parti et j’arrive, à mon rythme, au sommet. C’est grandiose. On voit non seulement la presqu’île, mais aussi la rade de Brest. Et même Brest. Il y a très peu de monde, peut être cinq personnes. La moitié de cyclistes. Je suis très content d’être venu. Presque fier d’être monté jusque là.

    Vue de la pointe Bretagne d’en haut du Menez-Hom. La mer à gauche avec la baie de Douarnenez, et la pointe du van, à droite la presqu’île de Crozon, et derrière, la rade Brest. On voit même l’agglomération de Brest.

    Ensuite c’est une longue descente vers Sainte Anne la Palud. Mais ce n’est pas si tranquille, d’abord parce qu’il y a de petites côtes bien raides de temps en temps, ensuite parce que les descentes sont bien raides aussi, et je suis debout sur les freins, surveillant chaque gravillon qui pourrait me jouer un sale tour.

    Enfin j’arrive sur la plage de Sainte Anne. Je suis surpris parce que j’étais sensé arriver par le haut des dunes, comme quand j’avais amené Nathalie ici. Mais non en fait j’arrive sur la plage. C’est apparemment un endroit prisé par les surfers maintenant. Et je remonte donc sur le haut des dunes. L’endroit n’a pas changé. La taille du camping sur la plage a grandit, mais pour le reste, c’est comme à l’époque. Juste un peu plus d’algues vertes. J’y ai fait ma première séance de planche à voile dans les vagues. Il y avait un vent de fou, des vagues de 2m, je ne plaisante pas, elles étaient plus hautes que moi. Je ressens encore l’accélération quand j’étais rattrapé par la vague et que je me mettais à surfer. Je n’avais jamais ressenti cette sensation là. J’étais tout seul à naviguer là, ces jours là. Je crois que je suis resté deux jours. Deux jours encore parfaitement présents dans mon esprit.

    Isabelle habitait une maison au dessus des dunes. On ne voyait pas la mer depuis la maison, sauf depuis la salle de bain au dernier étage, par une petite fenêtre, en se mettant sur la pointe des pieds. J’ai cherché cette maison, je crois l’avoir trouvé. C’est une maison blanche classique, avec les tours de fenêtres en granit. Et je me souviens d’un drôle de petit jardin devant la maison. Il n’y a pas de nom sur le portail, ni même à côté. Probablement le facteur connais tout le monde par cœur. Pas besoin de numéro, ni de nom. Il y a un type dans le jardin, que je ne reconnais pas. J’avance un peu, et avise une poubelle, mais il n’y a pas de nom sur l’autocollant apposé sur le couvercle. Mais j’avance encore un peu et vois une boite au lettres. Je vois le nom marqué mais je ne le reconnais pas. Probablement, la maison a été vendue, comme souvent lors d’un héritage. Dommage. J’aurais bien revu Isabelle, Isa comme on l’appelait. Qu’était elle devenue? Elle avait fait des études dans l’environnement, avait travaillé à la mairie de Rezé, au sud de Nantes, puis à Paris. Mais elle rêvait de pouvoir revenir dans sa région. Elle était assez grande, assez blonde. Avec un joli visage ovale aux pommettes saillantes et aux petits yeux bleus. Isabelle, si tu me lis, écris-moi!

    Direction Locronan. Alors Locronan, c’est d’abord un beau village de France, datant de l’époque médiévale, et connue pour le tissage du chanvre et du lin. Mais, à l’époque contemporaine, c’est un village où on trouvait des pâtisseries bretonnes à tomber par terre. Et donc les pâtisseries et crêperies se mélangeaient aux galeries d’artistes locaux et de peinture sur soie. Est ce que ça a changé? Et bien oui, aujourd’hui il n’y a que des pâtisseries et des crêperies. Et la pâtisserie Le Guillou, à côté de la crêperie Ty Coz, une référence, existe toujours. Je rentre et prends un assortiments que je tairai. Juste, le gâteau breton nature est un poil moins bon que dans mon souvenir, moins sableux. En revanche, le kouign-amann est génial.

    Direction maintenant Douarnenez. Je n’ai pas de souvenir dans cette ville, mais elle est assez mignonne en fait. Je vais dans un gros camping, Huttopia, qui se trouve sur le haut de la ville. J’arrive en sueur au sommet, et je fais pitié au gérant, qui me trouve un emplacement minuscule en haut au fond. J’accepte, mais c’est quand même limite. Ce soir ce sera lessive complète.

  • La mer d’Iroise

    C’est une journée en rade de Brest. Je vais revenir revoir cette ville où j’ai habité quand je travaillais à l’Ifremer.

    Je pars du camping (excellent) du Portez, et prend la route de Brest, directement. Sans passez par la plage du petit minou, où nous allions déjeuner et nous baigner parfois au déjeuner. Plage qui n’existe qu’à marée basse. Sans passer par la plage de Sainte Anne, juste en dessous de l’Ifremer, et qui semble méconnaissable. Non, directement à Brest. Depuis Sainte Marguerite, je ne suis plus mon itinéraire, je peux rouler sans guidage tellement je connais le coin. Et ça devrait être comme ça jusqu’au moulin blanc.

    Le camping de Portez, vue sur la baie du Trez-Hir

    Je passe par Recouvrance, le quartier n’a pour le coup pas changé. Le pont de recouvrance non plus, la rue de Siam non plus. Place de la liberté en grand travaux. La ville est déserte, probablement à cause des vacances. Je prend la rue Jean Jaurès, maintenant ces deux rues sont réservées à un tramway. La boulangerie où j’achèterais de très bonnes crêpes n’existe plus bien entendu. je vais voir le quartier Saint Martin, là où il y avait un bar musical où nous avons passés pas mal de temps. Il passait tout types de musiques dans ce bar, du breton, du Rock, du blues, du jazz parfois. Des mélanges aussi. L’autre attraction était le Vauban, qui lui était dédié au jazz, et où j’ai découvert un paquet de pointures. Peut être la plus grosse claque fut le trio de Joachim Kuhn, avec Daniel Humair, et Jean-Francois Jenny-Clark! Et Eddie Louis. Et puis il y avait le Quartz, avec une programmation de fou, John McLaughlin, Trilok Gurtu, Angelin Preljocaj, Louis Sclavis, Carolyn Carlson,…

    La rue Vauban dans le quartier de recouvrance. J’habitais un studio sous le toit dans un de ces immeubles

    L’église Saint Martin n’a pas bougé, mais en revanche, je n’arrive plus à passer la chaîne sur le grand plateau, c’est bizarre. Je m’arrête, regarde, le dérailleur avant bouge, ce n’est pas normal. Je regarde de plus près, et vois une fissure dans le dérailleur. Pas de doute, le dérailleur a cassé. C’est vrai que le dernier changement de vitesse avait été difficile, ça avait un peu craqué. Alors nous sommes samedi 16 août. Brest est vide, donc il est fort possible que les magasins de vélos soient fermés. Un petit coup d’œil sur les magasins, j’avise un magasin Culture vélo au nord de Brest. J’appelle, ça ne répond pas. Je décide de m’y rendre. Étonnamment, je suis extrêmement calme. C’est vrai que c’est moins grave que la patte de dérailleur, ça ne m’empêche pas de rouler. Je vais au magasin, qui est fermé quand j’arrive. C’est l’heure de déjeuner, donc il est possible que ce soit juste fermé à ce moment. Je vais moi même déjeuner dans un Wok à volonté juste en face. Je reviens à 14h pétantes et je vois des lumières allumées à l’intérieur. C’est ouvert! Le type me dit qu’il n’y a pas de problème pour changer le dérailleur. Il va quand même vérifier le stock. Et il revient en disant qu’ils n’ont pas le modèle. Il faut allez voir dans un autre magasin, à Quimper.

    Manque de chance, j’espérais vraiment qu’ils allaient me le changer. Le gars me demande si j’ai regardé les autres magasins à Brest, je lui dit que je n’en ait pas vu d’autres. Il me cite un magasin Cyclexperts, a un kilomètre. J’appelle illico, c’est ouvert, et ils ont un dérailleur compatible Shimano 105 11 vitesses. Houra! je me rend au magasin qui est en effet très proche. C’est un super magasin de vélo, avec de belles marques. Mais je vais vous épargner la liste…

    Bref, ils me changent le dérailleur et je repars avec seulement 1h30 perdues. Je m’en tire bien. Très bien.

    Un nouveau dérailleur avant

    Je reprends ma route, pour le fond de la rade. Direction d’abord le port du moulin blanc. Puis le pont Albert Louppe. C est un pont au dessus de l’Elorn, qui est réservé maintenant aux piétons et aux vélos, car il y a maintenant un nouveau pont suspendu pour les voitures. Vue admirable sur la rade de Brest, et la sortie vers la pleine mer, fermée au sud par la pointe des espagnols, et au nord par la pointe Saint-Mathieu. C’est par là que entrent et sortent nos sous-marins nucléaires, la force de dissuasion française.

    Il fait très chaud, et ça grimpe fort jusqu’à Plougastel. Le village est désert quand j’arrive, mais il y a une supérette ouverte. J’achète deux sodas, trois pêches plates. Et une barquette de fraise de Plougastel! Je mange tout ça sur la place juste devant. Elles sont très bonnes, quand bien même ce n’est plus la saison. Et je suis content d’en trouver encore.

    Les véritables fraises de Plougastel

    Il fait 34° à l’affichage de la pharmacie. C’est limite, passé 35°, je commence à avoir trop chaud à vélo. Heureusement je m’enfonce dans le fond de la rade, qui est très boisée. Néanmoins c’est assez pauvre en villages, il y a une ambiance particulière, que j’aime bien. Un certain retour en arrière, avec quelques fermes de temps en temps. Et des vues sur la rade magnifiques. Je suis à la recherche d’un camping, et il n’y en a quasiment pas. À force de chercher, je tombe sur un camping qui a l’air un peu perdu, mais pas très loin de mon itinéraire, le camping du Seillou, en face de Landévénec. J’appelle, le type me dit qu’il est ravi d’accueillir les randonneurs et les cyclistes, qu’il y a de la place, et que je peux m’installer où je veux si j’arrive après la fermeture de l’accueil. Adorable. Maintenant que je suis rassuré pour mon camping, je peux profiter de la visite de l’abbaye de Daoulas, que je n’ai jamais visité. Ou plutôt de son jardin, car c’est en fait plutôt un lieu d’exposition, sur le thème des îles en ce moment. Et il y a un jardin, petit, mais très joli, dédié aux plantes médicinales. Il y a aussi un cloître roman. Le vieux village, minuscule, est très joli aussi.

    Redémarrage en direction de l’Hôpital-Camfrout. J’avais un ami dont la famille avait racheté un petit hameau en ruine, et l’avait réhabilité. J’y avais passé un week-end. Et puis ensuite Le Faou. Le village du Faou est très joli, plus encore que dans mon souvenir. C’est vraiment le fond de la rade de Brest ici. Et un des villages du Parc Naturel Régional d’Armorique. Quand je faisais mon service militaire à l’Ecole Navale, à Lanveoc-Poulmic sur la presqu’île de Crozon, je prenais le bateau le matin pour aller travailler à Brest à L’Ifremer. Il n’y avait que des femmes, je supposais des femmes de militaires, qui allaient faire des courses, voir leurs amis, leurs amants? Je fantasmais pas mal sur ces femmes. L’Ecole Navale a un statut particulier pour les militaires, qui sont considérés comme embarqués, alors qu’ils sont en poste à terre. C’est le seul site comme cela. Donc ils touchent un meilleur salaire, ils ont des permissions plus longues. Mais il n’empêche que certains m’ont avoué s’ennuyer ferme, et préféreraient être réellement sur un bateau. À naviguer en mer.

    Quand le vent était trop fort pour traverser la rade en bateau, qu’il y avait trop de mer, il y avait des cars de remplacement qui n’avaient d’autre choix que de passer par là, le fond de la rade. J’adorais ce trajet. C’est tellement beau.

    J’arrive épuisé au camping, qui est complètement perdu dans la campagne. Du coup l’accueil est bien sûr fermé. Je m’installe donc, le terrain est immense, il y a en fait très peu de monde comparé à la taille du camping, et, privilège, donne sur la rade, juste en face de l’ancienne abbaye de Saint-Guénolé à Landévénec. Installation, douche, juste à temps pour dîner de ce qu’il me reste de nourriture. Comme tous les campeurs, qui sont installés dans des chaises longues pour assister au spectacle du coucher de soleil sur la rade. Dans un calme absolu. Un très beau moment.

    Coucher de soleil sur la rade de Brest
  • La côte des légendes #2

    Il fallait deux étapes pour cette côte. C’est la côte que je préfère en Bretagne. Peut être celle que je connais le mieux aussi. Celle à j’allais faire de la planche à voile quand je travaillais à l’Ifremer. C’était une époque quand même bénie pour moi. Je suis arrivé en DEA (équivalent Master2), en stage, j’y suis resté pour mon service militaire, à l’école navale où j’étais professeur de mécanique des solides, grâce à l’Ifremer, qui m’a créé un poste de scientifique du contingent en collaboration avec l’école navale. J’ai quand même eu une énorme chance. Et puis j’ai enchaîné avec une thèse de doctorat financée par l’Ifremer, à propos de l’amortissement des vibrations dans les matériaux composites verre-epoxy. Quand j’y pense, c’est quand même drôle, parce que ces matériaux sont des matériaux très rigides, et qui amortissent très peu les vibrations. Un comble quand même d’aller mesurer leur capacité à amortir les vibrations. Enfin, ça m’a occupé en tout 5 ans avec des périodes à Paris et des périodes à Brest. Et ça m’a permis de découvrir cette côte nord (on l’appelait comme ça).

    C’était la période du Minitel. Il y avait un service météo France, qui annonçait donnait les prévisions de vents. Vers 11h, on s’agglutinaient devant le terminal. On composait le 3615 météo (probablement), et il y avait une carte qui se dessinait sur l’écran avec des petits rectangles. Je pense que la définition devait être de 100×100, maximum. Mais ça marchait. Ça donnait la force et la direction du vent, en noeuds, dans les stations météo de la côte. S’il y avait plus de 15 noeuds, on décidait de prendre notre après midi. Vers midi, on partait, on allait à la maison charger le material dans la voiture, on passait prendre un sandwich, et on partait. À peu près 30-45 minutes dans mon souvenir. On arrivait, on estimait la force du vent, on choisissait la voile appropriée, et on partait naviguer, toute l’après midi. On rentrait complètement lessive, au sens propre, par la force des éléments, le vent, les vagues, le soleil, le froid aussi. Je me souviens de cette sensation, dans la voiture, au retour vers Brest, d’être lavé de tout. D’être complètement neuf. « Bon! ».

    Bon, ce n’était pas tous les jours non plus! Et on allait travailler le week-end pour récupérer. Non, on était sérieux.

    Départ de Sainte Marguerite après une petite session d’observation des nouveaux adeptes des engins de plage, kite surf, wing foil, et encore quelque planches à voile. Mais le vent est d’Est, de terre, donc ce n’est pas très sérieux de naviguer ici, avec cette direction du vent. Nous , on ne faisait pas ça. Avec ce vent là, on serait allé à Tréompan. Pour avoir un vent qui nous ramène vers la terre en cas de problème, de casse matériel en particulier. Donc direction Tréompan. Ou Lampaul-Ploudalmézeau. Je ressort des dunes, je m’aperçois qu’il y a pas mal de maisons construites ici maintenant. À l’époque c’était beaucoup plus sauvage.

    Le vent souffle très fort, ça moutonne sur l’Aber Wrac’h. Je prend la route pour sortir de la presqu’île, jusqu’à rejoindre la route vers Treglonou, puis Saint Pabu. Là, c’est plutôt vent dans le dos, donc je file. J’emprunte de petite routes, mais j’arrive assez vite à Lampol-Ploudal. Il y a une tonne de gens qui naviguent. Avec tous les engins actuels. Je regarde ce spectacle, qui me replonge dans cette époque. Les gestes n’ont pas changés, les allures non plus. Les gens remontent vers la dune une fois qu’ils ont navigué, exténués, ébouriffés. À mi-pente, ils se retournent pour admirer le spectacle. Avec des pensées contradictoires. J’y retourne! C’était trop bon!

    Je quitte Tréompan et me dirige vers Portsall. C’est un petit port, à l’ouest, où on allait boire un coup après l’effort. C’est au large de Portsall que s’est échoué l’Amoco Cadix. Cette tragédie a touché tous les français, les images étaient terribles, c’était la première marée noire d’ampleur en France. Mais pour les gens du coin, c’était encore plus terrible. Ces splendides plages et dunes étaient ravagées. Les oiseaux…

    Pour fêter mon retour ici, et la disparition du pétrole, je m’offre une douzaine d’huîtres. À cette heure, mi après-midi, c’est tout ce qu’ils peuvent me servir. Mais c’est juste parfait. j’adore les huîtres.

    Je quitte maintenant ce coin pour me diriger vers la pointe Saint Mathieu. C’est une des pointes emblématiques de Bretagne. Avec une abbaye abandonnée. Je traverse les villages, d’abord sur la côte, Argenton, Porspoder, Lanildut, puis à l’intérieur, Plouarzel, Ploumoguer. J’évite le Conquet, avec la plage des blancs sablons, où j’ai fait quelques footings avec Marc. Je vous conseille cette plage, une des plus belles plages que je connaisse.

    J’ai contacté un camping, je dois arriver avant 19:30. Mais le vent s’est d’est est vraiment fort, et ça va être difficile. J’arrive à la pointe Saint Mathieu, enfin. Mais ça a bien changé. C’était à l’époque assez sauvage, l’abbaye, le phare et c’est tout. Maintenant il y a un village, avec hôtel, restaurants, et touristes. C’est différent. On voit assez bien au loin, les îles Molène, et même Ouessant.

    La pointe Saint Mathieu, et les îles au large. Molène, Ouessant

    Je reprend ma route, mais là le vent d’est est pile de face, et c’est avec toutes mes dernières forces que j’arrive à la plage de Portez. J’ai dû éviter Plougonvelin, où j’ai habité en collocation, le Trez Hir, la station balnéaire de Brest déjà à l’époque, je n’ose imaginer ce que c’est devenu.

    J’arrive au camping à 19:45. L’accueil semble fermé, mais un type sort du bâtiment d’accueil et me dit que le camping est complet. Je discute et lui propose de m’installer sur un grand emplacement déjà occupé, mais de le partager. Il me dit pourquoi pas, et m’indique l’espace pour les randonneurs, « la forêt ». L’espace est très grand et il n’y a que quelques tentes. Mais on peut y mettre le double. Je ne comprends pas, est ce du cinéma, ou bien? Peu importe, je m’installe, avec une très belle vue sur la baie du Trez Hir. C’est ça qui compte à la fin.

  • La côtes des légendes #1

    Wah ça claque! La côte des légendes! Ça se trouve entre Plouescat et Le Conquet. C’est la côte que j’ai fréquenté quand j’habitais Brest, à l’époque où j’étais fondu de planche à voile. Les dunes de Sainte Marguerite, par vent de sud ouest, et les dunes de Tréompan, par vent de nord ouest.

    Je quitte Santec, le temps est gris, mais ça roule vite! L’impression d’enfiler les kilomètres. Le relief est maintenant plus facile. Et puis je suis reposé. J’ai refait mon itinéraire, et fait quelques coupes. Mais pour l’instant je reste sur la côte. D’ailleurs elle a changé. Elle devient moins rocheuse, moins escarpée, elle laisse plus de place à de longues plages de sable. Les dunes, absentes en côtes d’armor, font leur apparition.

    Avec l’apparition des dunes, l’apparition du soleil. Grand beau maintenant. Mais surtout ça roule! Quelle journée! En très peu de temps, je suis à Plouescat, j’enchaîne avec les dunes de Keremma, splendide point de vue. Je passe la très belle anse de Goulven, et je remonte vers Brignogan plages. En bord de route arrive un bike-cafe. Ou bistrot vélo. Avec terrasse. Ca s’appelle « La fille de la côte ». Alléchant. Il est l’heure de déjeuner donc ça tombe très bien. Le bistrot est tenu par une fille et un garçon. J’entre et demande qui est la fille d’à côté. Je me reprend, la fille de la côte. La fille me répond qu’elle n’est pas là. En fait j’apprendrai que la fille qui est là, est la mère de la fille de la côte. Vous me suivez? En discutant avec la mère, j’apprendrai que ce bistrot a une raison d’être, voire plusieurs. Je décide de déjeuner ici, je suis super bien en face de l’anse de Goulven. Avant de partir, je fais un interview de la mère (à paraître dans le film de ce voyage sur la chaîne Velibre!). Nous continuons notre discussion sur la fermeture des magasins, l’intelligence artificielle qui va remplacer les commerçants. Je ne suis pas d’accord, mais elle a des arguments.

    Départ pour une après midi au bord des plages, jusqu’aux dunes de Sainte Marguerite. Brignogan, le petit village de Ménéham, abandonné dans les années 90, puis réhabilité et réouvert en musée. Je longe toute la côte, puis reviens vers Guisseny.

    Je roule vers Plouguernau, je traverse l’Aber Wrac’h. J’adore cette rivière. Elle a un nom si sauvage, qui sonne comme un crachat. Et pourtant elle est d’une beauté si tranquille, avec ses nombreux méandres.

    La région des Abers est plus vallonnée. Les derniers kilomètres sont plus difficiles, bien que ce soit en général, une longue descente depuis Lannilis, et surtout Landeda, en direction des dunes. Arrivée au camping, car maintenant il y a un immense camping. Sur les dunes. Je pensais qu’il fallait les protéger… Ils me trouvent un emplacement minuscule dans un coin du camping. Montage rapide de la tente. Je prend le chemin qui va à la plage, je pense que c’est le même que l’on prenait avec notre matériel de planche. Maintenant, il traverse le camping… j’arrive sur la plage, en cette fin de journée il reste encore quelques personnes. Le site est toujours exceptionnel. Rien n’a changé. Il y a toujours le banc de sable au milieu, visible seulement à marée basse, mais qui rend l’eau turquoise à mi-marée. Elle est encore plus turquoise en cette fin de journée, à quasiment marée haute. Et puis les rochers au loin. Un paradis pour les méditatifs. Ce soir ce sera baignade !

  • Pause voyage à Santec

    J’ai passé deux jours chez Pascal et Irma, et le papa de Pascal. Irma est la nounou de mes enfants, qu’elle a gardé quand Juliette est née, jusqu’à… je ne sais plus! Et puis nous sommes restés amis, bien qu’on ne se voit que rarement. Ça fait du bien de revenir chez eux, enfin, chez le père de Pascal, qui a acheté cette maison à Santec, tout près de Roscoff, il y a de nombreuses années, et qu’il a restaurée. Et agrandie. J’étais venu avec Nathalie, les enfants, en 1998, m’a rappelé Irma. Je me souviens de la vue de leur maison. En effet, cette maison a une vue incroyable sur la baie de Roscoff. Une des plus belles vues de Santec paraît il. Aucune photo ne peux rendre cette vue.

    Je vais passer une journée ici, avec pas mal de repos, et de recharge de batteries en tout genre. L’occasion aussi de rencontrer le père de Pascal que je ne connaissais pas. Quelques visites à Roscoff voisin, et à la plage du Dossen. Et puis une marche jusqu’à Roscoff avec Pascal à travers champ. Où il me raconte l’histoire de la région.

    Merci à vous Irma et Pascal pour cette très agréable pause dans mon voyage. Et à bientôt!

  • La ceinture dorée

    Je suis maintenant dans le Finistère. Un peu d’hésitation dans ce voyage : est ce que je me dépêche d’aller à Roscoff ou bien je prends mon temps et profite encore un peu de cette côte plus tout à fait d’armor, mais pas encore tout à fait des légendes? C’est la Ceinture Dorée. Une zone de bord de mer au climat plutôt doux, et aux sols assez riches et donc propices à l’agriculture. D’où la production d’oignons, de choux fleur, d’artichauts, et de pas mal d’autres productions légumières. Je choisis de prendre mon temps. J’évite la grosse station Loquirec, et rejoins la côte vers Plougasnou, puis Primel-Trégastel. Et puis je descend vers Morlaix. Je m’arrête à dans un petit village nommé Plouezoc’h, parce qu’il y a une église assez marrante, Saint Étienne de Plouezoc’h, avec des petites colonnes étranges pour une église bretonne, à l’entrée du porche sur la façade. Il y a aussi une élévation à droite du clocher avec un toit en forme de dôme. Je rentre à l’intérieur et découvre une nef au plafond recouvert de bois, et peint en bleu profond comme une voûte étoilée. On retrouve souvent ce genre de plafond en bois point dans les églises bretonnes.

    Je ressort et voit un voyageur à vélo qui s’est arrêté aussi, et je me demande s’il me regarde ou s’il regarde l’église. Il a une étrange allure. 70 ans environ, il semble me regarder mais ne pas oser m’aborder. Je l’aborde avec la traditionnelle sur le voyage. Il fait le tour de la Bretagne, il est parti du mont saint Michel. C’est la troisième fois qu’il le fait! L’année dernière c’était avec sa femme qui a voulu le faire aussi et ils ont eu trois semaines de pluie. C’est un voyageur à l’ancienne. Pas de GPS, il navigue à la carte et en s’arrêtant chez les gens pour demander son chemin. Juste un téléphone, pour donner des nouvelles le soir. Son vélo et son équipement sont aussi d’une autre époque. Vélo de course en acier, sacoches arrières très usées… pas de doute c’est un passionné de voyage à vélo. Il va descendre en dessous de Morlaix pour voir des enclos paroissiaux. Il habite Grenoble, une fois qu’il a fini le tour de Bretagne, il prend la Loire à vélo, et retourne à la maison à Grenoble à vélo. Je suis admiratif.

    Un vrai vélo de voyageur. Le voyage à vélo c’est simple.

    Je continue vers Morlaix. J’aime cette ville, je ne sais pas pourquoi. Je n’ai pas eu de petite amie ici, je ne suis même pas venu souvent ici, c’est bizarre. Je prend le long de la rivière de Morlaix qui est quasiment à sec. Elle est très envasée. Mais c’est beau quand même. Arrivée dans Morlaix, ballade dans le centre, je découvre des escaliers dont les marches sont évidées pour laisser passer l’eau de ruissellement. Petit tour au décathlon, mais je ne trouve pas ce que je cherche, donc direction Roscoff, par l’autre rive de la rivière.

    Descente de la rivière vers la mer, la marée est montée entre temps, et la rivière est pleine. Je découvre qu’il y a une écluse à la sortie de la ville, qui permet au port de rester en eaux. la baie de Carantec, à la sortie de la rivière, est immense. C’est sympa de voir cette baie, vide, puis, remplie. Deux facettes de la même pièce. Deux faces de la même personne. Shiva et Brahma.

    Cette nuit, c’est camping à la ferme. Enfin une sorte de camping, dans des champs. Le propriétaire est agriculteur, évidemment je suis dans la ceinture dorée. Il a converti certains champs en emplacements. C’est à la bonne franquette, ça change et ça donne sur la baie de Carantec. Une ambiance de maison bleue. Je dîne en face d’une famille italienne, je suis au spectacle. Demain, Carantec, Saint pol de Léon, Roscoff, Santec, et mes amis Irma et Pascal. Une halte en perspective.

    Le camping des Hortensias, près de Carantec
  • Le granit rose

    Sur le papier, c’est l’étape reine des Côtes-d’Armor. Perros Guirrec, Ploumanac’h, Trégastel, Trébeurden. La côte de granit rose. Le quatuor magique. Auquel j’ajoute l’Ile Grande que j’ai découvert en parcourant la carte satellite. Une région que je ne connais pas, mais qui est renommée.

    Le problème, c’est qu’il y a eu l’étape précédente, avec Bréhat, qui a mis la barre très très haut. Alors?

    Je n’irai pas par quatre chemins, Perros Guirrec m’a déçu. La ville. Je m’attendais à un petit port, c’est une vrai ville, et en été une grosse station balnéaire. Peut être même LA station balnéaire des côtes d’armor. Avec annonce des festivités du jour par porte voix juché sur le toit d’une voiture, à l’ancienne. En fait il y a deux villes. Une qui est tournée vers l’intérieur, vers la baie, qui est impressionnante (les dimensions, toujours). Et puis il y a la station, avec la plage de Trestaou, qui n’a pas d’intérêt à mon goût. Mais il y a aussi la pointe, avec la plage de Trestiguel, qui m’a l’air très belle mais je n’ai pas eu le temps d’y aller. Peut-être faut il revenir avant de donner un avis définitif.

    Ploumanac’h. Joli. Une affiche à l’entrée annonce « le village préféré des français » en 2015. Diable! Comme ils y vont! Le village n’est pas vilain mais un peu trop fréquenté à mon goût. La plage en revanche, et la côte, est splendide. Il faut en fait sortir du village à pied et aller se promener sur les rochers. Il y a une petite baie aussi, le port, très mignon.

    Trégastel. Alors là, c’est le grand spectacle. Il y a plusieurs plages, la première, la moins fréquentée, la plus sauvage, la plage de Tourony. Avec une baraque à huîtres (une seule) sur la plage, Chez Martine. Et puis il y a la plage du Coz-Pors, avec ses énormes rochers posés sur d’autres rochers, au milieu de la plage de sable. Mais il y a plein d’autres plages à voir à Trégastel, surtout à marée basse, il faut avancer sur les rochers, pour en découvrir d’autres. J’ai eu un coup de cœur pour Trégastel.

    Île Grande. Pas connue, on se demande pourquoi. Demain lundi c’est les grandes marées d’août. Et la baie Keryvon est complètement à sec. Ici, c’est une zone immense, ultra plate, coincée entre l’île grande et Landrellec. Donc à marée basse, par grande marée, c’est complètement à sec.

    Ce faisait un moment que j’avais un problème avec ma cale de chaussure droite, je n’arrivais pas bien à clipser. Je m’arrête et m’aperçois qu’elle était en train de se dévisser. Je resserre le tout, regarde la carte et m’aperçois que je suis juste à l’embranchement pour l’île grande. J’ai failli la rater, car la baie étant à sec, je n’avais pas été subjugué par le paysage. Je prends donc la rue de l’île grande (ça ne s’invente pas), et avance jusqu’au bout, jusqu’à la plage de Pors-Gelen. C’est la zone de sortie de la baie. Mais il y a très peu d’eau encore. Des bancs de sables se sont formés et donnent à l’eau tantôt une belle couleur émeraude, tantôt un bleu plus foncé. Le paysage est un mélange de sable et de roche. C’est sublime. On ne s’y est pas trompé, il y a un club nautique et des amateurs d’engins nautiques en tous genres. Ils s’adonnent à la vitesse au milieu de ce paysage d’ailleurs. Très très beau!

    J’en ai plein les yeux, et je fais donc l’impasse sur Trébeurden. Je file maintenant vers Ploemeur Bodou (la côte pour y arriver!) puis Lannion (la côte pour la quitter!). Je décide d’aller camper dans la baie de Saint-Efflam. Très bon camping, tout proche de la plage, très belle et grande plage, et j’en profite pour aller me baigner, dans le vagues formées par un vent soutenu toute la journée. Une étape au sommet, qui se fini avec une crêpe sur la plage. Complète andouille bien sûr.

  • Une journée bien remplie

    Lever vers 8:30 comme d’habitude. J’aurais voulu me lever plus tôt, mais c’est comme ça. La température la nuit est parfaite, autour de 15 degrés, c’est parfait pour la nuit en duvet.

    Rangement sommaire de la tente, et départ pour la visite de l’île, vol de drone, avant que les touristes n’arrive par bateau. On m’a dit que j’avais jusqu’à 10h.

    Vol de drone simple, pas la peine de se casser la tête, c’est de toutes façons sublime. Puis petit tour de l’île sud, l’île nord m’a moins convaincu hier, plus sauvage, ou plutôt moins urbanisée. Je vers plus vers l’est qu’hier, c’est vraiment tres beau. Le soleil montant dans le ciel, les couleurs des rochers changent très vite, c’est étonnant.

    Les touristes commencent à arriver en effet vers 10h30. Je me replis un peu vers le bourg. J’arrive sur la place et j’ai envie de prendre un verre, humer l’ambiance.

    Il y a beaucoup de monde, et il y a deux cafés avec terrasse. Il n’y a pas de place à l’ombre, donc je m’installe sur un banc en pierre et j’attends ma commande. Elle tarde vraiment, même si je prends plaisir à observer les personnes qui se croise sur cette place de village. Je vais voir la très jeune serveuse, et m’enquière de ma commande. Elle a été oubliée évidemment. Je vais m’assoir de nouveau. Une femme viens alors vers moi et s’assoit à côté de moi. Elle me demande si j’attends quelqu’un. Non. Elle est italienne, de Roma. Sa belle fille, Léa, qui a une maison sur l’île, l’a invitée à passer quelques jours. Elle trouve ça gentil. Je n’ai pas bien compris si elle attends quelqu’un ou pas. Son fils a deux enfants, de deux mariages différents. L’aîné a 5 ans, l’autre a 7 mois. Elle s’appelle Johanna (ou Giovanna?). Elle a étudié le Français à l’école, et donc elle est plus à l’aise pour parler le Français que moi l’italien. Et puis elle pense que c’est plus facile de se jeter sur le français quand on est italien, que l’inverse. Comme Alberto Sordi. Je ne suis pas sûr de comprendre la référence. La véhémence d’Albertine Sordi? Mais c’était une rencontre sympa.

    Déjeuner d’une très bonne galette andouille oignon pommes. Retour au campement, je ne suis pas super en avance, donc je me dépêche de plier mes affaires. J’ai eu une petite hésitation de rester une nuit de plus, mais je me suis dit que ce n’était pas la bonne saison, trop de monde. Mon voisin, belge de Bruxelles, vient me parler pendant ce temps. Ils sont deux hommes, ils voyagent à vélo aussi. Ils n’ont pas de plan de voyage, et je lui dit que je trouve que c’est un plan génial de na pas avoir de plan. On échange un peu sur le voyage à vélo, le voyage en train, bien sûr je lui vante les houses que Valerie a confectionné, et c’est en toute honnêteté car je ne pense plus que voyager en train en Europe. Il m’offre un cafe, et j’ai juste le temps de le boire avant de partir prendre le bateau.

    Le terrain de camping de Bréhat.

    J’accompagne un couple avec deux petits enfants, et un paquetage à base de charette remplie jusqu’en haut, et des objets posés par dessus, le tout tenu avec un vélo d’enfant sanglé sur la remorque. Impressionnant. La charette est tirée par le père avec un vélo électrique fort heureusement. Nous arrivons à la cale Nº3, car la mer est basse donc le bateau ne peut aborder plus haut. Le temps est sublime, et on pourrait se demander où nous sommes. Départ du bateau, quelque photos, et c’est fini. C’était une belle parenthèse dans ce voyage.

    Arrivée sur le continent, et départ pour Perros Guirrec. Toute l’après midi sera un pur bonheur, de rouler sur les petites routes du Trégor, au milieu des champs. Avec une mention spéciale pour Tréguier, au bord de la rivière du même nom.

    Arrivée au camping à Perros Guirec très tard mais il reste une place. Je crois que c’est la plus belle journée du voyage. Pour Bréhat bien sûr, mais aussi pour l’après midi à rouler au milieu des champs.

    Grosse ambiance à Perros Guirrec, avec un gros concert. Je me fais un vrai restaurant pour fêter cette étape mémorable. Demain l’étape reine des Côtes d’Armor…

  • J’improvise, je m’adapte.

    Aujourd’hui aussi c’est journée de repos, enfin une demi journée. J’ai décidé de faire deux demi journée de repos, pour reprendre un peu de forces. Je suis depuis le Mont Saint Michel la VéloMaritime, une vélo route qui va jusqu’à Morlaix. Et comme me disaient des gens croisés quelque jours auparavant, elle est casse-pattes. il y a tout le temps des montées et depuis deux jours j’en ai fait quelques unes à pied. Oh elle ne sont pas bien longues, 1,5km tout au plus, mais le pourcentage est élevé, au moins du 8%, voir plus, et on en enchaîne pas mal, car on descend assez souvent en bord de mer, puis on remonte, et ça recommence. À la fin de la journée, en cumulé, on a gravit un col.

    Il a plu cette nuit, la tente est mouillée de mille gouttes, le vent m’a un peu réveillé, mais à visiblement dérangé mon voisin, qui se réveille avec un bon mal de crâne. Probablement plutôt un coup de chaud hier et une petite déshydratation. Je le dépanne d’un paracetamol. Il est de Saint Étienne. Il fait le GR34 en randonnée, mais dans le même sens que moi. Je lui conseille de prendre un peu de repos. Il a rencontré une fille en chemin et ils marchent ensemble.

    Je suis le dernier à quitter l’emplacement. Donc aujourd’hui je fais une demi étape comme hier, je vais jusqu’à Paimpol, et puis encore un peu plus, on verra bien. Également, je quitte la Velo maritime et je prend la départementale D786 qui va jusqu’à Paimpol. C’est l’heure des grandes décisions.

    Je suis content ça roule bien, c’est plat, c’est exactement ce qu’il me faut. Les panneaux, répétés, « routes des falaises » me laissent supposer que je suis en train de rater quelque chose, mais je tiens bon. Je passe à Plouezec, arrêt buffet. Pause. Le temps est très gris aujourd’hui, ça ne donne pas un moral d’acier. Ma météo annonce du soleil pour 19h.

    J’arrive à Paimpol, il y a une ambiance de bout du monde. Du genre, après la terre il y a la mer, à l’infini. Ça change vite car ce week-end c’est le festival du chant de marins. Il y a un monde dingue. C’est difficile de trouver mon chemin, car le port est bloqué pour le festival, et tout le port est occupé de vieux gréments. Je dois donc contourner. Je regarde une des affiches, et m’aperçois qu’il y a des pointures cette année. Alan Styvell (bon une vieille pointure), Miossec, Ayo, Émilie Loizeau, et bien d’autres. Incroyable. Bon il y a aussi une immense majorité de groupe de musique bretonne. Mais à la fin ça fait un gros festival.

    Ça complique mes affaires. Il ne va pas être possible de rester ici, trop de monde. Il me vient alors l’idée d’aller voir du côté de l’île de Bréhat. c’est juste au dessus, et je m’aperçois qu’il y a des bateaux qui permettent d’aller visiter l’île dans la journée. Il y a deux camping dans le coin de l’embarcadère. Je vais tenter ma chance. J’arrive à L’Arcouest, mais les deux camping sont complets, même pour une petite tente. Je me dis que je vais tenter le camping municipal de Bréhat. Ça va être complet aussi, mais je n’ai rien à perdre.

    Bréhat pour moi, c’est une île de nantis de bonne famille, assez inaccessible. Il y a même un quota de 5000 personnes maximum sur l’île en même temps. Je suis même surpris qu’il y ait un camping. J’ai entendu parler de cette île la première fois par mon ami de Lycée Emmanuel Laurent. Il faisait de la voile sur l’île et ne faisait que parler de Bréhat. Nous étions tous les deux en première, au fond de la classe, et on passait notre temps à dessiner des bateaux et des planches à voile. Nous étions fondu de planche à voile à l’époque. Et on ne pensait qu’à ça. Et il me racontait qu’à Bréhat, il y avait plein de rochers, qu’il était difficile de naviguer au milieu, avec la marée comme élément perturbateur supplémentaire, faisant que la hauteur d’eau pouvait descendre beaucoup. Pas assez pour complètement découvrir les rochers, mais suffisamment pour stopper les bateaux au équipages peu expérimentés.

    Je prends la route de l’embarcadère, qui finit par une longue descente vers les départs de bateaux, et qui domine l’île. Un spectacle incroyable. Plein de petits îlots partout, de toutes tailles, à perte de vue. Je dois me concentrer sur ma conduite tellement je suis happé par le spectacle.

    J’appelle le camping, je tombe sur un répondeur, qui dit que pour les campeurs en tente, il n’y a pas de réservation, il faut s’installer et revenir à l’accueil s’enregistrer. Étrange. Ça me paraît un peu libertaire pour le lieu. Au pire ce sera plein, je ferai du bivouac, ici ou ailleurs c’est pareil. Je vais prendre mon billet, et l’employée me confirme qu’il n’y a pas de réservation pour le camping. Elle me donne de très bons conseils pour visiter et me donne mon billet. Amusant le billet pour le vélo est plus cher que pour le passager.

    Incroyable. Me voilà avec un billet aller retour pour cet archipel aux milles îlots! Je suis hyper excité tout d’un coup.

    Nous sommes trois personnes à prendre le bateau avec des vélos. Il y a deux companies, j’ai pris sans faire attention le plus petit bateau, nettement plus petit. Il y a de toutes façons peu de monde, j’imagine que pas mal de monde est allé au festival à Paimpol. Nous sommes dans le courant inverse!

    La traversée dure dix minutes. 5 pour arriver au camping. Le terrain est très grand, assez en pente et il y a assez peu de tentes. Je choisis une parcelle qui a une vue magnifique sur les îlots. Installation de la tente, puis je m’installe à une table en bois en attendant que mes appareils rechargent. Un type me rejoint et s’installe aussi et on commence à discuter. Ça fait trente ans qu’il vient ici, toujours trois semaines. Il vient avec ses enfants et ils pêchent. J’apprends que les bars et les daurades reviennent quelques jours avant les grandes marées, donc ce week-end. Il me conseille d’aller voir le coucher de soleil à la croix de Maudez. Il est environ 19h, et le soleil fait une apparition timide, après une journée très grise. Avec ce temps le coucher de soleil devrait être exceptionnel.

    Je pars à vélo, l’île fait deux kilomètres de haut, donc ça va assez vite. Je me dirige directement au phare du Paon, au nord, c’est désert à cette heure là. En fait un y a deux îles reliées par un tout petit pont. Les rochers autour du phare sont ocrés, plutôt que roses, je trouve. Malheureusement la lumière n’est pas terrible, ça doit être magnifique quand ils sont bien éclairés. C’est déjà très beau alors que le ciel blanc ne favorise pas les contraste.

    Mais le soleil est de plus en plus présent, et je me dirige vers la croix comme conseillé par le type du camping. Je m’arrête au carrefour city dans le bourg, j’achète de quoi dîner et je cherche un endroit à l’ouest, dégage pour observer le coucher de soleil. Le ciel est maintenant pommelé de nuage, qui forment des grappes arrangées en forme de triangle. Il y a aussi des bandes plus homogènes. Ça promet.

    Je m’installe sur une grève, c’est d’un calme absolu. Il y a plein de petits îlots en face de moi, qui forment un tableau très contrasté avec le soleil en arrière plan. Saumon gravlax, tomates, Scamorza fumée, yaourt au lait entier, un festin de roi, face au soleil déclinant sur la grève. Les tons, d’abord jaunâtres, deviennent de plus en plus chauds et tournent à l’orange assez vite. C’est splendide. Alors qu’il reste encore quelques minutes, je décide de bouger et de me déplacer un peu plus au nord pour avoir une vue encore plus dégagée. Une famille regarde le spectacle au bas de l’escalier, je leur conseille de se déplacer sur la grève pour mieux voir le soleil. Apparemment surpris du conseil, ils me remercient vivement.

    Je fais quelque centaines de mètres à vélo, vers le nord, et trouve un endroit plus dégagé, une large zone herbeuse, un petite anse bordée de quelques maison au point de vue majestueux. Le bord de mer est apparemment aménagé avec une sorte de moulin que je devine dans la pénombre. Il y a quelques personnes qui sont là à regarder le spectacle. Le soleil descend lentement à l’horizon et les spectateurs semblent aussi ébahis qu’à regarder un feu d’artifice. Je ne suis pas sûr d’avoir déjà passé autant de temps à regarder un coucher de soleil. « Bon! ».

    À noter que le ciel va rester tout rose, même après le coucher du soleil. Féerique.

    Demain visite de l’île, avant l’arrivée des touristes par bateau.