Premier jour de vélo! Je prends le lungomare comme hier. J’ai l’impression qu’il y a moins de traffic aujourd’hui. Samedi? Finalement les voitures se dispersent assez vite et je me trouve à rouler sur une piste cyclable plus ou moins tout le temps, mais en bordure d’une autoroute une grande partie du temps. Je passe quelques petits villages, Torre a mare, Mola di bari, rien de bien extraordinaire. Le temps, d’abord couvert, se dégage et la mer change de couleur, d’un bleu profond à un vert émeraude. J’en profite pour compléter mes essais d’enregistrements vidéo, avec les micros en particulier. À voir si c’est convainquant, hier soir ce n’était pas flagrant en termes de qualité. Mais le vent était particulièrement fort.
Les figuiers, les figuiers de barbarie, les lauriers roses, les bougainvilliers longent la route. Il y a même des fleurs de temps en temps. Les trulli font leur apparition, de récentes comme de plus anciennes. Il y en aura beaucoup plus demain à Alberobello.
J’arrive à Polignano al mare, un spot connu des Pouilles. En effet il y a pas mal de monde, même en cette saison, je n’ose imaginer au printemps ou en été. Je fais un tour dans les ruelles, mon vélo à la main, ce n’est pas une super idée, mais c’est l’inspiration du moment. En fait je finis mon tour assez vite, un peu dérangé par le monde. J’hésite à m’arrêter déjeuner, mais finalement il ne me reste que 8,5km avant Monopoli, ma première étape, et je craque pour une petite terrasse ensoleillée et prend un petit plat de pâtes, orecchiette al ragù de cinghiale.
Polignano a mare
Je repars, ça va assez vite pour arriver à Monopoli, mais il commence à faire assez froid et le soir tombe. Je trouve assez vite mon logement, malheureusement le propriétaire ne m’autorise pas à ranger mon vélo dans la maison et m’indique un parking. C’est la première fois que ça m’arrive. C’est vrai que le logement est très propre, très bien décoré, et l’accès très exiguë. J’insiste un peu mais il le prends visiblement très mal, donc je me change et me rend au parking. Il n’est pas très loin, et après un petit dialogue avec le propriétaire, je range mon vélo et pars faire un tour dans le village.
Et bien Monopoli me plaît beaucoup plus. Certes c’est un village italien plus classique, mais il y a moins de monde qu’à Polignano, et bien qu’il fasse nuit, je peux me promener tranquillement. Je visite en particulier la cathédrale en face de mon de mon logement. Elle est impressionnante car les murs sont recouverts de marqueterie de marbre.
Cathédrale de Monopoli
Je vais boire un spritz au Caffe Napoli, où je monte mon film sur la soirée à Bari. L’heure est venue d’aller régler le parking, je me rend à la pizzeria du propriétaire qui m’a dit de passer régler les cinq euros pour le parking.
Quel bilan de ce premier jour?
Le matériel vélo est bien rôdé, rien à dire.
Le matériel vidéo fonctionne bien, la poignée de la caméra en particulier me paraît bien foutue. A voir pour les micros.
L’habillement n’est pas au top. J’ai froid. Le soleil n’est pas assez chaud pour contrer le vent froid du nord.
Les routes, surprise, sont assez agréables, en bon état, et il y a des pistes cyclables.
Et Puglia alors? Mitigé. C’est pour l’instant en général assez miséreux, la sortie de Bari en particulier. En revanche les villages sont très bien, surtout Monopoli. À confirmer dans les jours qui viennent. Mais c’est bien d’être là, j’ai de la chance de pouvoir profiter du beau temps, du vélo, et de cette totale liberté !
Évidemment ma première action est d’aller dans la magasin de vélo à proximité. Une petite douche et je descends. Le magasin est à deux rues de mon logement donc ça me prends deux minutes. Le magasin est ouvert. Ouf! Il me faut un maillon attache rapide pour une chaîne shimano 11 vitesses. Je rentre et tente de m’expliquer en italien « un Quick link shimano undici… ». Le type reste peu expressif, il ne comprend probablement pas mon angoisse. Mais il comprend ce que je cherche et c’est l’essentiel. Il me dit d’attendre. Il s’apprête à descendre à la cave, et me tournant le dos il m’adresse une phrase que je ne comprend qu’à travers le nombre :
– … undici …?
– si, undici, je confirme avec aplomb.
Le type descend à la cave, et je l’entend me demander au bout d’un moment:
– uno?
– due!
J’assure le coup au cas où. De toutes façons il faut bien que j’ai un maillon de rechange.
Le type remonte de la cave avec mon butin. Il me propose de contrôler, ce que j’accepte. J’avais amené ma chaîne. Ça va parfaitement. Il me fait payer les deux maillons 10€, ce qui est hors de prix, mais je ne vais pas commencer à discuter alors qu’il vient de me sauver mon voyage. Me voilà équipé pour monter ma chaîne. Je me dis je vais aller faire un tour dans la vieille ville, et que je retournerai finir le montage et faire un tour de vérification avant 16h, heure à laquelle j’ai rendez vous avec le loueur pour ranger la valise à vélo.
Je refais un tour de la vieille ville, mais de jour cette fois-ci. San Nicola en particulier.
La basiliqueSan NicolaL’eau parfumée qui s’écoule des reliques de San Nicolas, selon la légende…Le tombeau de San Nicola, avec les reliques ramenées de Turquie au 11ème siècle. Architecture originale de la basilique San Nicola
Je commence à me détendre, à penser à autre chose, à moi, à ce qui me plait, ce qu’il me plait de faire. Et je me rappelle, au milieu de ces familles italiennes attablées, que je voulais, dès le début dans mes voyages, m’arrêter boire des coups sur les places de village, humer l’ambiance locale, à l’ombre des platanes sur des places plombées de chaleur. Et c’est un objectif plus qu’atteint! J’adore ces moments à observer. Parfois je ne comprends rien aux conversations, comme aujourd’hui, mais ce n’est pas important. Ce qui compte c’est l’ambiance, l’expérience. Les expressions sur les visages, les corps. Et les mots sont sûrement les même partout. C’est parfois mieux de ne pas comprendre.
En terrasse de café à Bari.
Ces moments sont très souvent trop courts. Même si aujourd’hui je le fais durer. D’abord avec un petit déjeuner avec une pâtisserie à la crème et au chocolat, très chaude avec de la crème chantilly très froide. Molto buono. Puis j’enchaîne avec un panino et une bière Peroni pression molto buono aussi. Il est midi, je vais retourner finir mon paquetage.
Montage de la chaîne, puis tri des affaires, en particulier les vêtements que je ne prends pas. En particulier le maillot d’été manches courtes, le short et le maillot de bain, que je laisse là. Je garde le cuissard court, ça me fait une solution de rechange si jamais j’avais un problème avec mon cuissard long.
Le logeur arrive et on range la valise dans une armoire. On s’y prend à plusieurs fois, heureusement il doit y avoir 5 mètres sous plafond, on la range verticalement sur l’étagère du haut. Personne ne viendra la prendre là!
Je pars faire un tour de vélo sur le lungomare, la promenade de bord de mer de Bari. Il y a du vent, pas mal, il y a beaucoup de traffic aussi, c’est une quatre voies, passant à deux de temps en temps. Ça promet! Mais tout a l’air bien en place concernant le vélo, c’est l’essentiel.
Arrivée tranquile, l’aéroport est petit donc tout se passe sans soucis. Je trouve un bus devant la sortie, je n’arrive pas à prendre un ticket dans le bus par CB sans contact, le chauffeur me fait comprendre que je n’ai qu’à m’assoir et c’est tout. Nous sommes quatre personnes dans le bus, les autres ont l’air à moitié surpris. Je m’installe pour 20 minutes de traversée de la banlieue pas très chouette de Bari. Je suis surpris, il y a des arrêts et d’autres personnes montent. C’est un bus de ville en fait. Il est 16:10 et le jour tombe. Je ragarde et la nuit est annoncée à 16:30. Dingue. Ça va faire de longues soirées!
J’arrive à mon logement, très belle chambre faite à neuf avec un plafond en pierres genre croisée d’ogive. à priori je vais pouvoir laisser ma valise ici pendant mon séjour. Bonne chose.
Je commence à remonter mon vélo. Une sangle à l’intérieur de la valise a lâché, mais il n’y a pas de dégâts. Je remonte le guidon, la selle, le dérailleur, les roues, même le réglage des disques est parfait. Il ne me reste que la chaîne, et là je m’aperçois que j’ai oublié l’attache rapide Paris. Et je n’en ai pas de rechange. La boulette! Je regarde vite fait les marchands de vélo à proximité, il n’y en a pas des masses, et je m’aperçois que c’est férié aujourd’hui car c’est la Saint Étienne. Bon il n’y a qu’à espérer que les magasins seront ouverts le lendemain, a priori c’est le cas dans Google maps. Ça va me pourrir un peu ma soirée cette histoire.
Je range toutes les affaires et décide d’aller voir quand même si par hasard les magasins seraient ouverts. en effet tout est fermé, donc je me dirige vers la vieille ville. Il y a de plus en plus de monde au fur et à mesure que j’approche de la vieille ville. J’entre dans les ruelles et commence à me promener. Il y a maintenant énormément de monde, il y a beaucoup d’illuminations, des maisons sont couvertes de guirlandes, c’est vraiment Noël! Je m’arrête à un croisement où des gens font la queue pour acheter des Popizze. Des Popizze di Angela. Une sorte de beignets faits minute, sucrés ou salés, en forme de petites boules (de Noël?). Seulement quand on a mangé ces beignets peut on dire qu’on est allé à Bari, dit une affiche.
Je m’éloigne un peu pour déguster mes beignets, qui sont ma foi fort bons, et je ne suis pas grand fan des beignets en général. Je passe devant une maison, des garçons dehors sont en habit médiéval, je me dis qu’il va y a voir un spectacle pour la saint Étienne? Ou que je l’ai raté? Il fait maintenant nuit noire mais les ruelles sont très bien éclairées. J’arrive sur une place où d’autres gens dans d’autres habits attendent. Je m’arrête et j’assiste quelque minutes plus tard à un spectacle de lancer de drapeaux, accompagné d’une petite troupe de joueurs de tambour. Un garçon dirige la troupe de lanceurs de drapeaux, un autre dirige la troupe de tambours. Il donne le rythme dans une sorte d’improvisation, de même que les drapeaux tournoient en rythme. Parfois, quelque jeunes s’assemblent en une petite pyramide et un des leur joue du tambour, soutenu par les autres. C’est à la fois très simple et amateur, et très bien fait. En tous cas, je n’avais jamais vu ça.
La troupe de disperse légèrement, mais c’est en fait une procession qui commence. Des gens portent des flambeaux, il y a d’autres personnages costumés et je comprends quil s’agit d’une crèche vivante, qui va circuler dans la ville. Tout se monde arrive sur la place de la basilique San Nicola, et le spectacle continue. Puis la procession recommence et se dirige vers la mer. Il y a maintenant énormément de monde, même amassés sur le rampart de la ville. La procession traverse la rue et se dirige vers la plage. Il y a tellement de monde que je ne peut pas voir ce qu’il se passe, juste voir sur les écrans de téléphone qu’il y a une sorte de baptême du christ. Les rois mages portent un bac de petits pains qui sont bénis? Je contourne la scène et vient par la plage. Des gens sont dans l´eau avec des flambeaux, et maintenant la grande étoile dressée sur la plage est enflammée. C’est la fin de la cérémonie, les petits pains sont distribués. Je n’étais pas préparé! En fait, j’apprends que Bari est la patrie du Père Noël (Saint Nicolas), depuis que les reliques du saint ont été ramenées depuis Myre en Turquie au 11ème siècle. Et du coup on faite ici Noël dignement, du 6 décembre (fête de la saint Nicolas) au 6 janvier. J’ai de la chance d’être là !
La précession de la saint Nicola
Je retourne dans la vieille ville, et me fait une petite assiette d’orecchiette au ragu de cavallo. Ce sont de petites pates en forme… d’oreille, typiques des pouilles. Je fais un tour de la vielle ville, je découvre qu’il y a aussi de grandes places qui bordent presque la mer. Elles sont très animées avec toutes sortes de personnes de tous les âges. Bon enfant. J’adore ce genre d’ambiance.
Je retourne à mon logement, passe par le Teatro Petruzzelli, dont la place est très bien décorée. Demain, mission « maillon rapide de chaîne ».
C’est mon nouveau voyage en 2024! Le dernier de l’année. Je pars chercher le soleil et la chaleur. Pour changer de la grisaille parisienne. Et repartir en Italie, où je ne suis pas allé depuis deux ans et notre voyage en Lombardie et Vénétie (ouah, quels souvenirs!). Mais cette fois dans une région du sud, que je ne connais pas. Dans le talon de la botte.
À priori la météo est prometteuse en termes d’ensoleillement.
Qu’est ce que je vais chercher là bas, outre le soleil et la chaleur? Le dépaysement bien sûr, la beauté du bord de mer, les truli, le sud de l’Europe, et les petits villages italiens qui me plaisent tant. La nourriture réputée, et les sodas à l’orange que j’avais adorés sur le Tuscany trail. Et puis tout ce que je cherche dans mes voyages à vélo, l’exploration, l’aventure, les rencontres, l’inconnu. Comme dit Jean Gabin à Suzanne Flon ébahie dans Un singe en hiver, « je n’ai pas eu ma part d’imprévu ».
Et puis aussi, la gare de Bari, qui avait plu à Robert dans Sur la route de Madison. Ce qui avait tant étonné Francesca. Ceux qui me connaissent bien savent que c’est un de mes films préférés. Ce qui les étonnent tous. Et pourtant je pense que beaucoup d’hommes voudraient qu’une femme les regarde comme Francesca regarde Robert.
Je dois d’avoir vu ce film à mon ami Dominique. Il me dis un jour qu’il allait voir un film avec sa copine « un gros mélo, de Clint Eastwood, avec de la musique d’Ahmad Jamal ». C’est vrai , mais aussi des chansons biens sirupeuses de Johnny Hartmann. C’était en 1995.
Vais je trouver ce restaurant au store rayé, en face de la gare?
Aujourd’hui, je suis tombé sur un article du journal Single Tracks, à propos de quelque matériel pratique à acheter pour le bikepacking, et actuellement en promotion. Au passage, ce journal est intéressant, pas autant que bikepacking.com qui reste pour moi la référence, mais quand même de temps en temps, il y a des articles sympa.
Celui d’aujourd’hui est à propos de quelque basiques, et ça me donne l’occasion de revenir sur ces basiques. Nous sommes fin octobre, c’est un peu la fin de la saison du vélo (sauf pour les sauvages du Bikepacking qui roulent par tous les temps, ou à moins de voyager loin) et cela donne un peu de temps pour faire des bilans et préparer les futurs voyages.
Alors ces incontournables sont ils, vraiment, incontournables?
La frontale
Pour moi en effet une frontale est obligatoire. Meme si vous allez à l’hotel le soir, avoir une petite lampe frontale est hyper utile.
Il y a néanmoins pour moi deux types de frontale:
les frontales pour le soir au campement (dans la tente), ou même en ville si ce n’est pas éclairé en sortant du resto (de + en + souvent).
Les frontales pour s’éclairer sur le vélo
Les deux sont très différentes. Pour faire court, la première sera pas chère, légère, petite et peu lumineuse, la seconde vous permettra de vous diriger dans la nuit noire à vélo et sera donc beaucoup plus puissante. Elle viendra en plus de la lumière sur le vélo, et vous permettra par exemple, en tournant la tête, d’éclairer la sortie de virage sur une route avec des virages en épingle, alors que la lumière du vélo éclairera toujours devant le vélo. C’est du vécu, croyez moi.
Pour la première, encore une fois Decathlon vend des lampes très peu cher, qui font le job, pour 10€ environ. Ce serait bête de s’en priver. Pour la seconde, prévoir plusieurs dizaines d’euro et un minimum de 200Lumens, mais plutôt 500Lm. Dans les deux cas, préférer une recharge par cable USB plutôt que par batterie externe, voire chargeur propriétaire dédié de la batterie (j’ai vu ça).
Vous pouvez emmener les deux, c’est ce que je fais.
La chemise en flanelle
Bon alors je ne vais pas me lancer sur le sujet de l’habillement en bikepacking, ça m’emmenerait trop loin, mais c’est un sujet à traiter néanmoins. Pensez seulement à Saison, Climat, Poids, Encombrement, et vous avez de quoi faire une thèse sur le sujet.
Le porte bagage
La encore, sujet dédié : porte bagage avec sacoches ou bien sacoche de selle, cadre, cintre? Plus facile comme sujet à mon avis mais quand même demande un article spécifique.
La tente (ou le bivi)
Alors perso, je n’ai jamais rencontré personne utilisant un bivi. Je rappelle qu’un bivi est en gros un sursac de couchage, avec de l’espace pour la tête (pour respirer). On y met à l’intérieur le matelas gonflable et le sac de couchage (et l’oreiller). L’intéret premier est le poids inférieur. La tente, normalement tout le monde connait.
En bikepacking, le mantra est normalement léger-peu encombrant. Ca veut dire bivi, ou tente ultra légère (UL). Ultra légère veut dire autour de 1kg, ou moins. Pour moi, un bivi doit faire moins de 500g, sinon autant prendre une tente, on y gagne en espace.
Personnellement, j’ai une tente Big Agnès Fly Creek 2 places. Il existe une version bikepacking avec des arceaux courts pour ranger la tente dans un sac de cintre par exemple (la mienne est d’ailleurs en promo actuellement sur le site Big agnès à 280$). J’en suis très content, elle fait un peu plus d’un kilo. Il faut quand même faire attention, ultra léger veut dire un peu fragile. Les zips en particulier sont à manipuler doucement. Pour moi, le poids pour une tente est la priorité, avec le prix! Il existe des versions avec arceaux carbone, tissu de plus faible grammage, mais alors ça peut passer du simple au double.
Pour un bivi, apparemment, il y a deux modèles à moins de 500g, sur le site Aventure nordique, des marques Outdoor Research ou Sierra Designs (qui fait aussi des tentes UL).
Ca me tente bien d’essayer un jour le bivi, les avantages sont a priori le poids bien sûr, mais aussi la simplicité et la vitesse de l’installation. Les inconvénients que j’imagine sont l’aspect faible espace disponible, et la condensation plus importante. Peut être d’abord dans de bonnes conditions, sur une nuit en plein été?
Le vélo
A ben oui le vélo en bikepacking, c’est important. Non, sérieux le Trek Farley 9 proposé est un très beau vélo, peut être le seul typé réellement voyage, avec ses deux porte-bagages. Mais bon ça c’est une vrai sujet d’article dédié bien sûr. Vous connaissez mon choix : un gravel, en carbone. J’y reviendrai.
Le filtre à eau
C’est, pour nous européens, superflu, à moins de trainer dans des déserts en Espagne en été par exemple. En Europe, l’eau est disponible partout pour autant qu’on y pense un minimum à l’avance.
Mais si vous changez de continent, dans des régions désertiques, alors je pense que ça doit être utile.
Le food pouch
Personnellement, je n’en ai pas. Vous savez c’est ce petit sac, en général d’un litre max, qui se fixe dans le coin de la potence et du guidon. Certains en mettent deux de part et d’autre de la potence. On peut y mettre pas mal de choses. C’est surement très pratique, mais voilà faut se limiter en espace et en poids, sinon, on peut aussi prendre une remorque. Personnellement je préfère une sacoche sur le dessus du tube de cadre horizontal, qui me parait offrir une meilleur accessibilité car moins profond. Mais je comprends le concept, d’ailleurs certains ont les deux :
Le gilet sans manche coupe vent
Alors j’étais dubitatif, et puis j’en ai acheté un chez Gorewear, et j’en suis très content. D’abord l’encombrement est très réduit, la taille d’un poing serré. Ca pèse très peu. Surtout, ça ne fait pas double emploi avec une veste de pluie. C’est juste que par temps frais, mais pas froid, avec du vent ou de la vitesse, ça evite la petite fraicheur qui vient de la transpiration. Les anciens mettaient du papier journal sous le maillot, je pense que c’est la version moderne du papier journal. Sur le mien, seulement l’avant est coupe vent, l’arrière est en mesh donc ça ne tiens absolument pas chaud. Donc oui je conseille le gilet sans manche coupe vent.
La presse à café
Alors dans la rubrique « glampacking » (emmener un article glamour en bikepacking), la presse à café, c’est un choix possible. Il faudra quand même ajouter la popotte avec le réchaud, et le café (moulu?), mais pourquoi pas? Personnellement, je préfère dans cette rubrique, la chaise pliante Helinox Chair Zero, qui fait seulement 500g, ou le tabouret tripod, encore plus léger, mais plus fragile?
Le Talkie Walkie satellite
Imaginez, vous êtes dans le désert, il fait 50°c, vous avez crevé des deux roues, vous n’avez plus d’eau, le plus proche ravitaillement est à 200km, et des bêtes féroces menacent de vous attaquer. Qu’est ce que vous faites? Eh bien vous êtes bien content d’avoir chargé votre talkie walkie satellite pour appeler au secours. Ou bien, plus simplement, vous voulez appeler votre chérie.e. Ah ben oui, il y a les portables en général. Bon donc, sans intérêt.
La batterie de recharge
Je passe le second article sur un porte-bagage, la veste aussi c’est dans la rubrique habillement à venir, et je m’arrête sur la batterie pour la recharge des appareils, ou power bank. Alors ça oui! C’est indispensable. Pensez que vous allez emmener un téléphone, un gps de vélo ou une montre ou les deux, deux lampes sur le vélo, une voire deux frontales, peut être une action cam (gopro), et pour les plus fous un appareil photo reflex, un camescope, une tablette. Donc il va falloir recharger tout ça et peut être meme dans la journée, car la nuit il faut dormir et ne pas recharger les appareils les uns après les autres.
La vraie question, c’est d’ailleurs peut être, non pas « dois je emmener une batterie? », mais plutôt « quelle batterie dois je emmener, quelle capacité? ».
Il y a en gros 3 capacités possibles sachant que la question va être en fonction du rapport capacité/poids, voire prix. 5000, 10000 ou 20000mA. Plus c’est gros plus ça charge et plus c’est lourd et encombrant.
Personnellement j’en ai deux différentes:
une de 5000mA, qui me fait deux ou trois recharges d’iPhone
une de 20000mA, qui est si costaud que je ne sais pas sa capacité de recharge, mais probablement proche de 10 recharges
Pourquoi? Parce que j’avais la petite, très bien, et puis je suis parti en hivers 2020 pour 12 jours le long de la Méditerranée. 2020 rappelez vous c’était couvre feu, magasin de première nécessité ouverts seulement, donc impossible de recharger dans la journée dans un bar ou restaurant, et difficilement le soir sauf à l’hôtel. Mais pas tous les appareils (ou alors faut pas dormir ou avoir 12 chargeurs!). Donc ça m’a bien pris la tête, et en rentrant j’ai acheté la seconde batterie. Honnêtement, je m’en suis rarement servi. Elle est très bien mais elle est lourde. Je l’emmène parfois, mais vu que je vais en fait assez souvent à l’hôtel ou en b&b, je peux recharger, donc la petite batterie me suffit.
Peut être que l’idéal serait deux petites batteries de 5000mA. Si je repartais de rien, je pense que c’est la solution que je prendrais. Mais ne négligez surtout pas ce point. Surtout si vous faites beaucoup de bivouac ou camping, vous aurez sûrement des soucis de recharge. Et les soucis, ceux qu’on peut prévoir, ce n’est pas ceux dont on veut s’occuper. Il y a assez de ceux qu’on n’a pas prévu. Je ne saurais que trop vous conseiller de mettre en place une routine de recharge de vos appareils. Et de savoir à l’avance à quelle vitesse ils se déchargent. Certains tiennent un jour, ou moins, certains plusieurs jours. Certains appareils sont indispensables donc vous devez prévoir de les avoirs toujours chargés pour la journée, au minimum, voire plusieurs jours. À savoir (avec la raison) :
Le téléphone (pour appeler en cas de problème, sécurité)
Le GPS (pour vous diriger, sécurité)
les lumières (pour être vu, sécurité)
Les frontales (pour voir, sécurité)
Ça fait quatre appareils, pour une raison de SÉCURITÉ. Je ne parle même pas de GoPro ou appareil photo. Bon je sens venir l’article dédié à la recharge…
Batterie? Indispensable!
Ce que j’aime dans l’article de Single Track, ce sont les câbles intégrés dans la batterie. Ah les câbles! Micro USB, USB C, Apple Lightning, Garmin Watch ! Le bonheur des « standards ». J’y reviendrais.
Et sinon, pour toi, c’est quoi les autres indispensables?
(J’adore faire un interview de moi même.)
Alors, les outils, les pièces de rechange, et les pneus, tubeless ou chambre à air.
Pneus. J’ai un avis bien sûr, mais j’ai un souvenir de crevaison, deux en fait.
Le premier, c’est un souvenir de crevaison dans le sud ouest, près de Leucate. Crevaison le soir au bivouac, un vent de malade au petit matin, et donc pas facile d’identifier la localisation du trou en écoutant le souffle de l’air qui sort de la chambre à air. (Immédiatement je sens l’article dédié à la crevaison). Donc plutôt tubeless.
Mais je me souviens aussi de cette sortie où le fond de jante a craqué, donc chambre à air… ou ce trou si gros que le liquide préventif n’arrivais pas à le boucher (et qui a souillé mon cadre). Donc plutôt chambre à air.
Bref, attendez vous à des galères de pneus.
Les pièces de rechange. Il n’y en a pas tant que ça, rassurez vous.
La patte de dérailleur. C’est une pièce, en général spécifique à votre vélo, qui permet en cas de choc sur le dérailleur, de casser et d’éviter la casse du dérailleur. L’idée est qu’une patte de dérailleur coûte moins cher qu’un dérailleur.
Ce n’est pas faux. Sauf que trouver un magasin de vélo, en France ou en Europe, qui aura votre dérailleur en stock, c’est hyper facile, alors que trouver une pâte de dérailleur pour votre vélo spécifiquement, c’est mission impossible.
Donc patte de dérailleur, oui. Quoi d’autre? Des rayons. Oui, mais moi je n’en ai pas parce que c’est spécifique à ma roue et les magasins de vélo n’en proposent même pas. il paraît que quand un rayon casse, d’autres rayons cassent ensuite. Probablement. Mais ça ne m’est jamais arrivé. Alors que la patte de dérailleur, oui.
Ce n’est pas souvent que je fais un bilan matos, un bilan tout court d’ailleurs. Surtout en milieu de voyage. Mais j’ai les idées fraîches, et si j’attend la fin, je risque de ne pas prendre le temps.
Ça fait pas mal d’années maintenant que je voyage à vélo mais je n’ai toujours pas de liste toute prête, et je me pose toujours la question sur ce que j’emmène. Y en a marre, surtout que j’ai emmené trop de choses. Rappel, encore plus valable qu’en randonnée à pied : on ne prend que ce qui sert vraiment. On peut acheter en cours de route si besoin. On peut (doit) laver de toutes façons. Donc voici ma liste pour la prochaine fois, que je mettrai à jour à l’arrivée. C’est une liste pour un voyage en été en Europe centrale, ça peut un peu changer si la destination est plus nordique ou plus océanique. Aussi je suis à l’hôtel, mais je ne pense pas que ça influe sur la liste. Enfin, mis à part le couchage bien sûr. En bivouac, j’ai bien sûr la tente, le duvet et le matelas. Ah oui, aussi, la durée du voyage n’a aucune influence sur la liste, ou presque; pour une semaine ou deux semaines, c’est pareil.
Une bonne pratique : à la fin, lors du déballage, faire le point sur ce que vous n’avez pas utilisé. Peut être que la prochaine fois il ne faudra pas l’emmener.
Vêtements
Il faut avoir :
Pour le vélo:
Deux maillots légers
Un cuissard
Un maillot manches longues
Un ou deux sous maillots
Deux paires de chaussettes
Un pull chaud mais léger
Un imperméable
Un pantalon de pluie (à confirmer)
Une paire de gants
Une casquette
Une paire de lunettes de soleil
Pour le soir (en ville)
Un pantalon
Un short
Un, voire deux maillots manches courtes
Une chemise manches longues
Deux slips
Une paire de chaussures très légères mais permettant de marcher longtemps (bon maintient), pour les visites
Remarques
Le pull chaud sera le plus chaud et léger et packable possible. Ça peut coûter cher. Moi j’ai craqué sur un Castelli en polartec alpha…
Je lave la tenue de vélo tous les jours. Ça sèche sans problème, et la fréquence rapide permet de passer un minimum de temps au lavage, le linge n’étant pas très sale.
Matériel
Multi-tool
Rustines and co
Pompe à vélo
Pince pour démonter une chaîne
Maillons de chaîne
Patte de dérailleur de rechange
Huile de chaîne
Liquide préventif si tubeless
Une chambre à air de rechange si tubeless (voire aussi si pas tubeless)
Un chiffon
Un rouleau de bande adhésive (super solide, super adhésif). Très utile pour réparer tout un tas de choses.
Une paire de gants latex
Un antivol
Trois câbles de recharge à différent formats (USB C, micro USB, Lightning)
Un chargeur multi-câbles USB
Un téléphone
Un gps de vélo
Une batterie de recharge, voire deux batteries
Lumières avant et arrière
Un sifflet
Un couteau
Une cuillère
Des sacs plastiques à glissière
Du petit matériel (sangles, corde,…). Attention pas trop!
Une housse de voyage pour le vélo démonté dans le train (cousue main)
Crème solaire
Baume lèvres
Barres énergétiques, ou fruits secs et noix
Ce que j’emmène de superflu
Un drone
Une GoPro, sans perche, mais une fixation de bouche.
Ce que je n’emmène pas
Un appareil photo avec plusieurs objectifs (quoique je l’ai déjà fait)
Ce que j’avais emmené en plus lors de ce voyage (et que je n’aurais pas dû prendre)
Deux maillots vélos
Une paire de chaussettes
Deux maillots pour la ville
Variante demi saison ou version bivouac
Évidemment, cette liste varie un peu si je pars en bivouac, ou si le voyage est en demi saison. Ça sera le sujet d’un prochain article!
La bagagerie
Je n’ai pas changé depuis longtemps mon dispositif, dans le cas où je ne prends pas de couchage :
Sur le cintre : un Ortlieb Ultimate. J’y place le drone et des bricoles
Sur le tube de cadre : une longue sacoche Apidura Racing, plus pratique et volumineuse qu’une sacoche classique. J’y met un peu de nourriture, mais surtout ma GoPro, le baume à lèvres, parfois les lumières, le téléphone.
Dans le cadre : un sac de cadre complet apidura. J’y mets tous le materiel.
Petite sacoche apidura sous le tube diagonal pour la nourriture
Sacoche de selle apidura pour tout les vêtements
Le vélo démonté dans le train
On commence à avoir pas mal d’expérience avec nos houses de vélos. Valerie a un nouveau vélo, avec un guidon plat beaucoup plus large, une nouvelle housse basée sur l’ancien vélo. Le tout s’accorde à peu près, même si la housse a été faite pour son autre vélo. Bon point!
Vélos démonté sous housse, en gare de Koblenz
A noter que nous avons pris un ICE entre Sarrebruck et Paris, qui n’avait pas d’espace vélo. Nous avions réservé dans la dernière voiture, en première classe, et avons pu mettre nos vélos dans la plateforme à l’entrée du wagon. Sans gêner personne, même si on bloquait un peu l’entrée d’un local technique. Mais on n’a pas eu de problème. À retenir.
A noter qu’une petite sangle ou tendeur permet d’assurer les vélos dans le train, quand il n’y a rien de disponible à bord du train.
Les jours suivant vont être dans le cœur de la Moselle allemande. La Mozel devrais je dire. Avec des vignes plantées sur les pentes des coteaux de la rivière. Partout. Et sur des pentes très raides allant probablement à plus de 60° parfois. On se demande alors comment ces vignes, par ailleurs avec des plans assez hauts, plus de deux mètres, peuvent être taillés et entretenus. On voit quelque tracteurs très étroits qui passent entre les rangées de pieds de vigne, et escalade les coteaux pour soit épandre les produits soit probablement tailler les plants. Mais sûrement le travail doit aussi être très manuel.
La Moselle entame la suite de ses méandres. Les virages sont assez larges, mais la courbe est suffisamment serrée pour être devinés à l’œil nu. Cela donne des paysages très beaux de mon point de vue. En particulier à vélo, c’est hyper sympa, avec la vitesse, de couvrir un virage en quelques minutes. Et ça romp aussi la monotonie qu’on pourrait avoir sans tous ses virages. C’est ça qui fait, en particulier, la beauté de ce parcours. Il fait maintenant très beau temps, ce n’est pas sans augmenter le plaisir. C’est ensuite une série de petits villages de part et d’autre de la rivière.
Cochem
Le noeud touristique de la Moselle allemande. Avec son château, le Reichsburg Cochem, construit au détruit par Louis XIV, comme beaucoup de château de la région, mais reconstruit au 19eme siècle. On monte à pied par un petit chemin très raide, et les non sportifs sont bannis du trajet.
Que garder de ce château? D’abord la reconstruction et l’entretien excellent. Ensuite, la vue magnifique sur la Moselle. Des boiseries, des plafonds peints. C’est un château médiéval, et je n’en ai pas visité depuis longtemps, et sûrement pas dans un si bon état.
Le château d’Eltz
Nous faisons une petite étape depuis Cochem, une vingtaine de kilomètres, pour atteindre Moselkern, afin de visiter le château d’Eltz. Il fait si chaud que bien qu’on soit arrivés assez tôt, nous décidons de reporter la visite au lendemain matin à la fraîche. L’hôtel que nous avons réservé est en dehors de la vallée de la Moselle, dans la vallée de la rivière Eltz (micro rivière comparée à la Moselle). Il faut quitter la route et faire quelques kilomètres dans une forêt qui nous rafraîchis. On se relaxe du coup à l’hôtel. On y prend aussi un dîner simple et unique pour tout le monde : soupe à la tomate, porc en sauce avec légumes et gnocchis, et crêpe au chocolat et à la crème anglaise. Assorti d’un verre de Riesling bien sûr.
C’est donc le lendemain qu’on monte au château, il faut à peu près une heure de marche. Ce château est un château privé, qui appartient à la famille Eltz encore aujourd’hui. Donc les photos de l’intérieur et les drones sont interdits. Dommage, je ne pourrais pas vous faire profiter des formidables plafond et murs peints de l’une des pièces.
Koblenz
La dernière étape nous conduit à Koblenz, notre destination finale. Il fait extrêmement chaud. Nous longeons successivement une route et une voie ferrée, et traversons quelques villages assez mignons comme Kobern-Gondorf.
Kobern-Gondorf
Il y a pas mal de petits châteaux sur les coteaux, mais tous plus ou moins en ruine.
Finalement nous arrivons à Koblenz. L’entrée à vélo dans la ville est, comme toujours avec les villes importantes, compliquée. On se perd en chemin et nous prenons tous les deux des routes différentes, menés par nos gps différents : Valérie continuant à longer la Moselle, moi rentrant dans le centre ville. J’arrive sur une très belle place, où je termine de tourner le film de notre voyage, avec la musique d’il était une fois dans l’Ouest jouée par une musicienne sous un porche, avec une sorte de petite harpe horizontale.
Nous prenons possession de notre location pour trois nuits, pour profiter de la ville.
C’était un beau voyage, finalement varié, dans une région quasiment fréquentée par des allemands. On aura vu très peu de touristes autres, quelques français bien évidemment. Mais très peu.
La ville de Koblenz
Koblenz, en Latin Confluentes, est le lieu de rencontre de la Moselle et du Rhin. C’est d’ailleurs la deuxième fois qu’on se retrouve au bord du Rhin cette année, après notre voyage en Alsace au printemps. la ville fait partie de la Rhénanie-Palatinat, région qui a appartenu aux francs après la mort de Charlemagne et contestée ensuite par les français à l’époque moderne. C’est une région cousine en quelques sortes.
Cette ville est au mois d’août très calme, mais quand même suffisamment animée. Le centre pavé, il est entièrement piétonnier. ville en partie encore ancien est très agréable. On y trouve en particulier le plus grand magasin de vélos que j’ai jamais vu. Fahrrad XXL Franz. Rien que ça. Peut être deux cents vélos sont visibles. J’y trouve un bonnet d’été que jamais je n’aurais trouvé en France. 90% des vélos sont des vélos électriques. Quelques vélos de ville ou Gravel, quasi pas de vélos de route.
JesuitenplatzÉglise Notre-Dame Vier TürmeLe fameux magasin de vélos Église du Sacré-Cœur Forum ConfluentesBasilique Saint CastorLa voûte étoilée
Il n’y a pas grand chose à voir dans Koblenz. Nous avons pris le téléphérique 3S qui mène à la forteresse qui se trouve de l’autre côté du Rhin, la Forteresse d’Ehrenbreitstein. C’est maintenant une fondation culturelle avec plusieurs expositions temporaires. Elle donne surtout l’occasion d’avoir une vue magnifique sur le confluent.
Le dernier jour, je fais une petite visite d’un château du Rhin, le Marksburg. Le seul château du Rhin qui ne fut jamais détruit.
Et comme de bien entendu, nous finissons notre séjour dans un très bon restaurant que j’avais réservé avant de partir, et qui s’avère être d’inspiration très largement française. Au menu : pâte en croûte et coquilles Saint-Jacques et épinards au beurre blanc, un trio de veau avec langue et ris, assortis d’une excellente purée, et une crêpe Suzette en dessert. Un délice. Riesling et Weißburgunder en accompagnement bien sûr.
Metz est une très belle ville. Vraiment très belle ville. On le sens dès qu’on arrive et qu’on traverse la Moselle. On y arrive un peu tard, l’entrée à vélo est très compliquée, plus encore que d’habitude. On ne sait où se trouvent les pistes cyclables, tantôt sur le trottoir tantôt à droite de la chaussée, tantôt à gauche, parfois avec le bus. Heureusement on n’a pas trop de chemin à faire pour rejoindre notre hôtel, chacun de notre côté.
En fait c’est une auberge de jeunesse. L’hôtesse d’accueil est super sympa mais pas très compétente. Elle oublie de nous dire que les serviettes sont en supplément, et je me retrouve sous la douche, en me demandant « mais au fait, elles sont où les serviettes? ». Bon les prochaines fois on demandera en arrivant si les serviettes sont comprises. Elle nous dit qu’il n’y a rien à payer, mais nous demandera de payer finalement le lendemain. Elle nous envoie dans des restaurants qui sont tous fermés le dimanche. Mais elle est très sympa, et rigolote. Bah ça fait des souvenirs.
On part se balader dans la ville, et en effet cette ville est super agréable. Centre ville piétonnier, beaucoup d’animation mais bon enfant, pas mal de monde pour un dimanche d’août, on sent que cette ville vit bien. On n’a finalement que le temps de visiter la cathédrale. Mais quelle cathédrale! 40m de hauteur de voute, trois étages de vitraux! Dingue. Et les vitraux en partie peints par Chagall, mazette!
Il faudra que je retourne à Chartres pour comparer. Mais on est un peu estomaqué !
On passe une soirée au restaurant trouve par hasard, bon, pas au niveau bien sûr de Patern à Nancy bien sûr, mais bien.
La fin de la Moselle française
La dernière étape française nous conduit à la frontière, mais nous n’avons trouvé qu’un hôtel à Manderen, un village à l’écart de notre route. Avec une montée d’une centaine de mètres de dénivelé, qui finalement ne s’avèrera pas si dure que ça. Grand repos en arrivant, avec une hôtesse remarquablement aimable, qui nous conduira même jusqu’à notre chambre. Je n’avais pas vu ça depuis de nombreuses années.
Mais en chemin, nous faisons halte à Thionville, troisième ville de Lorraine. J’avais une petite pensée pour Éric avant d’arriver, j’avais une grosse pensée pour lui en repartant. Comment dire? J’étais venu là il y a très longtemps pour une mission de conseil, et je n’avais pas trouvé cette ville très interessante. Mais je m’étais dit que fallait pas juger trop vite. Eh bien disons que je ne vais toujours pas juger trop vite non plus.
Schengen
Nous passons la frontière pour arriver à Schengen. Alors si vous avez dormi pendant 50 ans, l’accord de Schengen acte la libre circulation des personnes et des biens en Europe. Il fut signé en 1985 par la France, l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. C’est sur un bateau, le Princesse Marie-Astrid, sur la Moselle, que fut signé l’accord. Pour la France, c’était Catherine Lalumière, secrétaire d’état aux affaires européennes, qui signa l’accord. C’est Edith Cresson, une autre femme, qui négocia la seconde version en 1989. C’est émouvant de revoir la photo de cette femme entourée quasiment que d’hommes.
Schengen
En fait c’est un peu grâce à cet accord, qu’aujourd’hui, nous pouvons faire ce voyage à vélo.
Trier (Trèves)
Trèves, ancienne capitale des gaules. Rien que ça. Alors forcément l’attente est là. Et la ville répond présente.
Très belle ville, riche, encore aujourd’hui. Rien d’exceptionnel, mais de beaux monuments, une bonne ambiance, de la vie, un beau restaurant avec vue sur les coteaux de la rivière, bref une belle étape. Une trêve dans notre voyage, si j’osais.
MarktplatzLa porta nigra La cathédrale Le palais princier avec la basilique à gauche derrièreTrier
De Trier à Piesport
Peut être la plus belle étape du voyage. Pourquoi? Il fait très beau, et nous sommes au cœur de la Moselle allemande. Des vignes partout, la rivière commence à prendre de sacrés virages, les coteaux offrent de sublimes courbes, la piste cyclable est magnifique. Et il commence à y avoir de beaux petits villages. Un échantillon des paysages en vidéo.
De Piesport à Traben-Trarbach
On continue dans les vignes. Ici les vignes sont plantées sur les coteaux, les rangées suivant la pente. Parfois la pente est supérieure à 45°! Il faut des tracteurs très étroits pour passer entre les rangées, seul moyen pour désherber entre les rangées ou les traiter.
Journée riche en petits villages touristiques, voire très touristiques. Bernkastel par exemple.
Arrivée à Traben-Trarbach en milieu d’après midi. Deux petits villages de part et d’autres de la rivière. Belles maisons. Restaurant indien, glace en cornet. Glucklich wie gott in Deutchland.
Nous voilà parti pour notre nouveau voyage. Il va nous conduire de Nancy à Koblenz sur le Rhin, en suivant la vallée de la Moselle. C’est en lisant un article du Monde que j’ai eu cette idée, la Moselle n’étant pas une destination à laquelle je rêve depuis plusieurs années.
Mais tout d’abord nous faisons halte à Dijon chez la tante de Valérie. Nous prenons un TER à destination de Lyon (oui ça existe, un peu plus de 5 heures de train) à 7:35. Nous sommes réveillés par un orage qui nous oblige à sortir nos affaires de pluie du fond de nos sacs… mais finalement quand nous sortons la pluie s’est arrêtée. Direction Gare de Lyon, dans la tranquillité de cette période olympique.
Trois heures de train jusqu’à Dijon, petit tour à vélo en arrivant autour du lac Chanoine Kyr. Nous arrivons chez la tante de Valérie pour le déjeuner. Nous faisons connaissance autour d’une salade variée, et après une petite sieste, nous allons faire un tour dans le centre ville.
Dijon est une très belle ville, très bourgeoise, visiblement très riche avec un patrimoine architectural datant pour beaucoup du 18eme, mais aussi de la renaissance. Entièrement piétonnière, il est très agréable d’y flâner pour cette première journée de vacances.
Nous passons deux jours à Dijon. Le deuxième jour est consacré au parcours de la chouette, qui passe par les principaux monuments de la ville. Puis nous faisons la visite du musée des beaux arts, qui couvre une large période de l’antiquité au 20eme siècle. En particulier à l’entrée des peintures sur bois datant de l’époque romaine, je n’avais jamais vu ça.
Nous sommes en résidence chez Christiane et Christophe, et c’est assez agréable d’être choyés comme des coqs en pâte!
Samedi matin, après un petit déjeuner sur la place de la libération face aux palais des ducs, nous partons pour Nancy, lieu de départ de notre voyage à vélo. Une bien belle étape à Dijon, nous reviendrons pour la visite de la vallée des grands crus.
Départ pour Nancy
Nous prenons le tirait vers Nancy. Il y a pas mal de vélos mais nous trouvons néanmoins deux places, ainsi que pour nous.
Le paysage est familier bien que je ne sois jamais venu ici. Une longue plaine bordée de collines assez peu élevées. C’est la vallée de la Meuse. On se dit qu’on pourrait être à beaucoup d’endroit en France.
Nancy
On reste deux jours. La place Stanislas, bien sûr, mais aussi la place la carrière, le palais du gouvernement, la porte de la Craffe. Aussi les berges de la Meurthe. Mais je suis un peu déçu. Bien sûr, la place Stanislas vaut plus que le détour. Mais je reste sur ma faim.
Ah si, il y a la villa Majorelle. Très belle villa art nouveau. Ah oui.
La place Stanislas. La villa Majorelle
Pont à Mousson
Alors, que dire? La place Duroc. Avec du soleil ça passe. Et pourtant, avec ses arches du 16eme siècle, ses maisons très belles, il y a du potentiel. Mais sûrement un manque d’argent. Don on a droit aux façades gris noires, au crépis qui fout le camp.
Mais il y a l’abbaye des Prémontrés. Et ça, ça vaut le détour. Rien que l’escalier ovale dit de l’atlante, ça vaut les 6€ de visite de l’abbaye.
L’escalier ovale dit de l’atlanteLa Moselle L’abbaye des Prémontrés
Départ légèrement en retard, mais ça va on a même le temps d’acheter à manger pour le petit déjeuner. Notre premier jour se passe en Allemagne, en forêt noire. On doit prendre trois trains entre Strasbourg et Fraudenstadt, avec changement à Offenbourg, puis Hausach.
La vallée de Kinzig se rétrécie de plus en plus à mesure qu’on s’enfonce dans la vallée. Il y a un changement brutal de pente entre le fond la vallée, très plate, et le bas des collines de la forêt noire. Elle ne sont pas très hautes, une centaine de mètre, mais très raides. Et des vignes sont plantées dans ces pentes très raides, alignées au gré des pentes, formant une sorte de patchwork. On longe en train des petits jardins, l’Allemagne est définitivement très tranquille. Ça nous rappelle notre voyagede l’été dernier. Ça me rappelle aussi mon tour du lac de Konstanz.
Les trains que l’on prend sont de plus en plus petit. Le dernier comporte seulement deux petits wagons. Il s’agrippe à ses rails pour monter jusqu’à Freudenstadt, à 740m d’altitude. Nous démarrons avec le soleil et un peu de ciel bleu. Pourvu que ça dure!
Le paysage change en cours de route, la vallée, ses pentes raides et herbeuses, typiques de la forêt noire, font place à la forêt de conifère, très dense nous débouchons sur un plateau herbeux. Freudenstadt, la ville de la joie, nous attends tranquillement.
Et c’est parti pour une descente de 60km. D’abord un paysage d’alpage, une splendide piste cyclable descend tranquillement au milieu des champs. Pas de doute nous sommes en Allemagne.
Pas mal de travaux en cours de route nous oblige néanmoins à nous écarter régulièrement de la route. Le paysage est vraiment très beau. Et la route nous emmène tranquillement au fond de la vallée vers Rastatt.
Mon pneu arrière se dégonfle régulièrement, je suis obligé de regonfler plusieurs fois, je tente de mettre des mèches mais rien n’y fait. Je finis avec un pneu avec une grosse mèche à moitié enfoncée, mais ça fuit lentement quand même. Va falloir faire quelque chose demain.
En attendant nous arrivons à Rastatt, un peu épuisé quand même. Nous dormons ce soir dans un espèce de lieu de retraite, avec une grosse chapelle. Pas le temps tellement de traîner, nous dînons au restaurant, schnitzel vegan pour Valérie, traditionnel Wiener schnitzel pour moi.