Bien dormi dans cet hôtel, bien que réveillé plusieurs fois. Petit déjeuner copieux, rangement des affaires, pansement sur l’ampoule, puis départ. Grand beau.
Je démarre sur le Schwarzwald Radweg, mais très vite je prend un chemin. 15 bornes dans la forêt, génial. Le chemin est très roulant donc pas de problème avec mes pneus de 25. Légère descente, ça me change.
Arrivée à Bräunlingen, petit village ensommeillé. Ma première Weißbier et mon premier doner. Ce ne sera pas le dernier je pense. Ni ma dernière.
Marrant, un couple d‘allemands font un pari à propos de mon vélo. Est ce un e-bike? La femme se rapproche de moi pour me demander. A ma réponse, le mari fait « Ya! »! Ils continuent de discuter, mon vélo semble les intéresser (j’entends fahrrad plusieurs fois).
En dehors des grosses villes, le vélo électrique est présent à plus de 90%
Je redémarre et tombe très vite sur des panneaux Donauradweg. Une petite rivière passe à côté du chemin. C’est le Danube. Je n’y crois pas. Ce petit machin marronasse, le beau Danube Bleu?
Le Danube
Et le fait est là. Je prends cette piste cyclable, qui traverse le plateau de la forêt noire, zigzague dans les champs. Très très agréable. Et bien sûr réservé au vélo.
Je croise le Danube une autre fois, et il s’est un peu embelli.
Je dois quitter cette route pour passer la dernière crête de Schwarzwald. Une dernière bosse avant de plonger vers le lac de Konstanz. Pas très longue, 1km, mais assez raide : 14%. J’y vais très lentement car mon ampoule me fait un peu souffrir quand je marche. Je me fait doubler par un vélo électrique. Je pense que beaucoup d’allemands ont remplacé la voiture par le e-bike.
Au sommet je peux apercevoir le lac au loin, malgré la brume en ce milieu d’après midi. Et puis je plonge. Longue descente pour arriver à Singen (de bon augure pour demain!). Ville sans intérêt où j’ai trouvé une auberge de jeunesse. Petite étape finalement, 70km. Arrivée à 17h, c’est tôt! Et c’est bien.
J’adore Colmar. La preuve. J’ai eu du mal à quitter Colmar, mon gps se mélangeant les crayons entre l’aller et le retour. Passé trois fois la rivière Thur, la deuxième je me suis dit, dis donc, elle fait de drôle de lacets cette rivière! Puis le paysage m’a paru familier, jusqu’à ce que je croise un panneau d’entrée dans Colmar. Demi tour. Traversée de la campagne alsacienne, des champs de mais (qui me protègent du vent), arrivée à la citadelle de Vauban de Neuf-Brisach, et ses épaisses murailles. Grand sentiment de liberté bien sûr, de retour, d’aller dans des endroits que je ne connais pas du tout. Ni même la langue cette fois ci. Et avec si peu de choses avec moi. Le côté essentiel de la vie. J’adore.
Puis arrivée sur le Rhin, das Rhein! Les pistes cyclables sont vraiment top depuis que j’ai quitté Colmar, et elle s’améliorent encore en Allemagne. Escalade d’une petite butte, traversée des vignobles, puis descente sur Freiburg. Ce sera la plus grosse ville que je vais traverser en Allemagne.
Des vélos partout, et surtout électriques. Je me sens dans mon élément. Croisé même deux vélos avec remorque pour les enfants.
Ça fait bien longtemps que je ne suis pas venu en Allemagne. Toujours aussi exotique pour moi. Freiburg est une ville très calme, comme beaucoup de villes allemandes. Pas désagréable. Arrivée par la rivière Dreisam jusqu’au centre en piste cyclable. Très très cool. déjeuner sur la Munsterplatz bien entendu, à côté de la cathédrale. C’est le moment de ressortir les trois mots d’allemand qu’il me reste. Ça peine à venir. Ce sera une Wurstsalat mit Bratkartoffel, und ein Glass Freiburger Wein. Bitte. Très bon vin blanc du coin.
– Kann ich bitte die Rechnung haben?
– Natürlich.
Je sors ma carte bleue et la fille me sort évidemment une phrase que je ne comprends pas. Enfin si, je comprends que pour la carte, il faut aller payer à l’intérieur. Magique. Elle ajoute une phrase que je ne comprends pas non plus. Serait-ce que leur terminal de paiement n’est pas sans fil? Allez savoir.
Un passage sous la muraille de la citadelle de Neuf-Brisach
Les panneaux n’ont pas été mis à jour?
Les rues de Freiburg sont pavées et parfois très bien
Schwarzwald
Je quitte Fribourg tranquillement pour rejoindre la rivière. Toujours de magnifique pistes cyclables. Le pays des Radweg. L‘inclinaison augmente très progressivement à l’approche de la forêt noire. Un petit arrêt à Kirchzarten et j’attaque la montée, pour aller à Titisee (le lac de Titi, c’est mon lac, quoi).
La pente moyenne jusqu’au sommet a 1200m est de 10%. Normalement je ne passe pas. Mais bon on va essayer. Un dernier arrêt alors que la pente s’élève franchement, un petit ravitaillement et c’est parti,… et ça passe! C’est dur, mai ça va. Tout à gauche bien sûr. je dois être le seul en vélo musculaire. Tout les allemands sont en velo électriques. Comme c’est la fin de la journée, je les croise, mais quelque uns me double dans la montée, sans problème. Même avec un petite sourire.
Au passage d’un couple, je fais une embardée, et ma roue avant manque de tomber à droite, m’emmenant dans le ravin. J’arrive à redresser, mais alors tombe de l’autre côté sur la route, ne pouvant retenir le poids du vélo. Chute à l’arrêt quasiment. Pas évident de se relever dans la pente. Petite analyse, le bonhomme n’a rien, le vélo non plus. Mais pour le reste de la montée, c’est cuit ce sera à pied. 5km, 500m de dénivelé. Je vais arriver plus tard que prévu. Enfin il fait beau, la route est réservée aux vélo, et cette forêt n’est pas si noire, plutôt de beaux verts.
J’arrive au sommet enfin, avec une ampoule au talon. Paysage magnifique. La descente est magnifique aussi.
Je suis déjà bien cramé, faut dire que j’ai voulu regarder le marathon des jeux de Tokyo, et la victoire de Kipchoge, plus le lever pour prendre le train, ça fait maximum 3h de sommeil. Très très peu. Il y a 19km jusqu’à Neustadt Titisee, puis 11km de montée jusqu’à Eisenbach. En bas de la descente je m’arrête pour prendre une sorte de planche charcuterie œuf au plat, une bière. Le soleil ce couche, c’est magnifique encore. La montée se fera finalement pas si mal. J’arrive alors que la nuit tombe. Une longue étape.
Nouveau voyage, cette fois-ci direction l’est. Premier voyage à vélo hors de France aussi. Et même je vais passer par quatre pays, excusez du peu! France, Allemagne, Autriche et Suisse. Le tout en un peu plus de 550km, en faisant une boucle à partir de Colmar. Et oui, on peut faire 250km à partir de Colmar et se retrouver en Autriche. Qui l’eut cru?
C’est un nouveau type de voyage aussi, sans camping. Je voulais partir plus léger, donc j’ai réservé tous mes hébergements à l’avance. Bien longtemps que je n’avait pas fait ça, et jamais en itinérance. Donc obligation d’arriver à l’hébergement le soir, et donc de respecter les distances prévues. Un peu de contraintes pour gagner un peu de poids. Et puis c’est les vacances, je suis là pour kiffer!
Je roule aussi avec mes roues de route et mes pneus de 25. Gain de poids aussi. J’avais tellement apprécié mon week end dans le Verdon, équipé pareil, même encore plus léger, que j’ai voulu recommencer. Il faut dire que la première étape est costaud car je grimpe tout droit dans la forêt noire, Die Schwarz Wald. Brrrr!
La grande inconnue, c’est la météo. J’ai complètement changé de plan à cause d’elle, et me suis écarté à l’Est pour éviter les dépressions qui menacent cette été. Est ce que ça va suffire?
Il manquait quelque chose à mon récit: la fin. Eh bien oui nous sommes arrivés au Mont saint Michel. Sans encombre en suivant la Véloscénie et son long chemin de fer transformé en véloroute.
Nous avons même visiter le site deux fois. Une fois pour le village et une deuxième fois pour la basilique.
Il y avait plus de monde que l’année dernière, mais ça allait. Quelque touristes seulement. Le temps s’est gâté sur la fin, mais nous avons roulé sans pluie je, c’est seulement le dernier jour que nous avons eu un peu de pluie.
Que retenir de cette Véloscénie? De bons moment avec Pascal, avec qui je faisais mon premier voyage, et mon premier voyage en vélo.
Aussi, que les voies vertes peuvent être ennuyeuses. Mais que les arrêts chez des amis sont super agréables. arriver en vélo chez quelqu’un est une expérience nouvelle, et j’ai apprécié.
Nous avons entrepris de faire la Véloscénie avec mon ami Pascal. La Véloscénie c’est une voie verte qui relie Paris au mont Saint Michel, en ligne droite. Mais ne voulant pas faire la sortie de Paris en vélo, nous sommes partis de Rambouillet. 363km, en cinq jours.
Nous avons rallié lundi Illiers Combrai, une étape variée, en passant par la vallée de l’Eure jusqu’à Chartres, puis les routes à travers la Beauce. 85km, un peu au dessus notre moyenne cible. Temps très beau, chaud déjà. Nuit au camping.
Mardi, c’était la traversée du perche jusqu’à Mortagne au Perche. Belle étape aussi, avec pas mal de forêts puis de la voie verte en gravier. Très rectiligne voie verte et couverte d’arbres à partir de Nogent le Rotrou. Très beau temps toujours. 75 km. Arrivée chez mon amie Valerie, qui nous accueille comme des rois dans sa très belle maison de ville, dîner boudin pommes purée, spécialité de Mortagne. C’est la belle vie.
Mercredi, que de la voie verte gravillonnée, et couverte d’arbres. Arrêt déjeuner dans la famille de Pascal. De bonnes haltes décidément. On s’arrête à Couterne, camping et resto routiers. Ça change. Beau temps le matin mais ça se couvre dans l’après midi. Mais toujours pas d’orage pour le moment. 95km, on a bien roulé. Il nous reste 120km à faire en deux jours, ça va nous permettre de faire la visite de Bagnoles de l’Orne demain. J’espère que la voie verte va se découvrir un peu car c’était un peu ennuyeux aujourd’hui, l’impression d’être dans un tunnel, certes de végétation, mais un tunnel quand même.
Voilà, c’est mon dernier jour, je fais route aujourd’hui vers chez Myriam et Rolf dans le Lot, en passant par Cahors.
J’ai passé la nuit chez des hollandais qui se sont installé en maison d’hôtes à Frayssinet-Le-Gélat, Au petit bonheur. Ils se sont installés il y’a un an et demi, en provenance de Rotterdam. Ils ont trouvé la maison sur internet, l’ont acheté et se sont installé. Sans connaître la région! Ils sont charmants, et Ardy a préparé un petit dîner rien que pour moi. Ils viennent discuter un peu avec moi, et j’apprends que le gîte est fermé, parce qu’ils se sont mariés la veille! Je suis un peu gênés, et les remercie chaleureusement.
Départ le lendemain pour Cahors puis Marsa. Étape déjeuner à Cahors. La journée est chaude, un peu lourde. Près de 1000m de dénivelé tout de même, pour 70km. Et en particulier après Cahors.
Je prends un peu mon temps c’est le dernier jour, les dernières petites routes, les vallées, les collines. il faut que je fasse un peu le bilan de ce voyage dans un prochain article. En attendant j’ai apprécié le week-end avec Myriam et Rolf, la découverte de ce petit coin du Lot et de leur propriété!
Je quitte la Dordogne aujourd’hui. Très belle étape chez Marine et Alexandre, au milieu des Vignes de Montbazillac. Très bel accueil par cette petite famille, avec un dîner improvisé, avec des œufs aux plats des poules de la maison. Et un clafoutis maison! Bien venu car il n’y a rien autour, et il est primordial pour moi de dîner pour préparer la journée du lendemain.
Petit déjeuner pantagruélique ! J’ai très bien dormi dans cette ancienne école. Même pas réveillé par la petite Coline, qui a 8 mois. Le ciel est parfaitement bleu ce matin et je démarre en forme pour la route des bastides, entamée déjà à Domme.
J’atteins d’abord le village de Issigeac, puis Villeréal. 23km/h de moyenne et pourtant ce n’est pas plat! Du jamais vu. J’ai mangé du lion sans m’en apercevoir, à moins que ce soit la belle étape de la nuit?. Très belles bastides, avec leur place centrale et une halle au centre. Celle de Villeréal à la particularité d’avoir un étage habité! Je décide de m’arrêter déjeuner.
Issigeac
Je déjeune d’une assiette variée de canard. Je reste longtemps sur cette place de village. Puis je repars pour Montpazier. Cette bastide est à mon avis la plus belle. Petite, mais pas trop, très bien préservée, avec beaucoup de maison anciennes, on je devine deux périodes différentes de fortifications. À vérifier.
Je fais un survol en drone, qui se passe très bien, ça change. Je reviens dans le centre et ne peux m’empêcher de prendre deux jus de fruits. C’est très agréable décidément, je fais un long arrêt. C’est agréable de prendre son temps.
Enfin je repars, vers Villefranche du Périgord. C’est la fin de la journée, et tout est fermé quand j’arrive. Ce n’est pas très grave, cette bastide est moins intéressante que les autres. La halle est beaucoup plus grande, plus récente aussi. Les pieds sont en pierre avec des chapiteaux de type dorique, un peu étrange.
Hébergement trouvé à Frayssinet-le-Gélat. Très belle journée ensoleillée, j’ai bien profité!
Grand ciel bleu dès le matin. Enfin! Je suis arrivé à Bergerac par la Dordogne, ayant commencé la journée par couper les lacets de la rivière, et passé les ponts au-dessus.
J’aborde d’abord le canal latéral de la Dordogne. Brutalement, plus aucune circulation, le calme et l’eau. Les arbres qui se réfléchissent. Puis à partir de l’écluse d’aval de Tuilières, c’est une voie verte qui serpente le long de la rivière. Étroite, mais peu fréquentée en semaine, ça roule assez vite.
Je m’arrête un bon moment à Bergerac. Le centre ville est très sympa, il y a peu de monde en semaine, et il fait beau. Petite glace en provenance de Villeneuve sur Lot. En terrasse.
Je quitte Bergerac, et prend la direction de Montbazillac. C’est, aussi, un très beau château sur une butte. Ça monte très raide!
Ce soir, je serai en chambre d’hôtes dans les vignes. Chez Alexandre et sa compagne, qui ont quitté Paris pour venir s’installer dans la région. Ils ont une très belle maison, également très bien placée. Une ancienne école.
Toute petite journée de vélo aujourd’hui. 35km. Il fait beau. J’ai quitté Carsac-Aillac, et pris tout de suite un chemin vtt en forêt. Bien raide. Puis de petites routes qui m’ont mené à Domme. Petit village fortifié au sommet d’une colline. Très beau village paisible en semaine. Vue magnifique sur la Dordogne. Elle est large maintenant, on dirait un fleuve.
Puis je suis la Dordogne et visite La roque-Gageac. Impressionnant village accroché à la falaise. Des petites ruelles pavées parcourent le village. Je continue et atteint Beynac, un autre village accroché à la falaise. Un château surplombe la vallée. Rien de mieux pour faire un petit survol en drone.
Très beau vol, sauf qu’au bout de quelques minutes, je pers le contrôle. Impossible de le ramener. Je le fais redescendre mais le perd de vue. Il atterri quelque part. Je pense l’avoir perdu. Fort heureusement, il y a une fonction de localisation, et je le retrouve perdu dans un champ. En parfait état. Grosse grosse frayeur.
Ça vaut le coup de boire une bière sur le port de Beynac, pour reprendre ses esprits!
Je contacte mon ami Rolf, et il apparaît qu’il sera chez lui dans le Lot le week-end prochain. Ça change mes plans. Je vais donc revoir mon itinéraire, qui de toutes façons n’a plus aucune stabilité, après tous ces jours de météo capricieuse. Ça me fera plaisir de le voir avec Myriam!