Vélibre

Vélo. Libre. Vélibre.

Catégorie : Voyage

  • Gand, quel dommage! Quoi que…

    Deuxième jour de mon voyage à travers les Flandres. J’ai plutôt bien dormi, le bruit de la route non loin ne m’a pas dérangé. Réveillé vers 6:30, la nuit a été trop courte. Lever tranquillement vers 7:45, quand less rayons du soleil commencent à effleurer la tente. Rien ne presse, il faudra faire sécher la tente.

    Je plie la tente et toutes les petites affaires de nuit, et je vais chercher mon petit déjeuner commandé la veille. Mes voisins le couple hispano néerlandais s’en va, ils retournent à Rotterdam, et me souhaitent bonne chance pour mon voyage. J’en fait de même. J’arrive au bar mais c’est fermé, d’autres personnes attendent aussi dehors, j’attends un peu puis décide d’aller faire un brin de toilette. Retour à la tente où je termine de plier mes affaires. Je retourne à l’accueil mais le bar est toujours fermé. Étrange, il devait ouvrir à 8h. Je vais à la réception et en fait j’avais mal compris, c’est ici que je dois récupérer ma commande et ensuite manger dehors sur les tables en bois. Je récupère aussi mon vélo, que j’avais laissé à l’intérieur, pour plus de sûreté sur les conseils de la personne de l’accueil hier. Je mange tranquillement mes petits pains complet et mon café et mon jus d’orange (celui là je l’attendais).

    Départ pour Gand, aperçu la veille, mais ça mérite un peu plus que ça. Je me faufile dans les rues pour approcher du centre et me retrouve vite au même endroit qu’hier, entre les deux églises, la cathédrale Saint Bavon et le beffroi de Gand, lui même devant l’église Saint Nicolas.

    Le cœur de Gand

    Il y a pas mal de canaux aussi, c’est vraiment une belle ville. Mais mais mais, il y a trop de monde! Les groupes de touristes arrivent déjà, il n’est même pas dix heures. Ça m’enlève toute envie de visiter. Je prends quelques photos et je me dirige vers la sortie. Dommage, c’est une ville qui vaut le coup, je pense qu’on peut y passer plusieurs jours, mais probablement il faut venir un peu plus tôt dans la saison. Début mai. Je reviendrai pour passer quelques jours.

    Je me retrouve assez vite dans les faubourgs, pas très joyeux, puis la banlieue, très propre, puis mon itinéraire prend une piste cyclable le long d’une voie de chemin de fer. Diable, encore une ligne droite de la mort. Je regarde la carte et je vois que mon itinéraire est quasiment linéaire jusqu’à Anvers! Plus de 30km! Impossible de suivre ça. J’avise un village, Lockeren, qui me permet de rejoindre un canal, et ensuite d’emprunter une multitude de petits chemins cyclables qui me conduisent à Anvers. Oui, c’est moins direct, plus long, mais sûrement moins pénible. En fait, la Belgique et les pays bas sont si denses en piste cyclables, que mon planificateur (Komoot.com) n’a aucune difficulté à trouver une ligne directe entre deux villes. Ça me change de mes voyages précédents, je faisais confiance, il va falloir que je vérifie pour les jours prochains.

    Le site opencyclemap.org. Les pistes cyclables sont en violet. Une belle densité en Belgique et Pays-Bas!

    Comme la veille, je débranche le gps et passe en mode manuel, navigation à la carte, à l’ancienne. Bon, bien sûr je n’ai pas le même rythme, je dois m’arrêter fréquemment pour vérifier la direction, mais avec l’aide du soleil, qui me guide vers ma destination en le conservant dans mon dos, j’arrive à me diriger pas trop mal. J’approche d’Anvers et me retrouve tout d’un coup au bord d’une grosse rivière. Très grosse rivière. Je me dis un instant que c’est le Rhin, les panneaux disent Die Schelde (bien sûr il n’y a rien en français ici), je suis un peu perplexe. Tout d’un coup, le chemin s’arrête au bord de la rivière, et j’avise un bac de l’autre côté, qui amorce son départ. Ça tombe bien, j’adore les bacs. Le bac met très peu de temps pour traverser, et je me dirige vers lui, via la petite passerelle métallique. Je suis bientôt rejoins par une dizaine de personnes. Nous laissons descendre les passagers, puis venons les remplacer. Il y a deux emplacements pour les vélos, de part et d’autre d’une grosse cabine avec des sièges. Mais les portes vélo ne sont pas assez large pour mes pneus de 45c, donc je gare le vélo dans la cabine. Je m’assoie et observe les autres gens. Il y a un groupe de 6 personnes, ils se prennent en photo, discutent. Évidemment je n’entrave que dalle à leur langue, mais pour une fois ça ne me dérange pas, je les regarde du coup plus intensément. C’est un peu comme regarder la télé sans le son. C’est une autre expérience.

    En fait, c’est l’Escaut ! Je ne connais pas cette rivière, j’ai vu le film la bataille de l’Escaut et sa mise en scène impressionnante. Mais c’est une très grosse rivière! Un fleuve même, puisqu’il se jette dans la mer du Nord après Rotterdam. Le bac démarre enfin, et il ne lui faut que quelques minutes pour traverser. Dommage, j’aurais bien fait un tour plus long, j’adore les bacs. Comme un passage entre deux mondes, qui n’est pas donné à tous, qui demande un peu d’esprit de curiosité, pour s’aventurer de l’autre côté de la rivière, dans un monde un peu inconnu dont on ne connaît que la rive, et qui promet de procurer aux ambitieux, des découvertes merveilleuses.

    Nous descendons tous et la route vers Anvers est assez directe. Je me rend compte alors qu’il fait très chaud. Je me sens un peu fatigué et je pense que c’est la chaleur. Je n’ai presque plus d’eau et même le bidon que j’ai dans le sac à dos est presque vide. J’ai vidé mes deux flasques il y a déjà pas mal de temps. Je me dis que je vais m’arrêter à Anvers. L’entrée dans la ville se fait très bien, et j’arrive dans le centre assez vite. C’est très animé, la ville n’est pas spécialement belle mais ça semble agréable. Des rails de tramway, comme à Gand, il faut être vigilant, et j’arrive sur une place assez grand, longée de bar, au bord de l’Escaut. C’est très fréquenté, j’attend qu’une place se libère en face d’un espace vélo pour que je puisse le surveiller, et j’avise un grande table au fond d’une des terrasse, avec de hauts poufs aux coussins bleu marine, entièrement vide. J’attache mon vélo, et me dépêche de prendre place. Je fais bien, je suis très vite rejoins par un couple. C’est un peu le bazar, la jeune serveuse est un peu débordée pour gérer cette terrasse pourtant pas très grande. Finalement une femme la rejoint et je commande un cola et une eau pétillante. Je les avale très vite, j’ai vraiment soif. Le temps n’est pas exceptionnellement beau, du coup je ne me suis pas rendu compte, un peu couvert, mais il fait très chaud. Mon gps me dira 27° de moyenne.

    Je repars, il me reste une petite trentaine de kilomètres, il faut quand même les faire. Je reprends mon itineraire, qui bien sûr est assez rectiligne, au bord de la voie de chemin de fer Eurostar. Mardi je passerai là.

    Il fait toujours aussi chaud, je n’ai plus d’eau cette fois, et j’arrive à un endroit très calme, un gros village, avec quelque bar et restaurant disséminés autour d’une église. Ça s’appelle Kalmhout. Il ne me reste que 11km, il fait si chaud et l’endroit est si paisible. Je m’attable et prend une eau pétillante. Il y a déjà des gens qui dînent, il est à peine 18h. Je reprends ma route et arrive à mon camping, enfin, mais là, mauvaise nouvelle, la réception est fermée! J’ai reçu un mail qui me dit que je n’ai pas payé, et que je ne peux donc pas recevoir mes codes d’accès. Il y a un numéro de téléphone en bas du mail, j’appelle, je n’ai rien à perdre. Et un type me répond! Il ne me faut que deux minutes pour le convaincre de me donner les codes pour le local sanitaire, il n’y a que ça qui m’intéresse, prendre une bonne douche. 7763.

    Il ne doit pas y avoir plus de 10 camping car dans ce camping minuscule. Ça change d’hier. Montage de la tente, puis douche bien méritée. Lessive… Une journée à quand même 85km au compteur, sans compter un gros arrêt du gps pendant une demi-heure, ça doit faire plus de 90km. L’avantage c’est que je suis dans un bled, donc pas de visite touristique ce soir. Un plat de pâtes au restaurant O’Sole Mio à Essen (ça ne s’invente pas), ma foi pas si mal, une petite discussion avec le patron dont la mère est de Calabre, je lui parle de mes voyages en Italie. Au lit!

  • À travers les Flandres

    C’est parti pour un nouveau tour de vélo, dans le nord cette fois-ci. Quatre jours, enfin quatre jours de vélo. Départ de Lille. Ça fait longtemps que je ne suis pas venu à Lille, depuis que ma fille n’y habite plus, ayant préféré les lieux plus ensoleillés et au climat plus méditerranéen.

    C’est toujours une très belle ville, que j’aime vraiment, et d’ailleurs je pense que tout le monde aime cette ville. Elle a de nombreux atouts, et probablement qu’il ne lui manque que la mer.

    Départ Gare du Nord, avec une roue avant dégonflée. Hier j’ai regonflé mes pneus et impossible de gonfler le pneu avant, je crois que le préventif a bouché la valve. Pas le temps de regarder ça et c’est avec une petite angoisse que je me rend à la Gare du Nord. les pneus tubeless c’est bien tant que ça fonctionne, mais dès qu’il y a un petit problème, gonflage, étanchéité, préventif, ça devient vite un problème récurrent. Y a beaucoup de choses comme ça.

    Arrivée à la gare une heure avant le départ, 7:15, le train pour Lille n’est pas encore à quai. Démontage du vélo, enveloppement dans la housse, 30 minutes comme d’habitude, c’est quand même plus pratique et rapide que la valise avion. Là il faut juste démonter les deux roues, les fixer au cadre avec des velcros, mettre l’ensemble dans la housse et c’est tout. On a bien répété le processus avec Valérie depuis trois ans maintenant, c’est ultra rapide.

    Attente du train, il n’est pas très rempli, j’ai réservé en première classe et laisse le vélo dans le couloir, ça ne gêne pas. Les espaces bagages ne sont pas assez grand pour y loger le vélo.

    Nouveau problème, impossible de synchroniser le parcours entre Komoot et mon compteur garmin. j’abandonne au bout de trente minutes. Ça se terminera par un export/import de fichier gpx.

    Arrivée à Lille, une heure après, c’est quand même top rapide. Remontage du vélo dans la gare, réparation de la roue avant, le préventif avait en fait figé dans le pneu. Réglage du problème d’itinéraire sur le garmin et c’est parti. Quand même je m’arrête prendre un petit dej sur la Grand place et ses beaux immeubles, 20 minutes d’attente, le serveur n’est pas bien réactif. Départ 11:30!

    Je vais à Amsterdam ! Traversée des Flandres belges et néerlandaises. Ça fait bien longtemps que je veux expérimenter les pistes cyclables du Nord. L’itinéraire va me mener à Courtrai, puis Gand, puis Anvers, Utrecht, et Amsterdam.

    Mon parcours Flandrien

    Je sors de Lille par l’avenue de la république, une large et belle avenue, bordée de belles maisons, principalement en brique, rouges ou blanches. Les villes de l’agglomération lilloise se succèdent : Marcq en barœul, Wasquehal, j’effleure Roubaix, je plonge dans Tourcoing. Ce n’est pas du tout le nord des clichés. J’arrive en Belgique sans m’en rendre compte, je ne rencontre même pas de vieux poste frontière. Tout d’un coup les plaques d’immatriculation sont belges, je suis en Belgique. Patrie d’Eddie Merckx et de Wout Van Aert. Je suis sur leurs terres. J’en frissonne.

    Le temps, un peu couvert à mon arrivée à Lille, s’est dégagé, et le soleil tape sur ma nuque découverte. Sensation connue et nouvelle à la fois, après un si long hiver. J’arrive à la première vraie ville belge, Courtrai, rien de spécial à dire sur cette ville sans grand intérêt. Je suis maintenant sur une grande route, bordée d’une piste cyclable, mais désespérément droite. Je passe d’autres villes et je commence à me dire que ça va être long jusqu’à Gand. Je m’arrête m’acheter un sandwich chez Lidl, il n’y a guère de choix : œuf dur ou poulet épicé. Je prend poulet, et un paquet de myrtilles, un peu de frais ne fera pas de mal, je n’ai pas une confiance totale dans mes wrap au poulet. C’est plus par peur d’avoir faim que par réelle faim. Je décide de m’écarter de la grosse route pour consommer mon déjeuner, et je m’arrête dans une petite ville sans âme. Je regarde alors mon itinéraire en me disant que ce n’est pas possible qu’il n’y ait que cette route sans intérêt. Je vois qu’il y a un canal qui est parallèle ou presque à la route, avec un chemin de halage. Et je me dis que ce ne sera sûrement pas pire que cette route.

    Je reprend mon vélo, et me dirige vers ce canal et bien m’en prends! Il y a une belle route cyclable le long du canal, des péniches, des bateaux, des gens à velo sur le chemin, de la vie quoi! Mon gps veux me ramener sur ma route, mais je refuse et finit finalement pas arrêter le guidage. Je passe en mode improvisation et c’est nettement mieux. Je suis ce canal pendant peut être 20km, et ça n’a rien à voir. Beaucoup plus tranquille, le chemin du canal n’est emprunté que par des vélos, et va m’amener jusqu’à Deinze.

    Deinze. Une ville très typique de Belgique. Comment dire. C’est difficile de décrire une ville belge. Un agencement d’immeuble assez recents, pas vraiment beaux mais pas vraiment moche non plus. Une ambiance de fête foraine (là il y a une vraie fête foraine), pas vraiment gaie, et un peu déprimante pour tout dire. Vous connaissez Knokke? Et bien pareil. Bref je passe mon chemin. Il y a maintenant pas mal de canaux, et j’arrive à un pont basculant assez impressionnant. J’ai rejoins quasiment mon itinéraire, mais je ne peux me laisser aller à le suivre. Je continue avec les chemins et routes balisés, très nombreux, et arrive tranquillement dans la banlieue de Gand. La banlieue bourgeoise. Que de très belles maisons longent soit de très petites routes, soit des canaux, avec un peu d’espace verts devant les maisons. Bon il y a un petit côté playtime avec les maisons les plus récentes, mais l’ambiance générale est très agréable. J’arrive à un bac, qui traverse un canal, une bonne dizaine de gens à vélo en descende. Et je monte avec une autre personne. Je finis par entamer la conversation avec lui et le conducteur du bac. Ils me disent que j’ai un accent très français et pas du tout Français lillois… Trop drôle. Ils se mettent à parler français, en me disant que tout le monde parle français dans le coin, enfin, parle les deux langues. Je les laisse dire, mais je n’ai pas entendu un mot de français depuis que j’ai passé la frontière.

    Arrivée à mon camping à Gand, qui est bondé ! Montage de la tente, douche, j’hésite à retourner en ville car je suis un peu claqué. Brève discussion avec mes voisins, cyclistes eux aussi. Ils viennent de Rotterdam. Le mec me fait des compliments sur mon vélo et sur ma tente. Finalement je pars car je ne me vois pas passer la soirée au bar du camping. Un aller retour rapide le temps de voir un peu cette ville réputée, un bref dîner et retour au camping et au lit.

    Une belle journée où j’ai senti, de nouveau, le parfum de la liberté.

  • De Thonon les bains à Bellegarde

    Il a plu toute la nuit, et il pleut encore ce matin. Selon la météo, la pluie doit s’arrêter à 10h. On a prévu d’être prêt à ce moment là. Comme le temps est incertain, on a sorti les tenues en conséquence. Cuissard long, veste de pluie et pantalon de pluie. Au cas où la chaussée serait mouillée. On est prêt à affronter le pire temps si jamais, mais normalement il ne devrait pas pleuvoir entre Thonon et Genève. En revanche, entre Genève et Bellegarde, c’est pas joli joli.

    9h. 10h. 10h30. En fait, la pluie ne s’arrête pas. Donc on part sous la pluie. Oh pas bien méchante, mais la pluie c’est la pluie et en vélo on est vite trempé. On commence par faire un grand tour de Thonon, il faut descendre au bord du lac, on va trop loin et on doit faire demi tour. Enfin nous nous retrouvons sur la route de Genève.

    Quoi dire? Eh bien pas grand chose les amis. La pluie, la pluie, la pluie, jusqu’à Genève. 40km sous la pluie. Dans ce cas là, on baisse la tête et on pédale. J’ai les pieds trempés très vite, mais pour le reste, pas de problème. Les longues sessions photos sont loin, aujourd’hui on n’en prendra pas une seule.

    Arrivée à Genève, la pluie s’est arrêté, il fait assez froid, c’est venté, on cherche de quoi manger et on trouve un supermarché COOP, à côté d’une synagogue. On mange sur un banc, on regarde passer les genevois, si différents de nous. Pas évident de dire pourquoi, mais leur style vestimentaire est différent. Hommes comme femmes.

    Cette ville est assourdissante. Non pas qu’il y ait énormément de monde, mais c’est très bruyant. On reprend nos vélos et traversons la ville. Pas très sympa non plus cette traversée, on se retrouve assez brutalement dans la campagne, après la traversée d’un quartier résidentiel, près d’Onex.

    Ensuite, c’est de la descente jusqu’à Chancy, on passe le défilé de l’écluse, c’est ultra impressionnant. Plus on s’approche et plus on a l’impression que la montagne a été ouverte pour nous laisser passer. On a les crêtes du Jura au-dessus de nous à droite, avec le crêt de la neige, point culminant du Jura, et on s’approche lentement de ce défilé. C’est aussi ça de voyager à vélo, on a le temps d’observer le paysage, la topographie. De se poser des questions, de se remémorer l’histoire, la formation des chaînes de montagnes, la géographie. C’est sûrement pour ça que la déconnexion est si rapide. On a parfois l’impression, on se voit naviguer sur une carte en trois dimensions. Parce qu’on a étudié le parcours au préalable, pas seulement comme une trace avec des points de passage, plate. Mais avec le relief, les virages, les villes et villages, les mers parfois. C’est pour cette raison que c’est important de faire un repérage de l’itinéraire. On sait, ensuite, quand on y est, où l’on est. On se voit. On sait qu’il va y avoir une montée, une descente, un passage de rivière, une ville. Ça n’enlève rien à la découverte des lieux, mais ça rend la découverte plus intense.

    C’est la frontière avec la Suisse, on la passe sans émotion particulière. Le ciel est gris très sombre, mais il ne pleut pas! Toujours pas. Et tout d’un coup, on prend un tunnel, qui n’était pas signalé. Seul Pascal a le réflexe d’allumer sa lumière arrière, j’y pense mais je préfère garder les deux mains sur le guidon. On n’en mène pas large, les voitures nous doublant assez vite et très proche. Je m’arrête à la sortie du tunnel un peu soulagé. On se dit qu’il pourrait être signalé, Pascal pense même qu’il devrait être interdit aux vélos. En tout cas ce genre d’événement à vélo est un peu flippant.

    Puis notre itinéraire s’éloigne de la grosse départementale, on emprunte un chemin forestier empierré, on se fait un fort gradient pendant un kilomètre. On attaque le début du Jura. J’arrive bien essoufflé en haut, c’est bon pour mes cuisses qui manquent un peu d’entraînement. Puis c’est la descente, longue, vers Bellegarde sur Valserine. Pas mal de voitures encore, bouchon à l’arrivée.

    On trouve notre appartement facilement, Bellegarde n’est pas une très grosse ville. Pas très folichonne non plus. Et l’appartement n’est pas au niveau de celui qu’on avait à Thonon. On finit la soirée au restaurant. Et on débat une fois de plus sur l’état de la France, les différences Paris-Province. J’aurais un peu de mal à obtenir du serveur d’avoir une serviette supplémentaire, ce qui alimentera notre conversation évidemment. Mais tout ça nous fera beaucoup rire et c’est déjà pas mal!

    Une journée un peu triste, mais surtout qui sera la dernière. En effet, la météo n’est pas bonne pour les jours suivants, froid, pluie, alors que nous devons amorcer la remontée vers Pontarlier, via la traversée du Jura, et passer des cols à 1200m d’altitude. On n’a pas trouvé de logement sur le parcours, donc on a décidé de remonter le lendemain vers Paris en train. Il y a un peu un goût d’inachevé, mais c’était quand même un très beau voyage, au bord des lacs. Et j’ai beaucoup apprécié de voyager avec Pascal, qui est un excellent compagnon de voyage.

    À bientôt pour le film !

  • De Vevey à Thonon les bains

    On se lève très tôt, vers 6h30. En effet les ouvriers en bas ont commencé les travaux et ils commencent à faire du bruit. Nos habits ont séché, nous avions fait une grande lessive, pour une fois que nous étions à l’hôtel.

    Notre linge écarté pour sécher après la lessive.

    Pas la peine d’attendre, on se lève tous les deux et sans prendre de petit déjeuner, on pars vers 8h. La pluie est annoncée vers 13h donc plus on part tôt et plus on pense qu’on pourra échapper à la pluie. On prend quand même la peine de prendre des photos avant de partir, la vue des Alpes depuis la rive nord du lac Leman est décidément magnifique.

    On sort facilement de Vevey, la ville d’adoption de Charlie Chaplin, et on arrive assez vite à Montreux, la ville d’adoption de Freddie Mercury. La ville est encore endormie à cette heure. Il y a très peu de monde dans les rues, quasiment pas de magasin ni même café ouverts. Il ne fait pas très beau, on prend la Grand rue qui traverse la ville, bordée de magasins de luxe et d’hôtels chics. Rien n’est ouvert, seulement un café de temps en temps, c’est une ambiance très différente et un peu surannée qui règne ici. L’architecture en partie victorienne n’y est pas pour rien probablement.

    Je ne me souviens pas qu’on se soit arrêté dans la traversée. Et nous nous retrouvons très vite en dehors de la ville et arrivons au château de Chillon.

    Le château de Chillon

    Ce château est situé aux confins du Léman, et de lui, on a une perspective sur tout le lac, et en particulier la rive nord côté Jura. C’est un château médiéval en parfait état, planté de plusieurs tours et formé de murailles assez hautes. Il fut construit sur une plate-forme rocheuse, qui forme une île, reliée à la berge par une passerelle de bois abritée par un toit. J’adore la perspective sur le lac à travers cette passerelle.

    On ne visitera pas le château, pas plus que la maison de Charlie Chaplin, ni la maison du lac du Corbusier, mais nous continuons à la recherche d’un endroit où prendre le petit déjeuner. Et nous nous retrouvons brutalement dans une forêt. Tout est très humide et la transition avec la zone urbanisée précédente est brutale. Nous zigzaguons sur une route forestière très agréable, très roulante aussi, et on commence à voir la rive nord du lac, très différente de la vue qu’on avait de cette même rive, sur les Alpes. Là c’est le Jura qui est en arrière plan, qui forme un décors beaucoup plus doux et presque plat en comparaison. On entre ensuite dans une zone assez humide, la réserve naturelle des Grangettes, qui est une sorte de petit delta, formé par le Rhône qui se jette dans le Léman à cet endroit.

    Nous allons reprendre la route au bord du lac, mais il y a deux petits cafés qui sont ouverts, au Bouveret, et nous nous arrêtons pour prendre notre petit déjeuner. La patronne est d’une très grande amabilité, comme toujours depuis le début du voyage. Et nous sert la formule tout compris, avec jus d’orange pressée, croissant et des tranches de tresse, sorte de petite brioche tressée. Mais attention, on ne dit pas brioche tressée en Suisse, je me suis déjà fait reprendre une fois, on dit la tresse. Dans une boulangerie à Neuchâtel, j’avise des petites brioches individuelles, et dis donc « je vais prendre une petite brioche », en regardant un peu fixement le bac où elles se trouvaient. La serveuse me répondit « on n’a pas de brioche ». Un peu étonné, je lui dis que je prendrais bien ce qui ressemble à une brioche, un peu tressée, et même en montrant le bac du doigt. La serveuse me dit alors « ce n’est pas une brioche, c’est une tresse! ». « Ah d’accord, et bien, je vais prendre une tresse alors! ». En Suisse, il faut être précis. Une tresse c’est une tresse, et non pas une brioche.

    Une fois rassasiés, nous reprenons notre route, en direction de la France. Nous entrons dans Saint-Gingolph, et prenons une piste cyclable qui serpente à flanc de montagne, quelque mètres au dessus de la route. Nous croisons quelques cyclistes, dont une allemande avec qui j’échange quelques mots d’allemand. De temps en temps, j’aime bien me laisser imaginer que je peux parler cette langue que j’ai appris au lycée. Mais en fait, pas du tout!

    Nous continuons et arrivons à Evian. Je tiens absolument à aller remplir mes gourdes à la source, aussi nous garons nos vélos et montons dans le centre vers la source Cachât. Nous découvrons un très beau bâtiment art nouveau, et en particulier ses verrières. Dommage que le bâtiment soit enchâssé dans les immeubles environnants.

    Je remplis mes gourdes à la source, très belle et bien entretenue, et très peu fréquentée.

    La fontaine de la source Evian

    Nous déjeunons au bord du lac de sandwichs et coca (la boisson du cycliste). Prochaine étape : Thonon les bains. Nous avons réservé un appartement, car cette fois ci, la météo annoncée est très pluvieuse, pour toute la nuit. Nous arrivons très tôt vers 14:30, mais l’appartement n’est pas encore disponible. Nous garons les vélos et allons faire un tour de Thonon. C’est désert. Nous sommes dimanche et il y a seulement quelque jeunes gens désœuvrés dans les rues. Nous parisiens, c’est toujours un peu étrange de constater le manque de vie dans certaines petites villes de province. Nous retournons vers l’appartement vers 16h. En dépit de la façade de l’immeuble pas très attirante, l’appartement est vraiment très bien, spacieux, très bien décoré aussi, avec un grand salon et une chambre. Très chaleureux. Pascal prendra cette fois ci la chambre, et moi le canapé lit dans le salon. Enfin, lit, il faut le dire vite. Mais ça ne m’empêchera pas de dormir très bien.

    Nous voulions attendre la fin de la pluie, démarrée vers 19h, pour aller dîner, mais ce n’est que vers 20h que nous sortons et allons dîner à la trattoria Borelli, tout près de l’arrivée du funiculaire. Nous montons à l’étage, car il n’y a que très peu de tables dans la salle au rez de chaussée. Et c’est une excellente surprise, une toute petite trattoria qui vient d’ouvrir, deux semaines plus tôt. Nous prenons un plat de pâtes, Pascal prenant « mia carbonara », des raviolis où la joue de porc (guanciale) a été remplacée par de la joue de bœuf. Je prends des papardelles au ragu de canard. On nous offre aussi un amuse bouche et un sablé italien en fin de repas. Nous faisons des compliments au jeune garçon qui nous a servi. Il s’avère que c’est le fils du patron, qui monte lui même nous remercier pour les compliments et nous fait un long discours sur son expérience acquise dans d’autres restaurants, les pizza nouvelle mode, avec enthousiasme ! Et il nous offre aussi un limoncello avant de partir. La trattoria Borelli, à Thonon les bains. Nous recommandons.

    Pascal et la famille Borelli. Pascal a mis sa plus belle tenue pour sortir ce soir.

    Une excellente étape au final, peut être la plus belle depuis le début du voyage.

  • On quitte le lac de Neuchâtel, vers Lausanne et Vevey

    Journée de transition entre les deux lacs. Il fait un peu moins beau. Pascal, et moi, avons beaucoup mieux dormi. Aujourd’hui, nous avons un peu de dénivelé à faire pour passez d’un lac à l’autre.

    Il a plu une bonne partie de la nuit, nous attendons 7h30 pour nous lever. Les tentes sont trempées, mais le temps se dégage et même un petit rayon de soleil fait finalement son apparition. On peut faire séchez les tentes et partir un peu après 9h. On a eu de la chance qu’il s’arrête de pleuvoir tôt le matin.

    On sort d’Yverdon tranquillement, puis après une bonne petite côte, on attaque les contreforts du Mormont. La route est assez étrange car on prend des petites routes cimentées à flan de colline, puis en tournant à 90°, on monte raide (très raide) sur quelques centaines de mètres. Puis de nouveau un route à flan, puis une montée bien raide. Etc. On monte à pied tellement c’est raide. Un peu l’impression de monter des escaliers géants. En se retournant, on a une vue magnifique sur le Jura suisse.

    On arrive sur un plateau et on prend une grosse route, qui va nous emmener à Lausanne. On ne suit pas vraiment l’itinéraire, car il nous fait pas mal monter et descendre, et on commence à en avoir un peu marre, d’autant que ce n’est même pas pour avoir de jolis points de vue.

    Arrivée à Lausanne, très grosse ville en fait, et très pentue, comme dans mon souvenir. Beaucoup de monde dans les rues. On n’est plus habitués. On cherche à manger, on déjeune dans un jardin, puis on va voir la cathédrale, où chante un cœur avec un petit orchestre à cordes, genre cantate de Bach. En retournant vers nos vélos, on se prend une très grosse averse. On s’abrite dans l’escalier de la fontaine Pierre Viret. L’averse est de courte durée, donc on peut rejoindre nos vélos garés près de l’église saint François. Mais l’alerte est donnée, il va falloir faire attention maintenant à la météo, très changeante. Le temps ne devait changer que dimanche ou lundi. Il va en être autrement.

    On sort de Lausanne direction Montreux. On emprunte une grosse route mais avec piste cyclable, donc ça va. Une autre averse menace, le radar de pluie est en alerte, on s’arrête juste au moment d’une nouvelle averse. On prend un café dans un tout petit bar de marina, avec des gens très sympas.

    Redémarrage et route jusqu’à Vevey. On réfléchi, de la pluie est annoncée pour la nuit, on choisit d’aller à l’hôtel, et on trouve en bord de lac un hôtel pas trop cher, mais en complet travaux, en tous cas la terrasse. Le patron semble un peu perturbé par les travaux, la demande de dernière minute, nos vélos, mais finalement tout s’arrange, et nous prenons possession de notre chambre qui donne sur la place du marché.

    On sort dans Vevey, qui semble une ville très sympa, avec une vue grandiose sur les Alpes de l’autre côté du lac, et aussi sur le fond du lac, Montreux et la vallée de Sion. Ce soir ce sera burger avec une double haut de cuisse mariné aux épices indiennes, excellent!

    Couchez de soleil et ballade le long du lac. Belle journée très variée.

  • Le lac de Neuchâtel.

    On a dormi dans un camping à Colombier, très très bruyant, au pied d’une autoroute. Quand je dis au pied, c’est au pied. Du coup, on s’est mis à la place des gens qui dorment sous des ponts, et on s’est dit que c’était juste infernal. Ca devrait être interdit d’implanter un camping à ce genre d’endroit. Évidemment on a très mal dormi. Nos matelas n’étaient pas suffisamment gonflés, ça n’a rien arrangé.

    Départ pour Neuchâtel qui est à 10km de Colombier. Neuchâtel est une belle ville, très calme, avec une belle collégiale et un château avec une cour immaculée.

    Nous sommes accueillis dans la collégiale par un cours d’orgue, nous sommes flattés. Le château est lui assez désert, mais il ne se visite que les jours fériés et les week-ends.

    Nous continuons le tour du lac, on passe le bout du lac à travers champs. La rive sud est très différente de la rive nord. Beaucoup plus campagne que la rive nord, beaucoup plus urbaine.

    Je dois avouer que je n’ai pas une très grande forme, peut être le manque de sommeil, mais je me traîne un peu. Je pense au parcours retour dans le Jura français, et je me dis que ça ne va pas être de la tarte.

    On s’arrête déjeuner vers Cudrefin, sur une belle pelouse, près du lac. Il fait très chaud, les sodas sont les bienvenus venus. On reprend notre route et nous arrivons dans un village un peu moyenâgeux, Estavayer, qui abrite un très beau château, où se déroule un mariage, le château de Chenaux. C’est un château médiéval, très bien conservé, avec pas mal de coursives extérieures et une belle cour pavée.

    Nous finissons notre journée à Yverdon les bains, après une belle étape de 68km quand même. Camping cette fois-ci très bien placé près du lac, j’espère que Pascal dormira mieux cette nuit, et surtout qu’il ne se fera pas attaquer par une goule, qui venait lui déchirer sa tente, comme la nuit précédente. Le pauvre, il criait tout ce qu’il pouvait.

  • Direction Neufchâtel

    On a démarré de Frasne, à 19km de Pontarlier. Pourquoi Frasne? Parce que lors de notre réservation de train, pour une raison inexpliquée à ce jour, la SNCF nous a demandé de changer à Frasne, d’attendre plus d’une heure, pour aller ensuite à Pontarlier. Alors que le train allant à Frasne avait comme terminus Pontarlier. Nous n’avons pas compris et la contrôleuse non plus. Donc nous avons dormi à Frasne.

    Lever vers 7:30, Pascal sort pour acheter des croissants, mais un premier mai à Franes, rien n’est ouvert. Et de toutes façons il n’y a pas énormément de choses. Donc un petit café à la maison et c’est parti, à 9:00 tapantes comme prévu.

    On attaque directement l’itinéraire pour rejoindre Neuchâtel. On est tout de suite au milieu de prairies magnifiques, couvertes de fleurs de pissenlits, c’est magnifique. C’est le Jura comme on l’aime. Les prairie, les vaches, les combes. On arrive à Pontarlier après une heure de vélo, et quelques soucis d’itinéraire gps. Pontarlier est en fait une toute petite ville, je suis surpris. On achète un croissant et une briochette, on visite l’église romane Sainte-Bénigne (et ses très beaux vitraux modernes), et c’est reparti. On prend alors la route de l’absinthe. Oui, c’est la région historique de l’absinthe. Et on se retrouve très vite en Suisse, c’est vraiment très proche. À nous les routes cyclables à travers champs. C’est très très agréable. On descend tranquillement le Val de Travers, on se perd un peu aux abords du creux du Van, vers la ferme Robert, mais une cycliste couchée nous réoriente vers d’autres chemins, plus roulants que le GPS Garmin voulait nous faire emprunter. Et nous voilà à descendre les gorges de l’Areuse, quasiment jusqu’au lac de Neufchâtel. C’est une route magnifique, que je vous conseille si vous passez dans le coin. Attention il y a beaucoup de dénivelé, mieux vaut les faire dans le même sens que nous.

    On a repéré un camping près du lac et on y arrive vers 16h. Et nous sommes surpris, le camping est plein. Sauf l’espace pour les tentes, désert. On s’installe et notre projet d’aller visiter Neufchâtel tombe à l’eau d’un commun accord. Et on le remplace par un dîner mérité car on n’a rien mangé de la journée. Neufchâtel attendra demain.

  • Le Jura, nous voilà!

    C’est parti pour mon nouveau voyage, au printemps. Comme il fallait bien trouver un nom, je l’appelle le Jura, et ce n’est pas faux, je vais bien dans le Jura, mais j’aurais aussi bien pu l’appeler le tour des lacs suisses, ou à l’est tout nouveau, la pince (en rapport avec la forme du parcours) ou bien encore les helvétiques (ah mais ça c’est déjà pris!). Car oui ce voyage part de Pontarlier et je vais faire le tour du lacs suisses de Neufchâtel, puis du lac de Genève, pour revenir à Pontarlier, en traversant le Jura.

    Non, ce qui est un peu intriguant dans ce titre, vous l’aurez sûrement remarqué, non? Vous ne voyez pas? Eh bien c’est « nous »! Car cette fois ci, je pars avec mon ami Pascal, avec qui j’avais déjà fait pas mal de choses à vélo en 2021 : la Veloscenie, le tour du Morvan, et d’autres plus petites choses en Normandie en particulier.

    Le tour fait 8 jours, à peu près 430km (Pascal est en préparation du trail de la vallée des lacs dans les Vosges au mois de juin, et donc on ne doit pas faire trop de kilomètres pour ne pas perturber son entraînement). Pascal a un curriculum très fourni avec deux Marathon des sables en particulier. Je me sens tout petit à côté.

    Ça fait assez longtemps que j’avais préparé cet itinéraire, bien que inclus dans un itinéraire plus long, entièrement en suisse initialement. J’adore la suisse, c’est un pays vraiment très beau, très tranquille aussi, parfait pour les vacances.

    Vous pouvez regarder l’itinéraire sur visugpx ici.

    La préparation a été assez courte, j’ai eu du mal à retrouver ma tente, mais tout est rentré dans l’ordre hier soir.

    Donc ce soir, nous dormons dans un lit pour la dernière fois, ensuite ce sera bivouac sous les étoiles tous les soirs!

    On a hâte!

    Dans le train vers Dijon.
  • Puglia, le bilan

    Voilà, deux semaines de vélo dans Puglia, c’est fini, et le bilan est très positif.

    Le premier point positif, c’est le physique qui a tenu le coup. Après la mauvaise expérience de l’année dernière en Andalousie, je n’ai pas eu de bobo à mon genou, ni même quasiment de douleur. Et ça c’est l’excellente nouvelle de ce voyage. Car il y a toujours une petite angoisse maintenant, à ce que je ferais si jamais… et être tranquille physiquement, ça permet de voyager et de profiter. Je sais maintenant quelle différence ça fait.

    Le second point positif est que je n’ai pas eu de problème matériel. Ça aussi ça permet d’être tranquille dans sa tête, même si il y a parfois des moments, en particulier dans les endroits très isolés, on je me suis dit « et si je crève là? », ou « et si je tombe là? ». mais rien de tout ça n’est arrivé, et j’ai du coup bien profité du voyage.

    Le troisième point positif est bien sûr à propos des Pouilles. Je ne m’imaginais pas grand chose, à part les criques et la mer vert émeraude, et j’ai trouvé ça, mais aussi d’autres choses auxquelles je ne m’attendais pas. D’abord des villes et villages hyper vivants. Je voyais cette région comme un peu déshéritée, et c’est un peu le cas, on va pas se le cacher, si on compare à la Toscane ou la Lombardie ou la Vénétie, ce n’est pas au même niveau. Mais c’est ultra vivant et accueillant, je n’ai jamais ressenti de mauvais regard, me faisant sentir ma différence. Tous les gens ont été sympa, dans les logements, tout était très bien. Et puis ensuite, le temps, j’ai eu seulement un jour de temps gris, et deux demi journées un peu nuageuses. Sinon c’était grand ciel bleu et soleil. Ensuite, la campagne à certains endroits était vraiment belle, en particulier entre Lecce et Otranto, et à l’ouest de Gioia delle Colle. Bon et la mer évidemment était vraiment transparente et les criques magnifiques. Mon endroit préféré? Sant’Andrea sans hésitation. Ma ville préférée? Lecce, bien sûr, mais Ostuni fut une vraie belle découverte.

    Quoi d’autre? La cuisine! J’ai évidemment très bien mangé. Mais pas des choses sophistiqués, non, des choses simples, beaucoup de pâtes, mais toujours très bon. Une seule chose à retenir? Le vin blanc à Ostuni, vraiment remarquable.

    Quoi de moins bien? La logistique du voyage en avion avec le vélo. C’est quand même compliqué de voyager en avion avec un vélo. Taxi, bus, train pour partir et rejoindre les aéroports, c’est quand même compliqué. Démonter complètement le vélo pour le mettre dans une valise, qui fait au final 30kg, c’est un peu compliqué. C’est un peu de stress. Le train apporte beaucoup de simplicité en comparaison. C’est beaucoup plus long (quoique…), mais beaucoup plus simple, surtout avec ma housse confectionnée par Valérie. En revanche, les réservations de train pour l’étranger, avec le vélo, demandent aussi pas mal de préparation. Aller en gare (prendre rendez-vous !), vérifier les propositions des agents qui ne sont évidemment pas au courant de toutes les règles dans tous les pays,… Essayez par exemple de trouver un train Nice-Bologne,Qui a dit « la perfection n’existe pas »?

    Enfin, le fait de ne pas parler italien a été un vrai point noir. Très peu de gens parlent anglais dans les Pouilles, jamais français. À part deux personnes à Bari, personne ne parlait anglais. C’est vraiment un point à améliorer si je reviens un jour ici.

    Finalement, à refaire, je prendrais le train à Gallipoli pour rejoindre Bari ou Taranto. La côte n’a que peu d’intérêt entre Gallipoli (le Parc Porto Spelvaggio pour être précis) et Tarento. Mais je n’ai fait que la moitié de la Puglia! Il y a aussi tout le nord. À jumeler avec un voyage en Campania et Basilicata, et Napoli! Il me faudra trois fois plus de temps! Et de grosses cuisses.

    Et voilà. Je ferai un point spécifique, concernant l’équipement vélo, plus tard, avec un déballage pour montrer les affaires que j’ai emmené et que j’emmènerais à l’avenir sur ce type de voyage. Et celles que je n’emmènerai pas, mais je commence à savoir quoi emmener maintenant…

    Et puis ce voyage m’a donné envie de faire un voyage orienté sur la photo. Rien à voir avec le vélo. Faire des photos de personnes, peut être en noir et blanc. Ou peut être de petits films, d’interviews. La Puglia doit être belle en noir et blanc.

    Des souvenirs? Tout un tas :

    Les sacs d’achat à l’aéroport. Y a du matos!…

    Et ma plus belle photo? Celle-ci, pour des raisons personnelles du moment où je l’ai prise. Ce que j’avais en tête, mon humeur, la côte que je venais de me taper, les snacks que j’ai mangé, la vue sur mer, la tour, la lumière. C’est pour des moments comme ça que je voyage à vélo.

  • Taranto-Bari

    J’ai finalement décidé de rentrer à Bari à vélo. j’ai pas mal hésité, dès la préparation, je me disais que je pourrais rentrer en train. Pour deux raisons :

    • Il y a pas mal de dénivelé pour passer de Taranto à Bari, il faut traverser un petit plateau culminant à 400m, et en Italie, ils ne s’embarrassent pas avec les côtes en lacets, je le sais, ils montent assez droit
    • Je voulais tester le train dans les pouilles, voir ce que c’est qu’un petit train de campagne.

    Et puis après une conversation avec ma fille, je me suis dit que c’était probablement mieux à vélo. Et je ne le regretterai pas. Merci Juliette!

    La sortie de Taranto est pire que l’arrivée. Ah oui, au fait, j’ai zappé Taranto. Peut être ai je raté quelque chose, mais on ne peut pas tout faire et finalement, j’ai envie de rentrer, de rejoindre Bari. Je ne sais pas vraiment pourquoi. C’est comme ça. Je croise un cycliste papy local, en sortant de mon logement, qui m’invite par deux fois à prendre un café, mais je refuse la mort dans l’âme. Si. Car les rencontres comme celles là sont, je le sais, le piment des voyages. Mais j’ai encore presque 100km à faire donc… Il est sûrement déçu lui aussi. Ça lui aurait fait un souvenir de discussion avec un francese!

    J’empreinte une série de grosses routes, Taranto est une ville très industrielle, avant de pouvoir m’extirper de la ville mais il m’aura fallut presque 20km. Je vois en particulier un hangar qui ne peut qu’abriter un avion énorme. Et de l’autre côté de la route, un petit aqueduc romain, l’Acquedotto del Triglio. Drôle de juxtaposition. De passage au bord d’un champ d’oranger, j’en profite pour voler quelques clémentines au cas où, probablement, je ne trouverai rien à manger en chemin.

    Je me retrouve finalement sur la route de Jioia delle Colle la montée est dure, mais je ne pose pas pied à terre. C’est plus dur que la montée à Alberobello, parce que plus raide et plus long, presque 6km. Je tombe la veste car il fait assez chaud (faut dire que je donne des watt!). En revanche, ensuite, c’est de la balle. C’est un plateau au milieu des champs, en plein cœur de la région de production de la burrata des pouilles. Entre Cisternino, et Andria. La route est déserte, de toutes petites routes, parfois bordées de murets en pierres claires, le revêtement soyeux, j’en tombe la veste une deuxième fois. J’arrive à Jioia delle Colle en vainqueur, un type avec un manteau me croise et m’interpelle « mais d’où viens tu?! ». Le village est assez désert, normal c’est le jour de l’épiphanie, où on fête la Befana. Comme j’ai été hyper gentil, elle m’a rempli mes chaussettes de caramels.

    Mais finalement je trouve une cafétéria ouverte! Ce doivent être des rebelles. Je prends un assortiment de petits sandwich, et unà riccia (autre nom de Sfogliatelle).

    Ceux qui n’ont pas goûté aux Sfogliatelle ont intérêt à le faire avant de mourir. Sérieusement. Ce n’est pas une pâtisserie gastronomique, mais avoir inventé ce mélange de pâte ultra feuilletée et ultra croustillante, et de crème plus ou moins légère, c’est du génie. Personnellement je préfère les versions à la crème blanche ou la crème pâtissière, plutôt qu’au Nutella ou au chocolat. Mais c’est une affaire de goût. Ce qui est important, c’est le mariage pâte feuilletée et crème.

    Quand je ressors après une grosse pause, le temps a complètement changé. Il n’y a plus de soleil, le ciel est entièrement couvert. Et il fait froid. Je m’habille en conséquence, y compris bonnet et gants, sachant vu l’heure qu’il est, je vais arriver de nuit. Je mets même un tour de cou en mérinos, pour la première fois. Ce sera la tenue idéale, sauf en arrivant à Bari où j’enlèverai les gants.

    Je me perds un peu pour sortir de la ville, dans un plan à damiers, certes, mais complexe à comprendre car ce ne sont que des ruelles étroites en sens unique.

    Castello Normanno-Svevo de Jioia delle Colle

    Je me retrouve finalement sur une vieille route, parfois qui se transforme en chemin. C’est en fait une route qui longe une grosse canalisation qui descend jusqu’à Bari probablement. Ce doit être une route de maintenance, probablement. En tous cas elle est déserte, toute droite, en pente douce, et avec le vent dans le dos, je roule hyper vite. Plus de 40km/h parfois. Je fais attention car il y a parfois des trous ou d’immenses flaques d’eau. La nuit va tomber et je ne veux pas me retrouver là à la nuit.

    Je finis par quitter la route et prendre une route plus normale qui va me conduire jusqu’à Bari. Mais la nuit tombe, et il me reste une quinzaine de km, donc je dois m’arrêter pour mettre mes lumières et même ma frontale, c’est plus sûr. Avec à un moment, une piste cyclable incroyable. C’est la soirée des grandes vitesses. 40km/h, à la nuit tombante, c’est grisant. Avec quelques petites frayeurs en découvrant, au dernier moment, un objet non identifié sur la piste. Un papier!

    Je rentre finalement dans Bari, assez proprement je dois dire, pour une grande ville comme ça. Et c’est encore la fête! Les illuminations de Noël via Sparano de Bari sont toujours là, les animations pour les enfants sur le Giardini di Piazza Umberto I. Probablement c’est le dernier jour, pour l’épiphanie. Pour moi aussi c’est le dernier jour de mon tour de Puglia. Et je suis content d’être arrivé là, et sans encombre, ni matériel ni pour le bonhomme! Un beau voyage, j’y reviendrai!