Vélibre

Vélo. Libre. Vélibre.

Catégorie : Voyage

  • Arrivée et soirée à Bari

    Sono a Bari!

    Arrivée tranquile, l’aéroport est petit donc tout se passe sans soucis. Je trouve un bus devant la sortie, je n’arrive pas à prendre un ticket dans le bus par CB sans contact, le chauffeur me fait comprendre que je n’ai qu’à m’assoir et c’est tout. Nous sommes quatre personnes dans le bus, les autres ont l’air à moitié surpris. Je m’installe pour 20 minutes de traversée de la banlieue pas très chouette de Bari. Je suis surpris, il y a des arrêts et d’autres personnes montent. C’est un bus de ville en fait. Il est 16:10 et le jour tombe. Je ragarde et la nuit est annoncée à 16:30. Dingue. Ça va faire de longues soirées!

    J’arrive à mon logement, très belle chambre faite à neuf avec un plafond en pierres genre croisée d’ogive. à priori je vais pouvoir laisser ma valise ici pendant mon séjour. Bonne chose.

    Je commence à remonter mon vélo. Une sangle à l’intérieur de la valise a lâché, mais il n’y a pas de dégâts. Je remonte le guidon, la selle, le dérailleur, les roues, même le réglage des disques est parfait. Il ne me reste que la chaîne, et là je m’aperçois que j’ai oublié l’attache rapide Paris. Et je n’en ai pas de rechange. La boulette! Je regarde vite fait les marchands de vélo à proximité, il n’y en a pas des masses, et je m’aperçois que c’est férié aujourd’hui car c’est la Saint Étienne. Bon il n’y a qu’à espérer que les magasins seront ouverts le lendemain, a priori c’est le cas dans Google maps. Ça va me pourrir un peu ma soirée cette histoire.

    Je range toutes les affaires et décide d’aller voir quand même si par hasard les magasins seraient ouverts. en effet tout est fermé, donc je me dirige vers la vieille ville. Il y a de plus en plus de monde au fur et à mesure que j’approche de la vieille ville. J’entre dans les ruelles et commence à me promener. Il y a maintenant énormément de monde, il y a beaucoup d’illuminations, des maisons sont couvertes de guirlandes, c’est vraiment Noël! Je m’arrête à un croisement où des gens font la queue pour acheter des Popizze. Des Popizze di Angela. Une sorte de beignets faits minute, sucrés ou salés, en forme de petites boules (de Noël?). Seulement quand on a mangé ces beignets peut on dire qu’on est allé à Bari, dit une affiche.

    Je m’éloigne un peu pour déguster mes beignets, qui sont ma foi fort bons, et je ne suis pas grand fan des beignets en général. Je passe devant une maison, des garçons dehors sont en habit médiéval, je me dis qu’il va y a voir un spectacle pour la saint Étienne? Ou que je l’ai raté? Il fait maintenant nuit noire mais les ruelles sont très bien éclairées. J’arrive sur une place où d’autres gens dans d’autres habits attendent. Je m’arrête et j’assiste quelque minutes plus tard à un spectacle de lancer de drapeaux, accompagné d’une petite troupe de joueurs de tambour. Un garçon dirige la troupe de lanceurs de drapeaux, un autre dirige la troupe de tambours. Il donne le rythme dans une sorte d’improvisation, de même que les drapeaux tournoient en rythme. Parfois, quelque jeunes s’assemblent en une petite pyramide et un des leur joue du tambour, soutenu par les autres. C’est à la fois très simple et amateur, et très bien fait. En tous cas, je n’avais jamais vu ça.

    La troupe de disperse légèrement, mais c’est en fait une procession qui commence. Des gens portent des flambeaux, il y a d’autres personnages costumés et je comprends quil s’agit d’une crèche vivante, qui va circuler dans la ville. Tout se monde arrive sur la place de la basilique San Nicola, et le spectacle continue. Puis la procession recommence et se dirige vers la mer. Il y a maintenant énormément de monde, même amassés sur le rampart de la ville. La procession traverse la rue et se dirige vers la plage. Il y a tellement de monde que je ne peut pas voir ce qu’il se passe, juste voir sur les écrans de téléphone qu’il y a une sorte de baptême du christ. Les rois mages portent un bac de petits pains qui sont bénis? Je contourne la scène et vient par la plage. Des gens sont dans l´eau avec des flambeaux, et maintenant la grande étoile dressée sur la plage est enflammée. C’est la fin de la cérémonie, les petits pains sont distribués. Je n’étais pas préparé! En fait, j’apprends que Bari est la patrie du Père Noël (Saint Nicolas), depuis que les reliques du saint ont été ramenées depuis Myre en Turquie au 11ème siècle. Et du coup on faite ici Noël dignement, du 6 décembre (fête de la saint Nicolas) au 6 janvier. J’ai de la chance d’être là !

    La précession de la saint Nicola

    Je retourne dans la vieille ville, et me fait une petite assiette d’orecchiette au ragu de cavallo. Ce sont de petites pates en forme… d’oreille, typiques des pouilles. Je fais un tour de la vielle ville, je découvre qu’il y a aussi de grandes places qui bordent presque la mer. Elles sont très animées avec toutes sortes de personnes de tous les âges. Bon enfant. J’adore ce genre d’ambiance.

    Je retourne à mon logement, passe par le Teatro Petruzzelli, dont la place est très bien décorée. Demain, mission « maillon rapide de chaîne ».

  • Puglia (Pouilles)

    C’est mon nouveau voyage en 2024! Le dernier de l’année. Je pars chercher le soleil et la chaleur. Pour changer de la grisaille parisienne. Et repartir en Italie, où je ne suis pas allé depuis deux ans et notre voyage en Lombardie et Vénétie (ouah, quels souvenirs!). Mais cette fois dans une région du sud, que je ne connais pas. Dans le talon de la botte.

    À priori la météo est prometteuse en termes d’ensoleillement.

    Qu’est ce que je vais chercher là bas, outre le soleil et la chaleur? Le dépaysement bien sûr, la beauté du bord de mer, les truli, le sud de l’Europe, et les petits villages italiens qui me plaisent tant. La nourriture réputée, et les sodas à l’orange que j’avais adorés sur le Tuscany trail. Et puis tout ce que je cherche dans mes voyages à vélo, l’exploration, l’aventure, les rencontres, l’inconnu. Comme dit Jean Gabin à Suzanne Flon ébahie dans Un singe en hiver, « je n’ai pas eu ma part d’imprévu ».

    Et puis aussi, la gare de Bari, qui avait plu à Robert dans Sur la route de Madison. Ce qui avait tant étonné Francesca. Ceux qui me connaissent bien savent que c’est un de mes films préférés. Ce qui les étonnent tous. Et pourtant je pense que beaucoup d’hommes voudraient qu’une femme les regarde comme Francesca regarde Robert.

    Je dois d’avoir vu ce film à mon ami Dominique. Il me dis un jour qu’il allait voir un film avec sa copine « un gros mélo, de Clint Eastwood, avec de la musique d’Ahmad Jamal ». C’est vrai , mais aussi des chansons biens sirupeuses de Johnny Hartmann. C’était en 1995.

    Vais je trouver ce restaurant au store rayé, en face de la gare?

  • La Moselle, troisième partie

    Des vignes, des vignes, des vignes.

    Les jours suivant vont être dans le cœur de la Moselle allemande. La Mozel devrais je dire. Avec des vignes plantées sur les pentes des coteaux de la rivière. Partout. Et sur des pentes très raides allant probablement à plus de 60° parfois. On se demande alors comment ces vignes, par ailleurs avec des plans assez hauts, plus de deux mètres, peuvent être taillés et entretenus. On voit quelque tracteurs très étroits qui passent entre les rangées de pieds de vigne, et escalade les coteaux pour soit épandre les produits soit probablement tailler les plants. Mais sûrement le travail doit aussi être très manuel.

    La Moselle entame la suite de ses méandres. Les virages sont assez larges, mais la courbe est suffisamment serrée pour être devinés à l’œil nu. Cela donne des paysages très beaux de mon point de vue. En particulier à vélo, c’est hyper sympa, avec la vitesse, de couvrir un virage en quelques minutes. Et ça romp aussi la monotonie qu’on pourrait avoir sans tous ses virages. C’est ça qui fait, en particulier, la beauté de ce parcours. Il fait maintenant très beau temps, ce n’est pas sans augmenter le plaisir. C’est ensuite une série de petits villages de part et d’autre de la rivière.

    Cochem

    Le noeud touristique de la Moselle allemande. Avec son château, le Reichsburg Cochem, construit au détruit par Louis XIV, comme beaucoup de château de la région, mais reconstruit au 19eme siècle. On monte à pied par un petit chemin très raide, et les non sportifs sont bannis du trajet.

    Que garder de ce château? D’abord la reconstruction et l’entretien excellent. Ensuite, la vue magnifique sur la Moselle. Des boiseries, des plafonds peints. C’est un château médiéval, et je n’en ai pas visité depuis longtemps, et sûrement pas dans un si bon état.

    Le château d’Eltz

    Nous faisons une petite étape depuis Cochem, une vingtaine de kilomètres, pour atteindre Moselkern, afin de visiter le château d’Eltz. Il fait si chaud que bien qu’on soit arrivés assez tôt, nous décidons de reporter la visite au lendemain matin à la fraîche. L’hôtel que nous avons réservé est en dehors de la vallée de la Moselle, dans la vallée de la rivière Eltz (micro rivière comparée à la Moselle). Il faut quitter la route et faire quelques kilomètres dans une forêt qui nous rafraîchis. On se relaxe du coup à l’hôtel. On y prend aussi un dîner simple et unique pour tout le monde : soupe à la tomate, porc en sauce avec légumes et gnocchis, et crêpe au chocolat et à la crème anglaise. Assorti d’un verre de Riesling bien sûr.

    C’est donc le lendemain qu’on monte au château, il faut à peu près une heure de marche. Ce château est un château privé, qui appartient à la famille Eltz encore aujourd’hui. Donc les photos de l’intérieur et les drones sont interdits. Dommage, je ne pourrais pas vous faire profiter des formidables plafond et murs peints de l’une des pièces.

    Koblenz

    La dernière étape nous conduit à Koblenz, notre destination finale. Il fait extrêmement chaud. Nous longeons successivement une route et une voie ferrée, et traversons quelques villages assez mignons comme Kobern-Gondorf.

    Kobern-Gondorf

    Il y a pas mal de petits châteaux sur les coteaux, mais tous plus ou moins en ruine.

    Finalement nous arrivons à Koblenz. L’entrée à vélo dans la ville est, comme toujours avec les villes importantes, compliquée. On se perd en chemin et nous prenons tous les deux des routes différentes, menés par nos gps différents : Valérie continuant à longer la Moselle, moi rentrant dans le centre ville. J’arrive sur une très belle place, où je termine de tourner le film de notre voyage, avec la musique d’il était une fois dans l’Ouest jouée par une musicienne sous un porche, avec une sorte de petite harpe horizontale.

    Nous prenons possession de notre location pour trois nuits, pour profiter de la ville.

    C’était un beau voyage, finalement varié, dans une région quasiment fréquentée par des allemands. On aura vu très peu de touristes autres, quelques français bien évidemment. Mais très peu.

    La ville de Koblenz

    Koblenz, en Latin Confluentes, est le lieu de rencontre de la Moselle et du Rhin. C’est d’ailleurs la deuxième fois qu’on se retrouve au bord du Rhin cette année, après notre voyage en Alsace au printemps. la ville fait partie de la Rhénanie-Palatinat, région qui a appartenu aux francs après la mort de Charlemagne et contestée ensuite par les français à l’époque moderne. C’est une région cousine en quelques sortes.

    Cette ville est au mois d’août très calme, mais quand même suffisamment animée. Le centre pavé, il est entièrement piétonnier. ville en partie encore ancien est très agréable. On y trouve en particulier le plus grand magasin de vélos que j’ai jamais vu. Fahrrad XXL Franz. Rien que ça. Peut être deux cents vélos sont visibles. J’y trouve un bonnet d’été que jamais je n’aurais trouvé en France. 90% des vélos sont des vélos électriques. Quelques vélos de ville ou Gravel, quasi pas de vélos de route.

    Il n’y a pas grand chose à voir dans Koblenz. Nous avons pris le téléphérique 3S qui mène à la forteresse qui se trouve de l’autre côté du Rhin, la Forteresse d’Ehrenbreitstein. C’est maintenant une fondation culturelle avec plusieurs expositions temporaires. Elle donne surtout l’occasion d’avoir une vue magnifique sur le confluent.

    Le dernier jour, je fais une petite visite d’un château du Rhin, le Marksburg. Le seul château du Rhin qui ne fut jamais détruit.

    Et comme de bien entendu, nous finissons notre séjour dans un très bon restaurant que j’avais réservé avant de partir, et qui s’avère être d’inspiration très largement française. Au menu : pâte en croûte et coquilles Saint-Jacques et épinards au beurre blanc, un trio de veau avec langue et ris, assortis d’une excellente purée, et une crêpe Suzette en dessert. Un délice. Riesling et Weißburgunder en accompagnement bien sûr.

  • La Moselle, deuxième partie

    Metz.

    Metz est une très belle ville. Vraiment très belle ville. On le sens dès qu’on arrive et qu’on traverse la Moselle. On y arrive un peu tard, l’entrée à vélo est très compliquée, plus encore que d’habitude. On ne sait où se trouvent les pistes cyclables, tantôt sur le trottoir tantôt à droite de la chaussée, tantôt à gauche, parfois avec le bus. Heureusement on n’a pas trop de chemin à faire pour rejoindre notre hôtel, chacun de notre côté.

    En fait c’est une auberge de jeunesse. L’hôtesse d’accueil est super sympa mais pas très compétente. Elle oublie de nous dire que les serviettes sont en supplément, et je me retrouve sous la douche, en me demandant « mais au fait, elles sont où les serviettes? ». Bon les prochaines fois on demandera en arrivant si les serviettes sont comprises. Elle nous dit qu’il n’y a rien à payer, mais nous demandera de payer finalement le lendemain. Elle nous envoie dans des restaurants qui sont tous fermés le dimanche. Mais elle est très sympa, et rigolote. Bah ça fait des souvenirs.

    On part se balader dans la ville, et en effet cette ville est super agréable. Centre ville piétonnier, beaucoup d’animation mais bon enfant, pas mal de monde pour un dimanche d’août, on sent que cette ville vit bien. On n’a finalement que le temps de visiter la cathédrale. Mais quelle cathédrale! 40m de hauteur de voute, trois étages de vitraux! Dingue. Et les vitraux en partie peints par Chagall, mazette!

    Il faudra que je retourne à Chartres pour comparer. Mais on est un peu estomaqué !

    On passe une soirée au restaurant trouve par hasard, bon, pas au niveau bien sûr de Patern à Nancy bien sûr, mais bien.

    La fin de la Moselle française

    La dernière étape française nous conduit à la frontière, mais nous n’avons trouvé qu’un hôtel à Manderen, un village à l’écart de notre route. Avec une montée d’une centaine de mètres de dénivelé, qui finalement ne s’avèrera pas si dure que ça. Grand repos en arrivant, avec une hôtesse remarquablement aimable, qui nous conduira même jusqu’à notre chambre. Je n’avais pas vu ça depuis de nombreuses années.

    Mais en chemin, nous faisons halte à Thionville, troisième ville de Lorraine. J’avais une petite pensée pour Éric avant d’arriver, j’avais une grosse pensée pour lui en repartant. Comment dire? J’étais venu là il y a très longtemps pour une mission de conseil, et je n’avais pas trouvé cette ville très interessante. Mais je m’étais dit que fallait pas juger trop vite. Eh bien disons que je ne vais toujours pas juger trop vite non plus.

    Schengen

    Nous passons la frontière pour arriver à Schengen. Alors si vous avez dormi pendant 50 ans, l’accord de Schengen acte la libre circulation des personnes et des biens en Europe. Il fut signé en 1985 par la France, l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. C’est sur un bateau, le Princesse Marie-Astrid, sur la Moselle, que fut signé l’accord. Pour la France, c’était Catherine Lalumière, secrétaire d’état aux affaires européennes, qui signa l’accord. C’est Edith Cresson, une autre femme, qui négocia la seconde version en 1989. C’est émouvant de revoir la photo de cette femme entourée quasiment que d’hommes.

    Schengen

    En fait c’est un peu grâce à cet accord, qu’aujourd’hui, nous pouvons faire ce voyage à vélo.

    Trier (Trèves)

    Trèves, ancienne capitale des gaules. Rien que ça. Alors forcément l’attente est là. Et la ville répond présente.

    Très belle ville, riche, encore aujourd’hui. Rien d’exceptionnel, mais de beaux monuments, une bonne ambiance, de la vie, un beau restaurant avec vue sur les coteaux de la rivière, bref une belle étape. Une trêve dans notre voyage, si j’osais.

    De Trier à Piesport

    Peut être la plus belle étape du voyage. Pourquoi? Il fait très beau, et nous sommes au cœur de la Moselle allemande. Des vignes partout, la rivière commence à prendre de sacrés virages, les coteaux offrent de sublimes courbes, la piste cyclable est magnifique. Et il commence à y avoir de beaux petits villages. Un échantillon des paysages en vidéo.

    De Piesport à Traben-Trarbach

    On continue dans les vignes. Ici les vignes sont plantées sur les coteaux, les rangées suivant la pente. Parfois la pente est supérieure à 45°! Il faut des tracteurs très étroits pour passer entre les rangées, seul moyen pour désherber entre les rangées ou les traiter.

    Journée riche en petits villages touristiques, voire très touristiques. Bernkastel par exemple.

    Arrivée à Traben-Trarbach en milieu d’après midi. Deux petits villages de part et d’autres de la rivière. Belles maisons. Restaurant indien, glace en cornet. Glucklich wie gott in Deutchland.

  • La Moselle, de Nancy à Koblenz. Premiers jours.

    Nous voilà parti pour notre nouveau voyage. Il va nous conduire de Nancy à Koblenz sur le Rhin, en suivant la vallée de la Moselle. C’est en lisant un article du Monde que j’ai eu cette idée, la Moselle n’étant pas une destination à laquelle je rêve depuis plusieurs années.

    Mais tout d’abord nous faisons halte à Dijon chez la tante de Valérie. Nous prenons un TER à destination de Lyon (oui ça existe, un peu plus de 5 heures de train) à 7:35. Nous sommes réveillés par un orage qui nous oblige à sortir nos affaires de pluie du fond de nos sacs… mais finalement quand nous sortons la pluie s’est arrêtée. Direction Gare de Lyon, dans la tranquillité de cette période olympique.

    Trois heures de train jusqu’à Dijon, petit tour à vélo en arrivant autour du lac Chanoine Kyr. Nous arrivons chez la tante de Valérie pour le déjeuner. Nous faisons connaissance autour d’une salade variée, et après une petite sieste, nous allons faire un tour dans le centre ville.

    Dijon est une très belle ville, très bourgeoise, visiblement très riche avec un patrimoine architectural datant pour beaucoup du 18eme, mais aussi de la renaissance. Entièrement piétonnière, il est très agréable d’y flâner pour cette première journée de vacances.

    Nous passons deux jours à Dijon. Le deuxième jour est consacré au parcours de la chouette, qui passe par les principaux monuments de la ville. Puis nous faisons la visite du musée des beaux arts, qui couvre une large période de l’antiquité au 20eme siècle. En particulier à l’entrée des peintures sur bois datant de l’époque romaine, je n’avais jamais vu ça. 

    Nous sommes en résidence chez Christiane et Christophe, et c’est assez agréable d’être choyés comme des coqs en pâte!

    Samedi matin, après un petit déjeuner sur la place de la libération face aux palais des ducs, nous partons pour Nancy, lieu de départ de notre voyage à vélo. Une bien belle étape à Dijon, nous reviendrons pour la visite de la vallée des grands crus.

    Départ pour Nancy

    Nous prenons le tirait vers Nancy. Il y a pas mal de vélos mais nous trouvons néanmoins deux places, ainsi que pour nous.

    Le paysage est familier bien que je ne sois jamais venu ici. Une longue plaine bordée de collines assez peu élevées. C’est la vallée de la Meuse. On se dit qu’on pourrait être à beaucoup d’endroit en France.

    Nancy

    On reste deux jours. La place Stanislas, bien sûr, mais aussi la place la carrière, le palais du gouvernement, la porte de la Craffe. Aussi les berges de la Meurthe. Mais je suis un peu déçu. Bien sûr, la place Stanislas vaut plus que le détour. Mais je reste sur ma faim.

    Ah si, il y a la villa Majorelle. Très belle villa art nouveau. Ah oui.

    La place Stanislas.
    La villa Majorelle

    Pont à Mousson

    Alors, que dire? La place Duroc. Avec du soleil ça passe. Et pourtant, avec ses arches du 16eme siècle, ses maisons très belles, il y a du potentiel. Mais sûrement un manque d’argent. Don on a droit aux façades gris noires, au crépis qui fout le camp.

    Mais il y a l’abbaye des Prémontrés. Et ça, ça vaut le détour. Rien que l’escalier ovale dit de l’atlante, ça vaut les 6€ de visite de l’abbaye.

    Demain Metz.

  • Premier jour

    Départ légèrement en retard, mais ça va on a même le temps d’acheter à manger pour le petit déjeuner. Notre premier jour se passe en Allemagne, en forêt noire. On doit prendre trois trains entre Strasbourg et Fraudenstadt, avec changement à Offenbourg, puis Hausach.

    La vallée de Kinzig se rétrécie de plus en plus à mesure qu’on s’enfonce dans la vallée. Il y a un changement brutal de pente entre le fond la vallée, très plate, et le bas des collines de la forêt noire. Elle ne sont pas très hautes, une centaine de mètre, mais très raides. Et des vignes sont plantées dans ces pentes très raides, alignées au gré des pentes, formant une sorte de patchwork. On longe en train des petits jardins, l’Allemagne est définitivement très tranquille. Ça nous rappelle notre voyage de l’été dernier. Ça me rappelle aussi mon tour du lac de Konstanz.

    Les trains que l’on prend sont de plus en plus petit. Le dernier comporte seulement deux petits wagons. Il s’agrippe à ses rails pour monter jusqu’à Freudenstadt, à 740m d’altitude. Nous démarrons avec le soleil et un peu de ciel bleu. Pourvu que ça dure!

    Le paysage change en cours de route, la vallée, ses pentes raides et herbeuses, typiques de la forêt noire, font place à la forêt de conifère, très dense nous débouchons sur un plateau herbeux. Freudenstadt, la ville de la joie, nous attends tranquillement.

    Et c’est parti pour une descente de 60km. D’abord un paysage d’alpage, une splendide piste cyclable descend tranquillement au milieu des champs. Pas de doute nous sommes en Allemagne.

    Pas mal de travaux en cours de route nous oblige néanmoins à nous écarter régulièrement de la route. Le paysage est vraiment très beau. Et la route nous emmène tranquillement au fond de la vallée vers Rastatt.

    Mon pneu arrière se dégonfle régulièrement, je suis obligé de regonfler plusieurs fois, je tente de mettre des mèches mais rien n’y fait. Je finis avec un pneu avec une grosse mèche à moitié enfoncée, mais ça fuit lentement quand même. Va falloir faire quelque chose demain.

    En attendant nous arrivons à Rastatt, un peu épuisé quand même. Nous dormons ce soir dans un espèce de lieu de retraite, avec une grosse chapelle. Pas le temps tellement de traîner, nous dînons au restaurant, schnitzel vegan pour Valérie, traditionnel Wiener schnitzel pour moi.

  • Arrivée à Strasbourg

    C’est notre point de départ en Alsace. Demain départ pour la forêt noire, un journée à descendre de Freudenstadt vers Rattstadt. Puis ensuite retour en France et traversée jusqu’à Mulhouse.

    Mais ce soir c’est dîner chez Lisa et Arthur!

    Marrant ça me fait penser à Karlsruhe ce coin où nous dormons ce soir.

  • De retour à Malaga!

    Que s’est il passé? Eh bien mon genou n’a pas apprécié ces premiers jours. Il m’a laissé arriver à Séville, mais le lendemain, j’avais beaucoup de mal à marcher. Je suis resté de plus en plus à l’hôtel, j’ai changé d’hôtel d’ailleurs le 31 décembre, mais je n’ai pas pu reprendre le vélo. Après trois jours, j’ai décidé de retourner à Malaga. J’ai loué une voiture automatique, mis le vélo dedans, et retour au point de départ.

    Il m’a fallut du temps pour comprendre que je ne pourrais pas repartir. Mon ostéopathe contacté au téléphone m’a dit que je devais me reposer 3 jours, mais le genou ne dégonflant pas, je ne voyais pas comment ça pourrait s’améliorer. C’est donc après 3 jours que je me suis dit que le voyage était fini.

    Pas mal de pensées sont passées dans ma tête. Et de doutes. Jusqu’à ce que je décide d’organiser mon retour. Parce que j’étais un peu bloqué dans mon état avant cela. J’attendais que ma situation se résolve toute seule. Que mon genou dégonfle. Qu’on vienne me chercher. Qu’on me rapatrie. Et je déprimais un peu que ca n’arrive pas. Mais non en fait, il fallait que ce soit moi qui s’occupe de moi. Personne d’autre. Donc j’ai organisé, et mon état mental s’est amélioré. Et mon genou aussi! Non pas de magie je pense, simplement accepter de ne pas bouger, rester au lit, ne plus le maltraiter.

    Ça fait maintenant 6 jours que je suis arrêté, que je vais d’hôtel en hôtel, ce n’est clairement pas les vacances auxquelles j’avais pensé, mais je prends du repos, je réfléchis, j’écris (ici en autre), et vous savez quoi? J’organise mon prochain voyage à vélo, en Alsace. Et ça me donne l’occasion d’expérimenter ChatGPT pour faire l’itinéraire. Qui n’est pas si mal. J’ai récupéré 90° de flexion du genou, je devais être à 45° maximum à Séville.

    Demain je change d’hôtel, une dernière fois, je retrouve ma valise pour le vélo, avant de décoller samedi pour Paris.

    Est ce que je reviendrais en Andalousie faire du vélo? La question est posée. Je garde un bon souvenir de Malaga, de Sevilla aussi, alors que je n’y ai rien visité. mais pour le reste je suis mitigé. Est-ce que le parcours entre Sevilla et Cadix vaut le coup de revenir ? À voir.

    En tous cas, j’ai appris, je peux me blesser en voyage à vélo, et il faut savoir gérer cette situation. Et peut être mieux l’anticiper.

  • Descente vers Sevilla

    Je révise mon jugement, les hauteurs de la Sierra de les Nueves ne sont pas si mal…, comparé à la plaine qui lui fait suite, à l’ouest, en direction de Sevilla.

    Je quitte mon hôtel un peu baroque, et j’attaque la descente qui me mène à Sevilla. Ça commence vite, je fais du 30km/h, parce qu’en fait la pente est faible donc c’est de la vrai descente. Je me dis qu’à ce rythme je vais y être bientôt. il y a une soixantaine de kilomètre jusqu’à Sevilla. Mais la route s’aplatit à mesure que j’arrive dans la plaine, et je me retrouve à rouler simplement dans la bordure, à un 20km/ normal.

    Les routes d’Andalousie ne sont pas désagréables, c’est juste qu’il y a pas mal de traffic, des camions, donc ce n’est pas super agréable. Je roule dans la bordure pour ne pas déranger les véhicules, qui respectent les vélos, mais ne semblent pas non plus super contents de se décaler à cause de moi. Le revêtement est correct, propre, donc ça va.

    Mon genou n’est pas en super état. Je serai content d’arriver à Sevilla, et me reposer un ou deux jours. Ça devrait aller mieux ensuite, et je pourrai repartir vers Cadix. En revanche, je ne suis pas sûr de pouvoir faire mon tour, par manque de temps, je devrai peut être prendre un train à Cadix ou Algeciras pour rejoindre Malaga. On verra. J’ai regardé les horaires, et il y a des possibilités.

    Non, mon principal soucis, c’est mon genou. Il a pas mal gonflé, et maintenant ça me gêne pour pédaler. Plus j’avance, plus je ralentis, je le ménage au maximum. J’ai réservé deux nuits d’hotel à Sevilla, ça ira mieux après deux jours de repos. J’espère.

    Le problème dans un voyage en vélo, c’est que le moindre pépin prend une envergure certaine. Tout d’un coup on se sent vraiment fragile, car on n’a aucune protection. Surtout dans un voyage comme celui là, à l’étranger et dans une région assez déserte. Alors je me mets à gamberger, à imaginer sur ce qui pourrait arriver, comment ça pourrait tourner, quelles sont les solutions possibles. C’est toujours un peu comme ça le voyage en vélo à l’aventure, c’est ça que j’aime parce que je suis complètement déconnecté de ma vie habituelle. Mais cette fois ci ce n’est pas très positif. Heureusement je me suis débarrassé de pas mal de mes angoisses, donc ça va, j’ai appris que ça ne servait à rien, j’arrive à me raisonner. Et puis il n’y a pas le choix, il faut s’en sortir. Donc je continue d’avancer, c’est la seule solution.

    Il n’y a qu’un seul problème potentiellement grave en voyage en vélo, c’est la casse mécanique. Celle du vélo, ou celle du pilote. J’ai pas mal envisagé la première, me suis équipé en conséquence, avec les outils, les pièces de rechange, le minimum. Mais la seconde casse, celle du bonhomme, je ne m’en suis pas vraiment préoccupé. Une trousse médicale d’urgence, et c’est tout. Et encore, parfois je n’en ai pas. J’ai un peu envisagé la chute, le vrai danger pour le pilote. Mais c’est tout. Le problème articulaire sans vraie raison, je n’y était pas préparé. En même temps, que faudrait-il faire de plus?

    Il va sans dire que je ne profite pas de la route, d’ailleurs il n’y a pas grand chose à voir dans cette plaine. En me rapprochant de Sevilla, je prends des chemins, et là c’est quand même plus agréable. J’arrive quand même à m’amuser un peu sur ces chemins au milieu des champs.

    Puis c’est d’un coup la ville, une piste cyclable qui rentre dans la ville. Je suis bien content d’être arrivé. J’arrive plaza de España, à laquelle je pensais depuis longtemps, qui m’avait marqué quand nous étions venus, adolescents, avec mes parents, au retour du Portugal. Les calèches… Je l’avais revue ensuite dans Laurence d’Arabie, ils en avaient fait le soit disant quartier général de l’armée britannique au Caire… Avec la sublime musique de Maurice Jarre.

    Notez que Lawrence d’Arabie est un de mes films préférés. Quelques plans sublimes parmi une kyrielle d’autres :

    Avec des répliques immortelles telles que « Nothing is written » ou « My name is for my friends », « My fear is my concern », ou encore « it is recognize that you have a funny sense of fun ».

    Un jour je pourrais faire un article dédié à ce film. En attendant vous pouvez voir une vidéo sur YouTube où l’on apprend pas mal de choses sur ce film. Ou bien encore un épisode de la série Blow up d’Arte, de l’excellent Benoît Forgeard, C’était quoi Omar Sharif? Cette série est cultissime pour moi. Et je vous recommanderais aussi l’épisode consacré à un de mes acteurs vivants préférés, Joaquin Phœnix. Et je ne peux m’empêcher pour finir cette série de références, en pensant à Joaquin Phœnix et mon genou, de penser au sublime morceau Hurt de Johnny Cash. Il faut voir « Walk the line ».

    Je suis à Séville et je suis heureux. Premier objectif atteint.

    Une petite vidéo de mon arrivée à plaza de España

  • Deuxième jour dans la Sierra de les nieves

    La nuit a été froide finalement. Le terrain était en pendre, et j’ai passé la nuit à remonter dans mon lit. Bref, je n’ai pas super bien dormi.

    Départ à 10:15, ni tôt ni tard. Je vais voir le réservoir de la Guadalhorce, et surprise il n’y a pas une goutte d’eau. Les rivières qui l’alimentent sont à sec. Ca commence à vraiment faire peur.

    Je traverse la Sierra de les Nieves. Je vais de village en village, Teba, Almargen, El Saucejo, Villanueva de San Juan, Mais vraiment les villages n’ont aucun intérêt. Des maisons en ciment toutes identiques, pas de vie, donc je passe mon chemin. Et puis le plus beau c’est la nature. Quand les bas côtés des routes ne sont pas jonchées de détritus en tout genre. Messieurs mesdames espagnols, il faut vous ressaisir! Aussi souvent ça sent très mauvais. Ce n’est pas très compréhensible pour un pays majeur de l’UE!

    J’aborde la dernière difficulté de la journée après Villanueva de San Juan, mais je vois tout de suite que la pente est trop raide pour moi. Donc je monte à pied. Ce n’est pas désagréable, pas beaucoup de voitures, il fait assez beau et chaud, et je ne suis pas en retard, donc je peux prendre mon temps tranquillement.

    Plus j’avance vers l’ouest et plus l’herbe fait son apparition. Parce que passe la première crête hier, il n’y avait aucune herbe aucune végétation à part les oliviers. De la terre seulement. Après la dernière crête avant de descendre vers Moron de la Frontera, il y a des champs d’herbe. Complètement différent. Et bien sûr c’est mieux. C’est ça que j’aime bien dans les voyages à vélo, c’est voir la végétation évoluer au cours du voyage. Le style des maisons qui change aussi.

    Je prends la descente vers Morin de la Frontera, et elle va s’avérer plus longue que je ne pensais. J’ai réservé un hôtel à la sortie de la ville et j’ai bien fait cette ville n’a pas de sens. Des bidonvilles à l’entrée! C’est indigne.

    Demain direction Sevilla ou je devrait rester deux jours pour faire reposer mon genou. Et profiter de la ville.

    Un peu de Gravel pour changer de la route.