Vélibre

Vélo. Libre. Vélibre.

La Costa Brava, dia 2

Je me réveille assez tôt, 8:30, le soleil ne semble pas très haut encore, je regarde la météo, 3°! Rien ne presse. Je me lève finalement vers 9h et vais au petit déjeuner. Il y a quatre tables occupées, je prends mon temps rien ne sert de partir trop tôt dans le froid. Je n’ai même pas défais mes sacoches, j’avais un change dans le sac à dos, donc il ne me prends pas beaucoup de temps pour être prêt. Je pars vers 10:30, il fait 4° seulement.

Bizarrement, je ne ressens pas tellement le froid. Je prends la direction de l’Escala. Il y a des petites plantations toutes fraîches, tellement vertes en plein soleil. Ce n’est pas du tout à l’image de l’Espagne grillée par le soleil. Ni même des premiers kilomètres après Portbou.

L’Escala est un gros bourg en bord de mer. Rien d’extraordinaire, seulement le bord de mer époustouflant.

Il y a un vent assez fort, du nord, qui nous donne cette magnifique lumière, mais aussi cet air froid, qui m’a transi hier soir. Il soufflait déjà à Cerbère hier mais j’ai été préservé dans la journée, peut être protégé par la presqu’île du cap de Creus. Direction le sud, vers Pals et ma destination du jour, Palamos.

Mon premier vrai village catalan. Pals. Très désert en cette saison, seulement quelques touristes locaux. Mais Pals vaut le détour. Je vais vous l’avouer, j’ai été assez déçu des villages que j’ai vu jusqu’à présent. L’Escala était probablement le mieux, mais franchement pas super. Rosas était bien pour une station balnéaire, j’avais un peu peur de trouver une ville bétonnée, mais ce n’était pas trop le cas. Et pas non plus trop de touristes. Pour l’hiver. Mais Pals est un vrai village médiéval, très bien entretenu, constitué exclusivement de maisons en pierre. J’ai raté visiblement les fêtes de Noël, il reste des installations de temple romain, de diable. Et un marché de Noël catalan. Le village est bien sûr légèrement en hauteur et, du haut, on peut deviner la Méditerranée au loin. Je trouve un restaurant ouvert avec une terrasse abritée du vent. Cette fois ci je garde ma veste. Même au soleil, il fait froid. Je me rappelle mon après midi de la veille où j’ai eu froid assez vite.

Il ne faut pas que je parte trop tard. Je révise mon itinéraire et décide d’écourter. Au lieu de quasiment 40 km contournant le village de Begur, je décide d’aller en ligne droite jusqu’à la Callela de Palafrugell, puis de longer la côte. Seulement 22km et 100m de dénivelé en moins. Je ne regretterais pas, je traverse une pinède sauvage pendant une dizaine de kilomètres après la Callela, sur des chemins assez engagés, et avec quand même des pentes assez raides. Mais la vue sur la mer, au dessus de falaises est très très belle.

Entre la Callela et Palamos

C’est ma dernière sortie vélo de 2025. Un petit bilan? Les pouilles en début d’année, deux voyages au printemps, en Suisse avec Pascal, puis la traversée de la Belgique et des pays bas, et mon tour de la Bretagne cet été. Une belle année de vélo. Très variée, à tous les sens du terme. J’ai encore tellement de projets de voyage à vélo. Le plus difficile est de les prioriser. Et d’attendre la retraite pour faire les plus longs d’entre-eux. Vais-je réellement attendre?

J’arrive donc assez tôt à Palamos. Je n’attends rien de ce village, et je ne suis pas déçu. C’est la meilleure chose de ne rien attendre. C’est visiblement un port de pêche, mais qui a subit ensuite la loi de la pression touristique, et la partie plus au sud est formée d’immeubles qu’on aperçoit depuis le début de la baie et qui semblent assez haut. Heureusement j’ai réservé un hôtel dans la partie près du port. La plage est en travaux mais la baie est quand même très belle au soleil couchant. Car il est quand même 16:45 quand j’arrive à l’hôtel. L’accueil est charmant. Les hôtesse parlent le français, et je blague directement. Je rejoins ma chambre, me change rapidement et ressort prendre quelques photos. J’ai très froid à la tête, mais le reste est à l’abri.

Retour à l’hôtel, douche, télé (Arte 28 minutes, avec Françoise Combes, présidente de l’académie des sciences. J’adore Arte. Quelle chance avons nous d’avoir cette chaîne de télé). Puis je descends dîner. Oui, incroyable, j’ai réservé une table pour le dîner du nouvel an! Jamais fait ça. Je me demande ce que ça va donner, l’hôtel est fréquenté par pas mal de personnes plutôt âgées, plus que moi. C’est une expérience. Il y a un orchestre avec une chanteuse qui joue toutes sortes de musiques, mais quand même plutôt anciennes. J’ai remarqué que la musique jouée spécifiquement pour des personnes âgées de nos jours n’est pas du tout la musique de leur jeunesse, mais celle de la jeunesse de leurs parents, des années cinquante, voire avant. Bon, j’échappe à Yvette Horner, mais j’ai droit à du jazz et de la rumba des années cinquante quand même. Mais c’est bien interprété. J’ai même droit au fameux morceau de Tom Jones « It’s not unusual ». Ne le dites à personne, mais j’adore ce morceau. Je m’investis dans mon écriture et le dessert arrive alors que l’heure approche.

Alors, on nous distribue une pochette surprise! Je déballe les fanfreluches, chapeau, nez vert (!), sifflet, masque. Apparemment certains sont venus avec leur propres déguisement, chapeau à paillettes, lunettes 2026, colliers de fleurs. Est-ce ridicule? Complètement. Et alors!

Décompte au micro… 2026!

Je me fais brancher par un groupe de néerlandais, je ne sais s’ils sont belges ou hollandais. On échange sur la région dont ils sont visiblement familiers. Ils sont bien sûr étonnés de mon périple. Un des type me conseille une région frontalière des deux pays, dont le tourisme est dédié au vélo. Le Limbourg. Ils sont très sympa et ouverts, c’est un des avantages de voyager seul, on est plus ouvert sur les autres, et les autres aussi.

Je sors de l’hôtel pour voir l’ambiance, mais il n’y a pas grand monde. Le froid calme sûrement les ardeurs à humer le vent de la nouvelle année. Non, décidément l’ambiance est à l’intérieur de l’hôtel, où l’accueil, assez grand, s’est mué en piste de danse. Et c’est parti pour une fête revival des années 70-80 à Marbella. Fiesta disco. Tout y passe, kool and the gang, Gloria Gaynor, Chic, Boney M,… c’est parti pour tard dans la nuit. On voit bien quelques béquilles à droite à gauche, mais ça n’empêche pas de gigoter, ni même danser. Des sourires sur tous les visages. Sacrée soirée!


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