Vélibre

Vélo. Libre. Vélibre.

La Costa Brava, dia 4

Aujourd’hui je mets le clignotant à droite, je quitte le bord de mer et remonte vers Girona. Il fait encore beau, alors que la météo annonçait un temps couvert. Il n’y a plus de vent et c’est une bonne nouvelle. Je décide de prendre finalement un petit dej quelconque à 15€, car je crains un peu la fringale. En effet, en remontant vers le nord, je commence par une longue montée de 12km, et 230m de dénivelé. En préparant mes bagages, je retrouve l’huile de chaîne que je pensais avoir oubliée, ainsi que la crème solaire et le stick à lèvre. Très important le stick à lèvre! Graissage de chaîne donc, elle commençait à pas mal couiner hier. Puis départ.

Je longe la mer, il y a toujours très peu de monde. Puis je prend la route de Girona. Elle commence tranquillement, donc ça va, mais je m’inquiète quand même que mon GPS ne soit pas encore passé en mode « Climb pro ». C’est un mode qui détecte les grosses montées, et affiche, en cours d’ascension, l’inclinaison, un dessin de la pente, le dénivelé restant, la distante restante, et la position sur la pente. Je n’ai pas encore compris quand il se déclenche. Mais ça commence à monter pas mal, et finalement il se déclenche. Il me reste donc 3,75km d’ascension et 175m de dénivelé. Sauf que la pente n’est pas régulière, et c’est la seconde moitié qui en fourni l’essentiel. Donc là je suis tout à gauche (dans le language des cyclistes, ça veut dire petit plateau et grand pignon). J’aimerais en garder un peu, au cas où, mais ce n’est pas possible. L’inclinaison est de 6% puis 8%. Je ne peux compter que sur mes jambes maintenant. Et ça monte! Doucement, mais ça monte. J’ai les yeux rivés sur le bitume. Je fais seulement un petit arrêt, puis je constate que j’ai fait les deux tiers de la distance et du dénivelé, il ne me reste que 50m de dénivelé et 1km de montée. Ça me galvanise! J’ai des jambes de feu et j’atteins le sommet en m’esclaffant « Déjà! ». Je serpente sur la crête pendant quelques kilomètres, puis c’est une grande descente vers Llagostera. Je continue et je reprends des chemins de gravier très roulants, jusqu’à Cassà de la Selva. Arrêt bocadillo, sprite, café. Le temps s’est couvert maintenant et il fait froid. J’enfile ma veste de pluie, les gants, et je repars vers Girona. J’ai trois couches de vêtements maintenant et je les supporte. Les chemins de gravier m’amènent jusqu’à Girona, où je rentre tranquillement par des pistes cyclables, jusqu’à la vieille ville. J’adore des arrivées en ville comme ça.

Les rues du centre historique sont étroites et pavées, très encombrées de touristes. Je descend de mon vélo et découvre cette ville très jolie. C’était un de mes objectifs du voyage, avec la visite de la cathédrale. Mais il faut grimper un peu, et monter des escaliers. J’avise un marchande vélo, très beau magasin au passage, et je demande si je peux laisser mon vélo à l’intérieur le temps de visiter la cathédrale. Le type accepte immédiatement et même son empressement me surprend. Il s’empare de mon vélo et va le ranger dans un coin du magasin. Je pars donc à pied, léger, et rassuré de laisser mon vélo entre bonnes mains.

Je monte vers la cathédrale toute proche, par des escaliers. Je me fends d’un billet à 15€. J’espère que la visite vaut le coup. La cathédrale est particulière, la nef, immense et surtout très large, est vide, à l’exception d’un orgue en plein milieu. Les côtés sont habillés de niches avec les traditionnels statues de saints dorées. Il y a un cloître aussi, assez joli, avec un sol en pierre gravée. Mais surtout il y a le trésor. Quatre salles dont je retiens une salle dédiée aux vitraux. C’est l’occasion de voir des vitraux de très près, et d’observer la finesse du dessin. Mais le clou du trésor est la tapisserie de la création. Un grand carré de plus de 4 mètres de côté, datant du 11ème siècle, représentant le créateur et ses créations.

Je resort de la cathédrale et me perds un peu dans les ruelles. Je n’ai pas mon téléphone qui n’a plu de batterie, je n’arrive plus à le recharger. Je retrouve finalement mon marchand de vélo. J’en profite pour regarder un peu les articles, les vélos ont l’air top. Je reprend le mien et prend une photo de Tata, qui prend la pose. Malheureusement il ne connais ni français ni anglais donc ce n’est pas facile de dialoguer. Dommage.

Je sors de la ville, il est 16:45. Donc je vais arriver de nuit. J’ai réservé une chambre dans un gîte à la Pera, à une vingtaine de kilomètres de Girona. C’est tout plat, ça file sur la route, après une sortie de la ville sur des chemins bizarres, qui évitent les grosses routes, au prix de passage parfois très étroits longeant la rivière Ter. Je fais une bonne dizaine de kilomètres et vérifie sur mon gps. Je me suis trompé. Ou plutôt je n’avais pas entré les coordonnées du gîte sur mon parcours. Je suis allé trop au nord. La nuit commence à tomber et j’allume mes lumières. Encore cinq kilomètres de route et je prends maintenant des chemins. Il fait nuit noire, il y a des flaques partout, que j’évite en ne roulant pas trop vite. Je vais rouler sur des chemins pendant une bonne heure. Heureusement le chemin est assez roulant, malgré les flaques d’eau. C’est interminable. Je doute d’avoir entré la bonne destination. Je vérifie souvent et finalement je vois un panneau indiquant La Pera. J’arrive dans le village par une grande descente, mais le gîte est en dehors du village, et je dois remonter pour faire le tour et prendre un minuscule chemin. J’arrive enfin, ma lampe avant vient juste de passer en mode eco, il était temps! Il m’aura fallu finalement 29km.

Il y a très peu de monde dans le gîte, dont un couple d’argentins, et un néerlandais en voyage à vélo également. Il est parti de Nîmes et a longé la Méditerranée jusqu’ici. Il termine demain à Girona, et retourne lundi à Rotterdam. On discutera évidemment assez longtemps au dîner, de nos voyages, des pays traversés, il connaît très bien la France, qu’il affectionne. Le dîner sera pour moi une soupe de courge et une fondue! Incroyable de trouver une fondue ici. Enfin pas très ordinaire, accompagnée de pommes de terre, de saucisse de Francfort, d’oignons blancs et de cornichons. Un entre deux avec une raclette en quelque sorte. Mais très bonne.

C’est l’auberge espagnole!


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Commentaires

2 réponses à “La Costa Brava, dia 4”

  1. Avatar de laurent

    Je viens de lire avec un plaisir fou votre aventure du jour.
    Et bien si le temps me le permets je retournerais sur les jours précédents (c’est la magie de la lecture ces voyages dans le temps).
    A bientôt.
    Laurent (La vie claire)

    1. Avatar de François

      Je suis content que ça vous plaise. C’est un immense plaisir pour moi d’écrire ces récits de voyage. Je rentre demain, au plaisir d’échanger autour des voyages à vélo.

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