Lever avec séance de bilan et de plans pour la suite. On a regardé la météo, et il s’annonce cinq jours de pluie à partir de lundi. Un groupe de slovènes à la réception du camping nous le confirme. Ça change pas mal nos plans. Nous devions passer sur Cres ce soir (prononcer Tressr), puis descendre ensuite cette longue île vers le sud, jusqu’à Mali Losinj. A priori ce ne sera pas possible, ni même remonter ensuite à Ljubljana comme prévu. On se dit qu’on va profiter des deux jours de beau temps. On prend les horaires de ferry qui vont nous permettent de passer à Cres aujourd’hui, puis de revenir en Istrie ensuite.
On se dirige vers le village de Krk, qui se trouve à mi distance sur l’île, vers le sud. J’ai l’impression maintenant de reprendre mon odyssée en méditerranée, commencée avec Puglia l’année dernière. On longe les côtes des îles croates, on passe d’île en île. Il fait toujours très beau et la mer est toujours aussi bleue vert et transparente.

La route jusqu’au village est en montagnes russes. Ça n’arrête pas de monter et descendre, et c’est très raide. Alors que je pensais qu’on aurait une montée tranquille jusqu’au milieu de l’île, ce n’est en fait qu’une succession de montées et descentes quasiment jusqu’au village. Et la fin est une grande descente pour rejoindre le bord de mer. Et très raide. Il faudra se la faire au retour.
On arrive au village qui est assez animé mais pas trop. On s’achète à manger et on va manger nos sandwiches à l’intérieur du village, assez joli, et très calme. Petite visite, petit café en terrasse, puis on reprend la route vers le terminal de Valbiska.
On s’attends à reprendre la route aller, hyper raide, mais finalement il y a une petite route qui coupe un peu, en passant par Vrh. Pascal part devant comme d’habitude, et je suis derrière. C’est bien roulant au début, très sympa parce que peu fréquentée, en pleine campagne. Mais arrive alors un mur du genre 10% et cette fois ci je descends du vélo et commence à marcher. Peut être 500m, et je remonte sur le vélo. Pas longtemps, une seconde montée arrive du même genre, descente du vélo et marche encore. Je finis par rejoindre Vrh, et ensuite ce n’est que de la descente. Pascal est arrivé 15 minutes avant moi, a pris les billets, et j’arrive deux minutes avant le départ du ferry de 16:40. Le suivant est à 18:30. Ce n’est pas du tout les horaires que nous avaient donné le type du camping ce matin. On monte quasi en derniers, et c’est parti pour une mini croisière entre Krk et Cres, de 30 minutes. Pascal adore prendre le bateau aussi. Photos, soleil, vent, on est un peu loin de tout à ce moment là. Une parenthèse. On a fait une quarantaine de kilomètres aujourd’hui, mais plus de 500m de dénivelé.
À l’arrivée, à Merag, on a une petite quinzaine de km à faire pour rejoindre le camping. On laisse descendre les voitures et on part en dernier. La route est en cul de sac pour le terminal de ferry, si bien que quand les voitures du ferry sont parties, la route est complètement vide. La route est si raide qu’on marche dès le départ en poussant les vélos. Après quelques centaines de mètres la route s’aplatit un peu et on peut démarrer en vélo. Ça reste super raide, Pascal prends de l’avance comme d’habitude et on se retrouve seul sur cette route. Une nouvelle côte super raide à 12%, et à nouveau je marche pendant 500m. S’ensuit un grand plat, puis une descente, tranquille, et j’admire la côte et la mer en contrebas. La route remonte et je m’arrête prendre des photos, c’est super beau. Le soleil commence à décliner et je suis au milieu des pins qui forment de très belles ombres.
Malheureusement la route s’élève vraiment, à 10%, puis 8-9%, pendant 4 km, jusqu’à plus de 300m d’altitude. Evidemment je marche en poussant le vélo. Ça fait à peu près une heure de marche. C’est interminable. Je commence à gamberger un peu, en me demandant si je vais arriver avant la nuit, il n’y a personne qui passe sur cette route, et si il n’y a pas encore une montée ensuite, peut être mon gps se trompe, ou est ce que je pourrais monter la tente si jamais je n’y arrive pas, etc. Finalement j’arrive au somment et m’élance dans une longue descente de 3km, encore plus raide que la montée. J’arrive à un carrefour un peu au dessus de Cres, et Pascal m’attends là. Il me confit qu’il a souffert aussi. On descends jusqu’au village puis au camping légèrement à droite. Ce soir ce sera montage des tentes douches et dîner au camping comme d’habitude. Grosse étape avec plus de 1000m de dénivelé, près de 70km, qui va laisser des traces. Mais mon genou est passé, à grand renforts d’anti-inflammatoires et de crème à usage local. C’est déjà ça.
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