C’est peut être la dernière étape à vélo. En tous cas, c’est une longue étape, presque 100km. Donc je dois me lever et partir tôt. En fait je pars à 10h! Eh oui, le petit déjeuner sur la terrasse m’a pris un peu de temps. Il faut dire que le beau temps est revenu.
J’ai été un peu dur avec Gallipoli dans mon article précédent. Avec du soleil, ça a plus de charme. Mon itinéraire suit encore la côte. Je quitte la ville et rencontre pendant 20km une côte superbe et des villages sympas. Nous sommes dimanche et il y a beaucoup de gens dehors. En particulier le petit port de Santa Maria al Bagno est très sympa.
Mon itinéraire quitte la côte, j’hésite à le suivre car la côte est vraiment sympa. Mais la raison l’emporte et je monte pendant 2km pour passer la pointe de Santa Caterina. C’est autre chose, il y a de belles maisons dans une pinède, un bel endroit pour des vacances à l’écart de la foule. Mais je retourne à la mer finalement, vers la Torre dell’Inserraglio. Très belle vue de la côte.
Je reprends mon chemin qui de toute façons continue maintenant le long de la côte. Je l’arrête à Sant’Isidoro, car il y a marché, mais surtout il y a une plage de sable et j’ai quand même envie de goûter la température de l’eau. Et il s’avère qu’elle est en effet chaude pour l’hiver, a priori 17°! J’hésite à me baigner mais ce me mettrait probablement en retard, donc je remets ça à plus tard. Ai je dit que l’eau était transparente dans les Pouilles?
En revanche, la fin du parcours n’est pas très sympa. La côte est pas mal, mais c’est assez mal entretenu, les routes sont d’ailleurs assez défoncées. À part une réserve ornithologique où je peux voir des flamands roses, et certains en vol, il n’y a pas grand chose à voir sur la dernière partie.
Arrivée tardive à Tarento, l’entré dans la ville est flippante. Complexe, de grosses avenues, des échangeurs (!), ouah c’est pas facile. Dans la circulation le mieux est d’essayer d’aller à la même vitesse que les voitures, ce qui permet de changer de file, tourner facilement. Je trouve finalement la voie principale qui conduit à la petite ville historique. Je suis content d’arriver, en plus superbe logement donnant sur le port. 117km ce jour. Impressionnant !
Aujourd’hui c’était une vraie journée de repos. Pas de vélo, petit déjeuner sur la terrasse de mon immeuble avec vue sur la mer. Mais le temps aujourd’hui, pour la première fois, est très nuageux et donc je ne m’éternise pas sur la terrasse, je redescends dans mon logement dans mon appartement et je rédige différents articles dans mon blog car je suis hyper en retard dans la rédaction de mes compte rendu.
Ce blog fait vraiment partie de mes voyages à vélo, j’adore écrire, c’est une activité à laquelle je ne me livre jamais en dehors de mes voyages et ça me fait du bien d’écrire. De filmer aussi. Ces activités m’extirpent de mon quotidien et c’est bien en cela que ce sont des activités de vacances. En plus, il paraît que certaines personnes me lisent!
Mais ça me prend pas mal de temps, car je souhaite être exhaustif dans la description de mes expériences, même toutes petites mais intenses, qui sont le sel de mon voyage. Résultat, j’ai pris du retard, et je rédige avec deux à trois jours de retard. donc je passe la matinée à reprendre depuis Lecce. Même si j’ai pris quelques notes, c’est quand même un travail de mémoire. Un travail pas désagréable non plus, à repasser les photos et vidéos en revue, et en quelque sorte revivre une deuxième fois mon voyage.
À 14h, je sors quand même faire un tour, la nuit tombe ici quand même à 16:30-17:00! Et puis j’ai repéré une Burrateria, c’est la première que je vois. Je suis curieux. Je sors et me dirige vers la ville nouvelle. Gallipoli est une ville qui m’a intrigué. Le nom d’abord m’a amusé. La topographie ensuite. Une vieille ville construite sur un petit bout de terre, fortifiée, avec une autre petite île au large. Comme des points de suspension du continent. J’ai pensé à Ortigia…
En fait, Gallipoli n’a pas grand intérêt. La vieille ville est quelconque, les maisons n’ont pas vraiment de style. Surtout en cette saison, et ce temps maussade, la ville est déserte et ne donne pas grand chose à voir au promeneur. Mais quand même, règne une ambiance de petit port méditerranéen, pas désagréable une fois accepté la situation. On pourrait être ailleurs, au Portugal, en Espagne, en Grèce dans ce genre de port en déclin, aux ruelles étroites et aux maisons blanchâtres un peu vétustes, et aux toits terrasse. Vous voyez ?
Gallipoli le soir de mon arrivée.
Mais c’est en fait une chance pour moi, car ça me donne l’occasion d’une vraie pause dans mon voyage à écrire. Je vais souvent trop vite, à vouloir voir le maximum de choses, tout en couvrant un nombre non négligeable de kilomètres, et en profitant de chaque expérience, chaque point de vue, et en essayant de restituer tout ça en photos et récits. C’est épuisant! Donc aujourd’hui je profite de cette pause. Et ça va rester une des plus belles journées de ce voyage, j’en suis sûr.
Après un passage par la cathédrale (je lui accorde une chance, mais elle est fermée!), je sors de la vieille ville et me dirige vers « La Burrateria Gallipoli ». Ça ne s’invente pas.
J’y arrive et un groupe de quatre jeunes gens bruyants finissent leur déjeuner. Je consulte le menu sur mon portable, et avec le concours de la serveuse, je choisis un trio de burrata : à la truffe, aux noix et nature. Ainsi que deux petits Tigella Farcita (sandwich à la mortadelle de sanglier!). Je déguste le tout tranquillement arrosé d’un verre de Bianco – Verdeca IGP Salento.
Je me demande s’il ne faudrait pas créer un autre mot pour dire « déguster ». C’est à dire, manger très lentement par petites bouchées, en choisissant précisément quel portion prendre et dans quel ordre, hésiter, faire une pause, boire une gorgée de vin, reprendre, et ralentir de plus en plus en se demandant par quel portion on va finir.
Rassasié, je retourne dans la vieille ville, et je donne une dernière chance à la cathédrale/basilique. Ben mon colon! Je ne sais pas si elle est Baroque ou Rococo, mais on dirait que les artistes ont voulu occuper la plus petite partie de l’espace avec quelque chose, un tableau, de la marqueterie de marbre, un bas-relief, une colonnade. Même les plafonds sont peints. Il y a des tableaux au dessus des rampants des frontons des hôtels latéraux. À côté des fenêtres. La façade est plus à mon goût, et construite en pierre de Lecce, qui donne cette belle couleur blonde quand elle est éclairée.
Une visite sympa pour finir une journée d’oisiveté. Ça fait du bien de temps en temps.
C’est beau Gallipoli la nuit!
Quand même un avantage de Gallipoli et de ce coin, c’est que la pêche est une activité importante. Les restaurants servent beaucoup de poissons et fruits de mer. On vous amène les poissons pêchés du jour, on choisit avec l’aide du serveur, on choisit la cuisson. Je choisit ce soir une petite dorade, il me propose grillé et j’accepte volontiers. Le serveur m’amène le poisson cuit, et me le dépiaute en filets. Il n’y a qu’à ajouter un filet de jus de citron et quelques goûtes d’huile d’olive. Un régal.
J’attaque la remontée du talon, vers le nord, vers Gallipoli. Je commence ma journée par un vol de drone. En effet je veux voir si, a une altitude de 500m, on peut voir la forme de la botte italienne et son talon. Mais non a priori non. Il faudrait monter plus haut. Néanmoins, on a une très belle vue de plus haut comme toujours. Je reste impressionné par le point de vue d’un drone, qui donne une autre vision du monde que la nôtre, celle de nous pauvres humains attachés à la gravitation.
Ça va être d’ailleurs une journée consacrée au vol du drone. Il y a encore une cinquantaine de kilomètres jusqu’à Gallipoli, assez peu de dénivelé, je pars assez tôt, et donc je vais bien en profiter. Petite vitesse, aujourd’hui j’ai envie de prendre mon temps. Et ça va être une journée parfaite.
Je commence par longer la côte tout prêt de la mer. J’ai modifié mon itinéraire hier soir en voyant des photos chez mes hôtes. Il y a apparemment de belles plages de ce côté, comparé à la côte orientale du salento, beaucoup plus rocheuse. Maldive del Salento. Seychelles del Salento. À voir!
Il n’y a pas de secret, quand on prend son temps, c’est toujours bon. La côte est d’abord rocheuse puis laisse place de plus en plus à des plages de sables. Désertes. Et je m’étonne même du peu d’infrastructures établies en bord de mer.
Je reprends ma route, et rentre dans un parc régional. Le « Parco Naturale Regionale Litorale di Ugento ». C’est une zone humide, avec de la faune protégée, en particulier des oiseaux. C’est une belle traversée, uniquement sur des chemins au milieu des roseaux. En effet il y a beaucoup d’oiseaux, malheureusement très peureux. Je ne peux pas trop les approcher. Dommage.
Je m’arrête dans une petite station balnéaire, pour manger mon sandwich et prendre un doppio caffe et une pâtisserie. Un pasticciotto bien sûr. La version amarena cette fois, que je choisis parmi toutes celles proposées.
Une vitrine entière de Pasticciotti!
Je repars et prends une piste cyclable, intercalée entre la route et la mer, littéralement sur les rochers. C’est en fait une promenade cimentée, accessible aussi pour les piétons, très peu nombreux en cette saison. Elle serpente sur les rochers et elle va me conduire quasiment jusqu’à Gallipoli. Je me régale. Il y a un ciel qui s’est légèrement couvert maintenant. Et qui va me donner un très beau coucher de soleil encore.
Une autre piste cyclable, plus classique celle ci, va me permettre de rentrer dans la vieille ville. Gallipoli est en vue. Une belle étape, peut être la plus belle. La più bella !
C’est ma dernière journée de descente vers le sud. D’ailleurs je quitte la mer Adriatique pour la mer Ionienne. Les deux mers sont séparées précisément par le Canale d’Otranto, large de 72km, entre l’Italie et l’Albanie . Mon voyage commence à avoir un petit goût d’Odyssée d’Ulysse au retour de la guerre de Troie. À force de longer la côte, de crique en crique, je m’imagine un peu sur mon navire Καννονδαλε Τοπστονε Καρβον. Je vais retrouver ma Pénélope ! Je m’emballe. Mais quand même, une odyssée est un « récit de voyage plus ou moins mouvementé et rempli d’aventures singulières ». J’aime bien penser que mes voyages à vélo et leurs récits sur ce blog forment une Odyssée.1,2
Je retourne à Otranto pour reprendre mon itinéraire. Il fait bien meilleur aujourd’hui, presque chaud. Je traverse la vieille ville et tombe à la sortie sur le château fort. Je jette un œil par acquis de conscience à Wikipédia, où j’en apprends de belles sur Joseph Fouché, mais surtout que la cathédrale contient la plus longue mosaïque d’Europe. 54 mètres de long. Ni une ni deux, je m’y rends. J’avais bien vu, la veille, la très belle façade de la cathédrale, mais il est vrai que depuis Lecce, je tenais à faire une pause dans la visite de cathédrales et autres basiliques. J’eu tort, car en effet le sol de la nef centrale est couvert d’une mosaïque qui représente un arbre de vie, et diverses scènes antiques et historiques. Son auteur s’appelle Pantaleone. Un moine.
Façade de la cathédrale d’Otranto La mosaïque de PantaleoneFonts baptismaux
Malheureusement on ne peut pas accéder ni voir la mosaïque de près, les bancs de prière cachant la plus grande partie.
Je vais donc jeter un œil à la crypte byzantine, en très bon état, et je suis le seul! Je remonte dans la cathédrale, et je suis également le seul. Je me dirige vers la porte et m’aperçois qu’elle est fermée! Je suis enfermé dans la cathédrale! Je me rappelle qu’il avait été annoncé au haut parleur « la cattedrale è chiusa “, mais j’avais fait celui qui ne comprends pas l’italien. Ce qui est vrai d’ailleurs. Bon, petite angoisse (quel jour sommes nous, combien de temps est elle fermée, vu l’épaisseur de la porte, ce n’est même pas la peine de frapper, personne n’entendra et je vais me tuer les mains…). Et j’en passe. Alors je jette un œil à la serrure, ce n’est pas une serrure mais une fermeture complexe avec des bras métalliques qui contiennent des trous dans lesquels viennent se mettre des pions métalliques… et je l’ouvre! Incroyable. Je n’ose y croire. Je sorts et referme comme je peux, quelques passants me voient et ont l’air un peu étonné de me voir sortir. J’entends une voix dernière moi et je vois un homme à la porte. Je lui fait signe de m’excuser, je dis « excuse me ». Je suis un peu gêné. Je comprends qu’il y a une autre porte ailleurs, plus normale. J’apprendrai que la cathédrale ferme à midi, jusqu’à trois heures. J’ai failli y rester trois heures, seulement.
Avec tout ça j’ai pris un peu de retard, donc je prends la route qui me mène à Santa Maria di Leuca (prononcer Léouca, qui veut dire blanc en grec). J’ai une grosse cinquantaine de kilomètres mais avec un peu de dénivelé. D’autant que je compte voir l’ancienne carrière de bauxite… qui ne vaut pas le coup de faxer à sa mère non plus!
Ce sera une très belle route surplombant la mer, avec pas mal de petites criques encaissées. Il y a quelques villages. Mais rien d’exceptionnel à mon goût. Non, l’essentiel est bien cette côte découpée, avec quelque Torre ici et là. Je m’arrête régulièrement pour observer le paysage, me rapprocher du bord en traversant une lande. La mer brille, je pense à Dominique.
J’arrive enfin à Leuca, il fait presque nuit, et j’ai droit à un coucher de soleil splendide sur le phare, dans une ultime descente.
Le phare de finibus terrae.
Je m’installe dans mon logement, une grande maison qui surplombe la ville, et la pointe, et le phare. Une famille habite là et loue des chambres dans cette maison bien trop grande pour eux. Le père m’indique un restaurant tout près.
Dîner pour goûter une des spécialités locales : Purea di fave e cicoria. Purée de fèves et feuilles de chicorée. Et croûtons. Pas mal. Les croûtons sont les bien venus pour ajouter un peu de mâche. C’est la première fois que j’en vois. Ça me rappelle qu’il faut que je goûte à nouveau l’autre spécialité des pouilles (en hiver) : Orecchiette con le cime di rapa. Orecchiette aux fanes de navet. L’autre fois, le plat était trop salé, donc disons que ça ne compte pas.
Une très belle journée.
Je vous conseille la page Wikipedia Antonomase. On y apprend plein de chose, par exemple l’origine des mots mécène, ou poubelle, ou béchamel. ↩︎
Lecce est une très belle ville. D’entrée on est impressionné par la richesse de l’architecture. On la nomme aussi la Florence du sud? Bah, c’est en effet la première impression que ça m’a fait. Architecture impressionnante, Duomo de grande importance, des palazzi partout, une ambiance incroyable, le plaisir de s’y perdre. Le centre ville est très sympa. Les églises sont toutes incroyables aussi. Ensuite, le style est Baroque, et personnellement, je préfère le coté Renaissance de Florence, plus sobre, plus « simple ». Et puis il n’y a pas les musées, le jardin de Boboli, bref, Florence reste loin devant. Mais la ville de Lecce est en bien meilleur état, plus propre, il y a beaucoup moins de monde, donc j’ai plus profité paradoxalement. Il faudra que je retourne à Florence. Mais c’est vrai que mes deux tentatives n’étaient pas un succès.
Je quitte donc Lecce content de cette découverte. La sortie de la ville se fait sans problème. J’ai pris un petit déjeuner avec mon ticket de nouveau. Pasticciotto bien sûr, mais aussi un chausson qui s’avérera être salé, comme une quiche mais avec un chausson en pâte feuilletée. Très bon et un peu gras. Je suis bien lesté pour prendre la route.
Les pâtisseries au café à Lecce
Peu après la sortie de Lecce, mon itinéraire me fait prendre à gauche alors que que je vois un panneau indiquant un parcours cycliste « Lecce a mare ». En fait je n’avais pas mis à jour mon GPS, mais j’avais bel et bien prévu de prendre cet itinéraire. Je mets à jour tout ça et c’est parti. Et heureusement. Il s’avère que cet route doit être l’ancienne route qui même de Lecce à Otranto. Et du coup elle est très peu fréquentée. Comme il y’a très peu de cycliste, je fais le trajet quasiment seul, à travers la campagne. Très belle route, avec des petits passages en chemin.
J’arrive assez vite vers Otrante, mais j’avais prévu de passer par Torre di Sant’Andrea. Je quitte donc ma petite route pour rejoindre la route côtière. Cette route, beaucoup plus importante, longe la côte, et un maquis la sépare de la mer. N’en pouvant plus d’attendre, je rentre dans un complexe hôtelier déserté en cette saison. Ambiance étrange comme toujours, dans ces complexes estivales déserté de tout touriste. Je traverse et rentre dans une autre couche de maquis, avant d’arriver à la côte. Et la grosse surprise, un magnifique paysage de falaises jaunes, avec des blocs détachés de la côte, les faraglioni. C’est désert, à part quelque randonneurs, et c’est à couper le souffle.
Faraglioni de Sant’Andrea
Et encore j’ai raté les plus beaux, que je n’avais pas placés sur mon itinéraire (et pourquoi donc?).
Je reprends ma route, et m’arrête de nouveau à la Baia Dei Turchi. Il y a une plage du même nom en Sicile. Donc petit détour pour voir ça. C’est la plus belle partie de la côte que j’ai vu, et surtout Sant’Andrea.
Arrivée à Otranto, je vais me faire une Puccia, un sandwich local avec un pain plat et croûté des deux côtés. Il ne fait pas chaud, grande humidité bien sûr. Je m’installe à l’intérieur d’un petit bar donnant sur la mer. Encore une dizaine de kilomètres pour rejoindre mon étape à Giurdiniano, ou encore une fois une crèche à été installée. Je vais finir par faire un article spécifique à propos des crèches de Noël dans le Sorento! Mais c’était une belle journée nature qui m’a changé de Lecce!
Je suis bien installé, juste en bordure du centre ville historique. C’est un appartement de trois chambres, et la logeuse est charmante. Juste il y a un peu d’humidité, mais comme ailleurs ici. D’ailleurs j’ai eu l’indice dans Ostuni hier, j’ai croisé un couple qui sortait de chez eux et la femme a dit « Que umidità!” C’était clair et j’ai compris pourquoi il faisait si froid quand le jour tombait. Et pourquoi les rues étaient trempées le matin. La “umidità”. La raison de cette humidité?
Je vais prendre mon petit déjeuner, j’ai un ticket de 5€ que m’a donné ma logeuse dans une Caffetteria non loin de l’appartement. Une bonne formule en fait. Une pâtisserie toute simple comme d’habitude mais pleine de monde. Les italiens du quartier viennent ici visiblement, c’est ultra sympa, j’adore. Il y a deux vitrines pleines de pâtisseries. Je choisis un pasticciotto et une petite brioche à la confiture d’orange. Et un capuccino. Je m’installe à une table bec d’autres personnes. La brioche est super bonne, légère et moelleuse, et la confiture ne gêne pas (je ne suis pas fan du fourrage des pâtisseries en général). J’attaque le Pasticciotto. Et là, la claque. La pâte brisée est ultra croustillante, un peu sableuse, la crème légère aussi. Une tuerie. La patronne m’avait servie avec un petit sourire quand j’avais montré le gâteau que je voulais. « Pasticciotto » avait elle dit, en opinant de la tête, avec un petit sourire. Je peux attaquer ma journée de visite l’estomac plein.
Ma première visite va pour la Cathédrale. La place est impressionnante. L’entrée de cette place est assez étroite et débouche sur une immense place. Bien joué l’architecte! Ça donne plus de valeur à la place et crée un effet waouh. Car cette place est incroyable. À l’intérieur, c’est baroque à fond. Personnellement je ne suis pas fan, mais ça reste impressionnant. En plus elle aurait besoin d’un petit peu d’entretien à mon avis, tout est un peu jaunâtre.
Je ressort et vais voir le musée diocésain, mais il n’y a pas de quoi faxer à sa mère. Sauf si vous aimer les tenues ecclésiastiques
Tenues de travail au musée diocésain
La seconde est la basilique Saint Jean Baptiste. Beaucoup plus sobre, c’est surtout la forme qui est originale, car il y a deux nefs d’égale longueur qui se croisent. Plus léger en décors, c’est plus à mon goût.
Intérieur 180° de la basilique Saint Jean Baptiste.
Je m’accorde une petite pause après tous ces décors incroyables (ça date du 16eme siècle !), et je vais à un petit marché couvert que j’avais repéré hier soir. C’est le moment de m’acheter la baratta pugliese! En fait il y a plusieurs sortes. Des mozzarella bien sûr, mais d’autres variétés aussi. Je jète mon dévolu sur une petite mozzarella et une petite scamorza affumicata. J’achète aussi quelques tomates au maraîcher voisin.
La troisième est Santa Croce (la sainte croix, celle du christ). Peut être ma préférée? Façade incroyable, j’étais passé devant en arrivant hier. À l’intérieur, c’est plus sobre que la cathédrale, et c’est tant mieux à mon goût.
Basilique Santa Croce
Je suis à côté du Giardini Pubblici Giuseppe Garibaldi, je vais aller prendre mon déjeuner et goûter les mozza.
Les tomates sont bonnes, surtout pour la saison, mais la mozza est excellente. Et la petite scamorza est succulente aussi. Ça change des mozza en plastique.
Giardini Pubblici Giuseppe Garibaldi
Je continue mon tour des églises de Lecce, et puis vais faire une pause à mon appartement.
Grosse sieste puis je resorts pour la soirée. Concert de rap italien, pas trop mon truc, puis c’est les petards pour le changement d’année, dans un grand brouillard!
C’est un peu une étape de transition. Rien de particulier à voir, mais une étape plus longue que les autres, plus de 70km. Donc départ 8:30. Mais petit déjeuner dans le vieux centre d’Ostuni. Ambiance très différente de la veille, très très calme, seulement quelques ouvriers en bâtiment et d’autres en train de refaire une rue. Je m’arrête dans un café comme il y en a beaucoup en Italie, qui vend aussi des pâtisseries. J’adore ce genre de café. Ça s’appelle une caffetteria. On avait ça en France quand j’étais plus jeune.
C’est mon premier petit déjeuner ici. Je prend de petits chaussons en pâte feuilletée et avec de la crème, des Sfogliatelle. Une tuerie. Et un capuccino bien sûr.
Petit tour dans Ostuni décidément très différent de la veille. Y a même un bar qui passe de la musique religieuse.
OstuniOstuni, le jour, est d’une grande piété, dirait on…
Départ pour Lecce. Ça roule hyper vite! C’est un faux plat descendant d’abord puis une longue ligne droite jusqu’à Mesagne. Je roule à quasi 30km/h même sur le plat. J’arrive à Mesagne très vite, il fait de plus en plus beau temps, je suis en avance, donc je me pose sur une place prendre un café bien sûr. Mesagne est une ville quelconque, mais il y a quand même un centre ville historique. Comme finalement n’importe quel village d’Italie.
Mesagne, centre ville historique
Rien à signaler jusqu’à Lecce, arrivée pas trop tard, après une longue traversée de zone de transit au nord, comme souvent, les entrées et sorties de ville ne sont pas géniales à vélo. Sevilla en Andalousie fut une exception.
Entrée remarquable dans Lecce, Porta Napoli, cette ville s’annonce comme du lourd. Faut dire que cette ville a une grosse réputation. En plus mini concert en arrivant, ça présage du bon. Aurais bien fait de m’arrêter deux nuits?
J’aurais même le temps de faire un tour rapide du centre ville, et de découvrir la Piazza del Duomo…
Ma logeuse me réveille avec un message très gentil : « vous avez bien choisi de venir chez moi, mais maintenant il faut libérer la chambre avant 10h, et laisser 2€ de taxe de séjour. Bon voyage ». Sympa non?
Je vais récupérer mon vélo au parking, je rentre faire mon paquetage, je laisse les 2€ de taxe de séjour. Je vais faire un tour de Monopoli de jour, et je découvre, de jour, évidemment une autre vision de Monopoli. C’est aussi un port, maritime mais aussi populaire, avec des remparts surplombant la mer. Le lieu idéal pour une promenade romantique matinale pour quelques couples. Des ruelles et des places que je n’avais pas vu. Vraiment Monopoli marque des points, même si je n’ai pas pu acheter la rue de la paix, trop chère. Troppo dispensioso.
Et c’est parti pour la montée vers Alberobello. Une petite route monte à flan de colline, c’est LA montée du voyage. Enfin une petite route! Mais très vite je déchante. C’est le terrain de jeu d’un nombre incalculable de motos. Non seulement c’est une compétition de vitesse, mais aussi de bruit. Quelques voitures aussi. Bon sinon il fait beau et j’ai un beau panorama sur le bord de mer. Je monte tranquillement les 400m de dénivelé sur 12km. Je m’attendais à un peu plus difficile. Je m’arrête sécher un peu au sommet, j’ai changé de configuration vestimentaire, et maintenant j’ai trop chaud!
En fait je n’étais pas arrivé au sommet, il me restait 10km à parcourir jusqu’à Alberobello (le bel Albero?). Ce village est le haut lieu des trulli. Ce sont des maisons rondes avec un toit conique en pierres. Et il y en a plein à Alberobello, mais aussi quelques-unes tout autour, dans la vallée d’Itria. En fait, elles sont si renommées qu’on en construit maintenant des neuves.
Bon évidemment, le village est bondé de touristes. Italiens, mais nombreux. Donc… visite rapide, je prends quand même le temps de m’enfiler un panino à la bombette dans une échoppe où il y a foule. C’est une sorte de viande de bœuf roulée, cuit sur le grill. Avec légumes aux choix, je prends zucchine, melanzane et tomates séchées. Ça paraît cool comme ça mais c’est quand même de la street food. Et j’attends pas mal de temps à cause du monde. J’avale le panino en découvrant une immense zone de trulli, depuis un placette en hauteur. Je visite la zone, mais décidément, ce monde me repousse.
Des Trulli, des trulli, et encore des trulli.
Je retourne à mon vélo. Il est 14:30, je suis quand même resté pas mal de temps. Il me reste un trentaine de kilomètres, en descente. Je pense que je vais arriver de nuit et faire des impasses en chemin. J’emprunte la route de la vallée d’Itria. Décidément, les routes en Italie ne sont pas plates. Même si ça descend globalement, ça reste un peu des montagnes russes. Je me change de nouveau, car il fait de plus en plus froid. Maillot de corps d’hiver, bonnet et gants. La tenue idéale? Je pars et arrive assez vite à Locorotondo. Un petit village avec un vieux centre ville perché. Je traverse à pied en poussant mon vélo. De toutes façons je n’aurais pas pu faire autrement vu le monde. C’est la sortie dominicale on dirait. Pas vilain par ailleurs. Donc je ne traîne pas et continue en direction de Cisternino. Le deuxième village référencé de la Vallee d’Itria. Là je fais l’impasse, car je me dit que ça va être encore la même chose et je voudrais pas arriver trop tard à Ostuni.
Le soir tombe de plus en plus mais la lumière est incroyable. Une lumière mordorée, qui accentue les couleurs de la végétation plus automnale qu’hivernale. À moins que ce soit l’inverse? En tout cas c’est un grand bonheur de filer sur une petite route dans cette lumière. Je ne sais pas si on verra ça dans le film. Le soir tombe très tôt ici, mais met énormément de temps à le faire. Donc j’arrive quasiment dans les derniers rayons du soleil couchant, dans mon dos, dans les faubourgs d’Ostuni.
Ostuni, la ville blanche. Surprise, il y a une animation incroyable dans cette ville. Il fait pourtant assez froid, les habitants ont bonnet et doudoune, mais il y a de la musique partout et des DJ animent la soirée dehors devant les bars et restaurants.
Petit tour dans le vieux centre, mais évidemment, on a du mal à avancer vu le monde. Je n’en reviens pas. Retour sur la place centrale, restaurant où je mange mon premier pasticciotto, une pâtisserie locale, plutôt de la région de Lecce. Un gâteau en forme de petite barquette, en pâte brisée et remplie de crème pâtissière (version légère). Là il était servi avec une compotée de cerises. Je n’en laissais pas une miette. Ce ne serait pas le dernier.
Premier jour de vélo! Je prends le lungomare comme hier. J’ai l’impression qu’il y a moins de traffic aujourd’hui. Samedi? Finalement les voitures se dispersent assez vite et je me trouve à rouler sur une piste cyclable plus ou moins tout le temps, mais en bordure d’une autoroute une grande partie du temps. Je passe quelques petits villages, Torre a mare, Mola di bari, rien de bien extraordinaire. Le temps, d’abord couvert, se dégage et la mer change de couleur, d’un bleu profond à un vert émeraude. J’en profite pour compléter mes essais d’enregistrements vidéo, avec les micros en particulier. À voir si c’est convainquant, hier soir ce n’était pas flagrant en termes de qualité. Mais le vent était particulièrement fort.
Les figuiers, les figuiers de barbarie, les lauriers roses, les bougainvilliers longent la route. Il y a même des fleurs de temps en temps. Les trulli font leur apparition, de récentes comme de plus anciennes. Il y en aura beaucoup plus demain à Alberobello.
J’arrive à Polignano al mare, un spot connu des Pouilles. En effet il y a pas mal de monde, même en cette saison, je n’ose imaginer au printemps ou en été. Je fais un tour dans les ruelles, mon vélo à la main, ce n’est pas une super idée, mais c’est l’inspiration du moment. En fait je finis mon tour assez vite, un peu dérangé par le monde. J’hésite à m’arrêter déjeuner, mais finalement il ne me reste que 8,5km avant Monopoli, ma première étape, et je craque pour une petite terrasse ensoleillée et prend un petit plat de pâtes, orecchiette al ragù de cinghiale.
Polignano a mare
Je repars, ça va assez vite pour arriver à Monopoli, mais il commence à faire assez froid et le soir tombe. Je trouve assez vite mon logement, malheureusement le propriétaire ne m’autorise pas à ranger mon vélo dans la maison et m’indique un parking. C’est la première fois que ça m’arrive. C’est vrai que le logement est très propre, très bien décoré, et l’accès très exiguë. J’insiste un peu mais il le prends visiblement très mal, donc je me change et me rend au parking. Il n’est pas très loin, et après un petit dialogue avec le propriétaire, je range mon vélo et pars faire un tour dans le village.
Et bien Monopoli me plaît beaucoup plus. Certes c’est un village italien plus classique, mais il y a moins de monde qu’à Polignano, et bien qu’il fasse nuit, je peux me promener tranquillement. Je visite en particulier la cathédrale en face de mon de mon logement. Elle est impressionnante car les murs sont recouverts de marqueterie de marbre.
Cathédrale de Monopoli
Je vais boire un spritz au Caffe Napoli, où je monte mon film sur la soirée à Bari. L’heure est venue d’aller régler le parking, je me rend à la pizzeria du propriétaire qui m’a dit de passer régler les cinq euros pour le parking.
Quel bilan de ce premier jour?
Le matériel vélo est bien rôdé, rien à dire.
Le matériel vidéo fonctionne bien, la poignée de la caméra en particulier me paraît bien foutue. A voir pour les micros.
L’habillement n’est pas au top. J’ai froid. Le soleil n’est pas assez chaud pour contrer le vent froid du nord.
Les routes, surprise, sont assez agréables, en bon état, et il y a des pistes cyclables.
Et Puglia alors? Mitigé. C’est pour l’instant en général assez miséreux, la sortie de Bari en particulier. En revanche les villages sont très bien, surtout Monopoli. À confirmer dans les jours qui viennent. Mais c’est bien d’être là, j’ai de la chance de pouvoir profiter du beau temps, du vélo, et de cette totale liberté !
Évidemment ma première action est d’aller dans la magasin de vélo à proximité. Une petite douche et je descends. Le magasin est à deux rues de mon logement donc ça me prends deux minutes. Le magasin est ouvert. Ouf! Il me faut un maillon attache rapide pour une chaîne shimano 11 vitesses. Je rentre et tente de m’expliquer en italien « un Quick link shimano undici… ». Le type reste peu expressif, il ne comprend probablement pas mon angoisse. Mais il comprend ce que je cherche et c’est l’essentiel. Il me dit d’attendre. Il s’apprête à descendre à la cave, et me tournant le dos il m’adresse une phrase que je ne comprend qu’à travers le nombre :
– … undici …?
– si, undici, je confirme avec aplomb.
Le type descend à la cave, et je l’entend me demander au bout d’un moment:
– uno?
– due!
J’assure le coup au cas où. De toutes façons il faut bien que j’ai un maillon de rechange.
Le type remonte de la cave avec mon butin. Il me propose de contrôler, ce que j’accepte. J’avais amené ma chaîne. Ça va parfaitement. Il me fait payer les deux maillons 10€, ce qui est hors de prix, mais je ne vais pas commencer à discuter alors qu’il vient de me sauver mon voyage. Me voilà équipé pour monter ma chaîne. Je me dis je vais aller faire un tour dans la vieille ville, et que je retournerai finir le montage et faire un tour de vérification avant 16h, heure à laquelle j’ai rendez vous avec le loueur pour ranger la valise à vélo.
Je refais un tour de la vieille ville, mais de jour cette fois-ci. San Nicola en particulier.
La basiliqueSan NicolaL’eau parfumée qui s’écoule des reliques de San Nicolas, selon la légende…Le tombeau de San Nicola, avec les reliques ramenées de Turquie au 11ème siècle. Architecture originale de la basilique San Nicola
Je commence à me détendre, à penser à autre chose, à moi, à ce qui me plait, ce qu’il me plait de faire. Et je me rappelle, au milieu de ces familles italiennes attablées, que je voulais, dès le début dans mes voyages, m’arrêter boire des coups sur les places de village, humer l’ambiance locale, à l’ombre des platanes sur des places plombées de chaleur. Et c’est un objectif plus qu’atteint! J’adore ces moments à observer. Parfois je ne comprends rien aux conversations, comme aujourd’hui, mais ce n’est pas important. Ce qui compte c’est l’ambiance, l’expérience. Les expressions sur les visages, les corps. Et les mots sont sûrement les même partout. C’est parfois mieux de ne pas comprendre.
En terrasse de café à Bari.
Ces moments sont très souvent trop courts. Même si aujourd’hui je le fais durer. D’abord avec un petit déjeuner avec une pâtisserie à la crème et au chocolat, très chaude avec de la crème chantilly très froide. Molto buono. Puis j’enchaîne avec un panino et une bière Peroni pression molto buono aussi. Il est midi, je vais retourner finir mon paquetage.
Montage de la chaîne, puis tri des affaires, en particulier les vêtements que je ne prends pas. En particulier le maillot d’été manches courtes, le short et le maillot de bain, que je laisse là. Je garde le cuissard court, ça me fait une solution de rechange si jamais j’avais un problème avec mon cuissard long.
Le logeur arrive et on range la valise dans une armoire. On s’y prend à plusieurs fois, heureusement il doit y avoir 5 mètres sous plafond, on la range verticalement sur l’étagère du haut. Personne ne viendra la prendre là!
Je pars faire un tour de vélo sur le lungomare, la promenade de bord de mer de Bari. Il y a du vent, pas mal, il y a beaucoup de traffic aussi, c’est une quatre voies, passant à deux de temps en temps. Ça promet! Mais tout a l’air bien en place concernant le vélo, c’est l’essentiel.